Il y a, dans le maquis de Toscane, des chemins de caillasse et de ronces où le détachement de soi est une évidence et la solitude un privilège. J’ai toujours aimé passionnément le maquis de Toscane. J’aime ce qui l’habite : ses saveurs, sa rudesse et les mille bruissements qui le font murmurer comme un grand corps extravagant en train de rêvasser sur la colline.

Autrefois, sur la route qui mène à Populonia, mon père arrêtait parfois la voiture, nous disait de l’attendre et s’engageait dans le bois, par un chemin connu de lui seul. Lorsqu’il réapparaissait, c’était pour nous ramener de pleines poignées de figues ou d’amandes. Nous, les mômes, fantasmions tout un monde obscur et périlleux derrière la futaie. Nous aurions volontiers suivi notre père dans ces expéditions, mais notre mère nous l’interdisait à cause des vipères.

Notre mère avait connu une mésaventure avec une vipère : elle venait de rencontrer notre père et c’était la première fois que celui-ci l’emmenait à Populonia. Alors – attendant gentiment dans la voiture – il nous fallait écouter encore une fois comment notre mère avait manqué se faire piquer sur le terre-plein de San Sebastiano et comment notre père s’était rué pour la mettre hors de péril et tuer le serpent. Cette histoire, nous la connaissions par cœur et elle nous faisait toujours un peu envie. Nous avions envie de connaître chacun notre propre aventure avec une vipère, que ce soit aussi merveilleusement héroïque et que nous puissions nous en vanter et épater la galerie tout le reste de notre existence.

Je me remémorais tout ça, ce matin, et je m’en amusais, parce que je me déballais l’affaire avec les mots de mon père. Celui-ci aimait taquiner ma mère : « aujourd’hui, s’exclamait-il, je ne sais toujours pas qui du serpent ou de votre mère était la plus vipère ». Il riait. Le regard de ma mère évoquait des gifles. C’était quelquefois comme ça entre eux : lui qui l’asticotait gentiment, elle qui lui balançait des gifles virtuelles. Mais va-t’en te fâcher avec mon père. Va-t’en prendre au sérieux le beau regard espiègle qu’il affichait en te charriant. J’ai su très tôt qu’il n’y avait jamais d’animosité entre mon père et ma mère. Que s’ils se chamaillaient mollement quelquefois, c’était juste de la vie, du temps qui s’écoulait sans rigueur, ni méchanceté.

Les choses avaient infiniment de franchise et de légèreté lorsque mon père les évoquait. Les êtres et les événements évoluaient toujours à hauteur d’homme. Je le revois me parlant longuement dans la cuisine. Les mots, les regards, les gestes ronronnaient, se posaient comme de grosses mains fortes et réconfortantes sur mes épaules. Et, même enfant, j’avais toujours le sentiment que nous étions pareils dans ces moments-là, qu’il s’adressait à moi comme un homme à un autre homme.

Voilà le genre de procédés que je tenais à me rappeler ce matin. Je m’efforçais de ne penser à rien d’autre en montant la colline où, tout à l’heure, nous allions disperser ses cendres.

Lorenzo était parti devant, je me traînais dans son sillage. Il avait besoin de performance, j’avais envie de contemplation. Chacun sa manière d’aborder la chose. Puis, il me faut être honnête : Lorenzo, mon cadet de deux ans seulement, se maintient en forme. Moi, les formes, j’ai tendance à les stocker dans la même piaule que les années et à m’asseoir dessus. Mais je crois que, comme Lorenzo,  j’avais avant tout besoin d’aborder cette journée sur mes deux pieds.

La matinée était claire et chaude. Il y avait eu un peu de vent à l’aube : il s’était caché au réveil des cigales. Au début, mon frère et moi avions marché côte à côte sur le lacet de bitume. Nous avancions sans parler. De quoi aurions-nous pu parler ? C’était le jour que nous appréhendions depuis le décès de notre père : celui où nous le ramènerions chez lui dans les collines. J’imagine que – sur cette dernière partie du périple au moins – il nous fallait affronter cela chacun dans notre bande.

Nous connaissions tous deux le raccourci qui, plus loin, nous permettrait d’atteindre le village à travers bois. Déjà le maquis nous entourait de part et d’autre. Une odeur puissante où se mêlent la résine, la bruyère, la lavande et le thym. Il fallait s’arrêter, considérer un moment ce corridor de feuillage et d’épines, pour se sentir parcouru déjà d’un frémissement qui n’appartient qu’à la vie dans les collines. Il fallait regarder le ciel, puis se retourner et réaliser qu’il se dérobait insensiblement derrière la ramure des grands pins parasols. Alors, Lorenzo me dit : « Je vais avancer ». « Moi, je vais traîner », lui ai-je répondu. Nous nous étions déjà perdus de vue lorsque j’ai quitté la route pour m’engager dans le maquis.

