76 - LE CENERI DEL PADRE : 7. Nous ne leur pardonnerons rien, car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Posté par le 1 septembre 2011 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 36 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 7. Nous ne leur pardonnerons rien, car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Je ne sais ce qui m’a pris de penser à ces choses-là. Aussitôt, j’étais en rage, humilié, comme la toute première fois. Je venais de dépasser les horloges de la Piazza Gramsci et ça m’a pris en traître. Ça te prend toujours en traître, comme une rage de dents, un coup de poing dans l’estomac. Ça te plie en deux, ça t’allonge aussi sec. Un moment plus tôt, je ruminais déjà des trucs dans ma tête, mais je pouvais gérer. Puis, ça m’est venu, comme lors de mes huit ou neuf ans. A cet âge-là, tu ne te sens pas encore tout à fait obligé d’assimiler.

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75 - LE CENERI DEL PADRE : 6. Comme serpents en amour.

Posté par le 22 août 2011 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 25 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 6. Comme serpents en amour.

Je suis demeuré aux Canali un long moment encore, laissant filer les heures chaudes. Comme Peau de Chagrin, le coin d’ombre et de fraîcheur où je m’étais blotti n’avait d’abord cessé de se réduire. Ensuite, il se grignotait de nouveau un périmètre, reprenait un peu d’ampleur, mais je n’étais toujours pas résolu à bouger. J’avais peut-être encore des choses à creuser par ici, des histoires à me raconter.

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74 - LE CENERI DEL PADRE : 5. L’envol.

Posté par le 12 août 2011 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 47 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 5. L’envol.

C’est en me plantant à l’ombre d’un pin de la Piazza Bovio, que je me suis remis à écrire. Cela faisait un bout de temps que je ne parvenais plus à écrire et je n’avais aucune raison de penser que ça me reviendrait maintenant, au moment de ramener les cendres de mon père en Toscane.

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73 - LE CENERI DEL PADRE : 4. Tu sais, c’est bête un poulpe.

Posté par le 4 août 2011 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 29 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 4. Tu sais, c’est bête un poulpe.

A Piombino, il y avait autrefois des métallos et des pêcheurs. Certains, comme Onorigo, le cousin de mon père, étaient à la fois métallos et pêcheurs. Mais la plupart des métallos avaient grandi dans les collines ou l’arrière-pays. Ils avaient été forestiers, paysans, avant que la grande dèche de l’après-guerre ne les poussent à quitter leurs villages pour les aciéries.

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72 - LE CENERI DEL PADRE : 3. « Da qua se ne vanno tutti ! »

Posté par le 1 août 2011 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 38 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 3. « Da qua se ne vanno tutti ! »

J’aime à me rappeler parfois que mon père, Francesco Carbocci, est venu au monde dans une cuisine. Je suppose que tous les enfants d’ouvriers agricoles étaient conçus et naissaient entre le foin et la charrue en ces temps-là. Mais, excepté mon père, je n’ai jamais entendu parler de quiconque ayant eu l’impertinence de pointer le nez directement entre les fettuccini et la polenta.

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71 - LE CENERI DEL PADRE : 2. L’embouteillage ou Mais tu ne connais pas Caparezza ?

Posté par le 27 juillet 2011 dans Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 30 Réactions

LE CENERI DEL PADRE : 2. L’embouteillage ou Mais tu ne connais pas Caparezza ?

Après, nous voilà déjà sur le trajet de retour et j’ai le sentiment de n’avoir rien maîtrisé. Encore une fois, je n’ai rien appris, rien assimilé, rien creusé. J’ai laissé les cendres de mon père, là haut sur la colline de Populonia. Je les ai regardées se dissiper dans le vent et le maquis de Toscane.

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