99 - LE CENERI DEL PADRE : 11. Mio fratello è figlio unico.

Posté par le 7 novembre 2012 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 28 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 11. Mio fratello è figlio unico.

Enfant, je pouvais me montrer quelquefois prépondérant et vindicatif dans mes jeux avec mes frères. J’étais l’aîné : c’est une place qui se défend chèrement. Mais je n’étais pas compétiteur. Je ne l’ai jamais été. J’ai conçu d’emblée ce que la compétition avait de mesquin et d’irresponsable. Que ça n’avait pas de sens de courir sans prendre le temps de considérer vraiment les choses et qu’on ne considère vraiment les choses qu’en se plaçant à la même hauteur que les autres. Tout môme, j’appréhendais d’instinct que c’était affaire de priorités, de valeurs. Et je sais que ce mépris juvénile de toute compétition, de toute performance individuelle, a fait de ma vie ce qu’elle est maintenant.

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84 - LE CENERI DEL PADRE : 10. Mambo sur le rivage.

Posté par le 24 novembre 2011 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 29 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 10. Mambo sur le rivage.

Alors, il faut pouvoir redescendre à présent, prendre sur soi et se satisfaire de la chose accomplie. Il faut pouvoir affronter les choses à hauteur d’homme : les bonnes et les mauvaises, savoir que la vie ne mise rien pour toi et rien contre toi. C’est juste de la vie. C’est comme ça. Ça prend du moche quand ça lui chante, du bon quand ça lui vient. Ça n’explique pas, ça ne raisonne pas. Et quand ça s’arrête, on n’est pas plus avancé : on se bouloterait tout l’entendement à chercher du sens.

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81 - LE CENERI DEL PADRE : 9. … Et que la joie demeure.

Posté par le 7 novembre 2011 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 46 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 9. … Et que la joie demeure.

Il faudrait pouvoir ne jamais oublier la douleur. La conserver comme une chose précieuse, intime, l’alimenter méthodiquement, la questionner, la brusquer quelquefois autant qu’elle nous brusque. Il faudrait pouvoir lutter pied à pied avec la douleur et que pourtant la joie demeure.

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78 - LE CENERI DEL PADRE : 8. Traîne pas du côté de la via Garibaldi !

Posté par le 6 octobre 2011 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 24 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 8. Traîne pas du côté de la via Garibaldi !

Aujourd’hui – tranquillement, sans plus chercher ni la provocation, ni le conflit – j’ai admis depuis longtemps que rien de ce que l’on peut penser, dire ou accomplir à l’âge adulte n’aura jamais plus d’épaisseur ou de sincérité qu’une rébellion adolescente. J’ai admis qu’une raison de s’exalter ou de se rebeller à l’adolescence devrait demeurer une raison de s’exalter ou de se rebeller à l’âge adulte.

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76 - LE CENERI DEL PADRE : 7. Nous ne leur pardonnerons rien, car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Posté par le 1 septembre 2011 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 36 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 7. Nous ne leur pardonnerons rien, car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Je ne sais ce qui m’a pris de penser à ces choses-là. Aussitôt, j’étais en rage, humilié, comme la toute première fois. Je venais de dépasser les horloges de la Piazza Gramsci et ça m’a pris en traître. Ça te prend toujours en traître, comme une rage de dents, un coup de poing dans l’estomac. Ça te plie en deux, ça t’allonge aussi sec. Un moment plus tôt, je ruminais déjà des trucs dans ma tête, mais je pouvais gérer. Puis, ça m’est venu, comme lors de mes huit ou neuf ans. A cet âge-là, tu ne te sens pas encore tout à fait obligé d’assimiler.

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