Dès que je me fus trouvé à l’abri du bois, l’air devint souple et soyeux comme du poil de chat. Ce n’est pas que la canicule se fit plus clémente, mais elle n’a pas la même saveur sous la carapace des arbres. Elle est part du maquis et l’on s’en accommode. Le soleil qui perçait par endroit faisait scintiller les épines des buissons. Sur le sol, de grandes tâches de clarté éblouissaient de leur blancheur de neige. Des oiseaux palabraient, venaient goûter un peu de l’ombre du sous-bois, puis remontaient déballer le reste de leur vie sur les cimes. Les buissons revenaient à ce qui rampe et se faufile.

Le sentier de terre battue et de rocailles était assez large : des yeux, je pouvais le déchiffrer sur près d’une trentaine de mètres. Par-moment cependant, il s’emballait dans un grand remuement d’épaules et il fallait se remettre à le deviner un peu dans la broussaille. Mais j’ai parcouru déjà plus d’un sentier du maquis et celui-ci me semblait une avenue : il n’était pas de ces sentiers qui t’abusent et se referment tout doucement pour t’engloutir quand tu te fatigues de le chercher.

Plus d’une fois, je me suis perdu dans le maquis. Honnêtement ? Je faisais tout ce qu’il fallait faire pour m’y perdre. J’aimais éperdument ce petit pincement fugitif d’inquiétude que l’on ressent lorsqu’on se sait loin de tout, lorsqu’on ne reconnaît rien et qu’on ne peut compter que sur soi-même pour s’y retrouver. Mais c’était plus loin dans les terres, au-dessus de San Lorenzo, là où les collines succèdent aux collines et où l’on peut cheminer des heures sans rencontrer le moindre village, la moindre route, la moindre trace d’activité humaine. Sur les sentiers de Populonia, en revanche, battus de mille passages d’homme, il est impossible de se perdre. Il suffit de se laisser mener. On monte et on arrive au village. On redescend et c’est la mer.

A présent, je me souviens de la première année où nous avons passé l’été dans le maquis de San Lorenzo. Mon oncle Marcello avait retapé cette cabane de chasseurs pour s’y réfugier les jours de canicule. J’avais treize, quatorze ans, rêvais de jeux sur la plage et ne concevais pas encore ce qu’il y avait de chic à passer la journée dans les bois.

Tous les jours, il fallait chercher de l’eau à la fontaine. Ma mère annonçait : « il faut que quelqu’un aille à la fontaine. » Mes frères et moi nous faisions tout petits, minuscules. « Mais quand irons-nous à la plage ? » osait quelqu’un. « Nous irons tout à l’heure, mais d’abord la fontaine. » Sur cette promesse, je me résignais à bouger. J’étais l’aîné et savais pertinemment que je ne pourrais pas me défiler. J’attrapais les jerricanes, embarquais Paolo qui n’avait pas plus de huit ou neuf ans à l’époque et ne m’aiderait pas à porter.

La fontaine se situait un peu en contre-bas de la colline, au bout d’un sentier fluet où, la nuit, des araignées tendaient leurs fils. A l’orée du sentier, je posais les jerricanes et proposais à Paolo de faire la course. « Tiens ! Je te laisse dix mètres d’avance ! » Paolo partait et se mangeait toutes les toiles d’araignée. Bon prince, je le laissais gagner aussi sur le trajet du retour. Lorsque nous revenions à la cabane, notre mère préparait l’équipement de plage. « On y va ? », nous impatientons-nous. « Dès le retour de votre père. Allez le chercher, mais ne vous écartez jamais des sentiers. »

Notre père avait l’habitude de s’éloigner tout seul dans les bois. Ce n’était pas difficile de le trouver : nous l’entendions chanter. C’était un chant joyeux, hilare, un chant qui lui venait seulement dans les collines. « Qu’est-ce que tu chantes ? », lui demandions-nous. Il nous répondait que c’était une chanson qu’ils avaient inventée, son frère et lui, à l’époque où ils descendaient tous les jours la colline pour aller à l’école. Elle lui était revenue comme ça, disait-il. Il avait oublié toutes ces années et ce matin il s’était souvenu : il faut croire que le maquis conserve des choses. « Quel genre de choses ? », demandions-nous encore. « De toutes petites choses. Toi, tu grandis, tu avances et tu ne sais plus qu’elles étaient précieuses. »

Je ne sais pas – je n’ai probablement jamais su – si le chemin que je parcourais aujourd’hui pour atteindre  Populonia était celui qu’empruntait déjà mon père, son frère et ses sœurs pour se rendre à l’école. Peu importe. Je sentais la présence de mon père. Je le voyais diriger la fratrie – sur ce sentier ou sur un autre – la mener jusqu’au hameau de Baratti, sur le littoral. Et il y avait quelque chose d’étourdissant à me l’imaginer si jeune. Il n’existe pas de photographie de mon père enfant et cependant je me représentais parfaitement les traits de son visage.

J’avançais régulièrement sur la pente raide. L’effort d’abord malmenait ma tabagie et me faisait haleter. Puis l’énergie rude du maquis se mit à m’envelopper. Et, à mesure que je m’éloignais de la route et des gens, l’effort ne me coutait plus rien. Les choses se chuchotaient une raison d’être à portée de sens. Chaque pas s’imposait comme une sorte de joie.

