116 - … et nous procéderons intensément à l’identification du soldat inconnu.

Posté par le 19 novembre 2013 dans Bruxelles, Métros et gares | 41 Réactions

… et nous procéderons intensément à l’identification du soldat inconnu.

Et quand j‘attends, tout est bouillonnement de non-dit, de non-pensé encore. Et quand je te regarde, tout se fait attente : j’ai des envies, des désirs plus vieux que Çatal Höyük. Je te vois flou dans mon attente. Toi, indistinct de motivation et de sexe, je te vois cadré comme une image, fagoté comme un tube de Glam Rock. Je sais alors – et je suis capable d’assumer sans état d’âme – la totale impénétrabilité de l’autre. Mais bien sûr, ce ne sont pas les effets combinés du Prozac et de l’Haldol, ni le souci d’agiter quelquefois encore les louanges périmées...

Lire la suite →

115 - Look back in anger (autoportrait ravagé).

Posté par le 7 novembre 2013 dans Bruxelles | 42 Réactions

Look back in anger (autoportrait ravagé).

Dans le rêve que j’ai fait cette nuit, nous étions tous les quatre, jeunes adultes désabusés et railleurs, à remuer les éternelles platitudes autour d’un verre. « Vous me connaissez… », lançait Mollo. Nous avons relevé la tête : ça ne lui ressemblait pas du tout de commencer une phrase par ce cliché. « Vous me connaissez… », disait-il, et nous attendions la suite, convoitant de la révélation, de l’édifiant. Mais la phrase s’arrêtait là et nous repiquions aussitôt le nez dans nos verres. Après, c’était des gestes et des rires, c’était de...

Lire la suite →

113 - Sweet Jane.

Posté par le 28 octobre 2013 dans Bruxelles | 37 Réactions

Sweet Jane.

Et je trainais toujours Place du Jeu de Balle, traquant de la moue, du geste, de la gueule. Ce n’est pas son visage ou sa moue, mais le geste de sa main sur le chapeau qui a attiré mon objectif. Je suis allé la chercher au 300 mm. Au développement cependant, ça ne me parlait plus. Qui sait comment et pourquoi j’ai songé à un hommage à Lou Reed par la suite ? Lou Reed est mort. Cela s’imposait de lui ficeler un hommage. Un hommage tout modeste et tout petit. Pas comme lui, non. Un hommage comme toi et moi. Lou Reed est mort et c’est encore un bout de mon imaginaire qui fout le...

Lire la suite →

112 - Retour aux Marolles.

Posté par le 24 octobre 2013 dans Bruxelles | 33 Réactions

Retour aux Marolles.

Enfant, je m’entendais répéter tout le temps de ne pas traîner dans le quartier des Marolles. Je m’entendais répéter tout le temps : « Ce sont de drôles de gens dans les Marolles : des soûlots, des demi-romanos, des quarts de putains, puis tous ces vieux Bruxellois et ces vieilles Bruxelloises vulgaires et racistes ». J’évitais donc consciencieusement de traîner dans les Marolles. Et c’est dommage : un de mes meilleurs amis et une de mes ex-femmes y grandissaient et c’était du délire et ils s’éclataient vraiment dans les Marolles, tandis que je me morfondais en...

Lire la suite →

109 - Bruxelles pourtant.

Posté par le 16 septembre 2013 dans Bruxelles | 30 Réactions

Bruxelles pourtant.

A cette ville, qui ne m’est rien ou pas grand-chose, je dédie mes nuits. Toutes mes nuits. Et les toutes premières lueurs de l’aube, qu’elles soient de feu ou de cendre. Et le ferraillement du premier tramway. Et les néons des cuisines où s’affairent ou se languissent des lève-tôt qui n’ont pas pris leur premier café encore. A eux, je songe en descendant mon dernier espresso. Et à l’envol de l’oiseau, qui est moineau ou condor selon les jours. Et à son frère de bec et de sang, le chaos, qui, de ses ailes longues et griffues, effleure sans se soucier de l’entamer le...

Lire la suite →

98 - Sortie de coma.

Posté par le 6 septembre 2012 dans Bruxelles | 49 Réactions

Sortie de coma.

J’ai quitté la salle d’op en état de choc. La veille, je songeais à négocier avec le toubib la possibilité d’embarquer au bloc au moins mon compact. J’étais au top. Me la jouais caïd et zéro stress. Le reliquat me revient en flashback. Sur le billard, je me régalais encore. Je matais l’horloge et décortiquais ses tic-tac, rétif à me faufiler illico dans le black. Jusque-là, c’était correct. Je taquinais, tranquille, les membres du club. Je matais les infirmières : bonjour les infirmières ! Puis j’ai vu, comme deux chélicères, les pattes du doc convergeant...

Lire la suite →