C’est toujours de la joie que je ressens lorsque que je m’engage seul dans le maquis. Aujourd’hui, y ramenant ce qui demeurait de mon père, il y avait également de la douleur, mais la joie demeurait intacte. Elle était là. Elle accompagnait ce cheminement sans rien m’imposer, mais me soufflant à l’oreille qu’elle demeurait disponible. Ce n’est pas un jour de joie, c’est un jour de douleur, soutenais-je. Bien sûr. Qui t’empêche de vivre la douleur ? La joie m’en empêche. Cette joie obscène que je ne devrais pas ressentir à présent, qui m’encombre et qui m’écœure. Alors, je me suis posé sur une souche d’arbre et j’ai essayé de faire le point.

Je savais que j’étais idiot : dans ce monde-là, un moment de joie ne se refuse pas et le regret, la contrition, appartiennent à ce qui étouffe et brime. Je réalisais surtout que je ne pourrais jamais évoquer la mémoire de mon père en ne convoquant que de la douleur. Qu’il y avait une sorte d’indécence à ne me le représenter que dans les reniflements. Parce que cette joie me venait, non du maquis, mais de ce que m’avait transmis mon père. C’était la joie qu’il mettait dans ses yeux en débouchant de la futaie, les mains pleines de figues ou d’amandes. Celle qu’il affichait encore lorsque nous le surprenions en train de chanter dans le maquis de San Lorenzo.

Après, j’ai repris ma route et, pour la première fois, je savais ce qui m’attendait là-haut. Je voyais des gestes, éprouvais des émotions que je m’étais interdit d’anticiper jusque-là. Aussi, je savais très exactement ce que j’allais éprouver tout à l’heure, en répandant les cendres de mon père au vent de Toscane : il faudrait pouvoir ne jamais oublier la douleur. La conserver comme une chose précieuse, intime, l’alimenter méthodiquement, la questionner, la brusquer quelquefois autant qu’elle nous brusque. Il faudrait pouvoir lutter pied à pied avec la douleur et que pourtant la joie demeure.

Plus loin, le chemin de forestiers se transforme en chemin de paysans. On avance entre deux murets de grosses pierres mangées de ronces. Et l’on passe, sans trop réaliser, comme d’un monde à un autre. Liliana, la plus jeune sœur de mon père, se tenait au bout du chemin : « Te voilà », me dit-elle. « Je suis monté à pied », lui ai-je répondu bêtement. « Eh ! Je le vois bien ! A-t-on idée par cette chaleur ? » Zia Liliana m’a pris le coude et nous avons rejoint le reste de la famille. Paolo tenait l’urne : sans nous concerter, nous avons fait cercle autour d’elle. « Allons-y », énonça Paolo.

Nous nous sommes avancés à l’écart des murailles, là où la broussaille et l’épine l’emportent à nouveau sur le potager. Paolo avait pris le bras de ma mère : « Gaffe où nous mettons les pieds ! s’est-il exclamé. J’en connais une qui ne va pas tarder à nous bassiner avec ses histoires de vipères. » Nous avons ri. Notre mère aussi a poussé un sourire. Notre père bientôt retrouverait ses collines. C’était juste et il fallait que cela lui ressemble.

 

  • Où : Populonia (fraz. di Piombino)
  • Quand : 11 juillet 2011.
  • Appareil : Canon Eos 60D.

le 7 novembre 2011 | rubrique Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 46 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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46 Réactions

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  1. 45 réactions 11-7-2011

    Marco, tu as touché la corde sensible ! Je reste sans voix ! Tes mots justes ont provoqué mes larmes ! Merci pour tous ces souvenirs!

    • 1238 réactions 11-10-2011

      Merci. J’essaie de faire au mieux, avec parfois le sentiment de passer à côté, le sentiment de n’avoir pas puisé assez profondément. Ce commentaire me touche beaucoup.

  2. 15 réactions 11-7-2011

    ils sont très délicats les mots descriptifs, et ils transmettent une chaleur qui va et revient laissant les traces de ceux qui y sont passés.

    • 1238 réactions 11-10-2011

      Ciao Fernanda. Ici, je tenais en effet à donner à l’ensemble du texte la subtilité du détail, à chercher une sorte de pointillisme dans la description et qui servirait aussi de véhicule à l’émotion. Je ne sais si j’y suis pleinement parvenu.

  3. 3 réactions 11-7-2011

    un très beau texte , c’est comme si nous t’avions accompagné sur ce chemin . Bien sûr que la joie doit demeurer malgré tout parce qu’elle nous permet de continuer …

    • 1238 réactions 11-10-2011

      Merci Catherine. Certains auront peut-être relevé que j’ai approximativement emprunté le titre de ce chapitre à un livre de Giono. La joie est un investissement, un effort d’invention de chaque jour.

  4. 1 réactions 11-7-2011

    Je comprends qu’il t’ait fallu plus de temps pour écrire ce texte. c’est sans doute le plus beau de tous, peut-être parce que c’est aussi le plus sensible.
    Petite précision: si j’ai voulu prendre de l’avance, ce n’était pas pour entretenir ma forme athlétique – n’ayons pas peur des mots – mais parce que je voulais parcourir tout seul le petit raccourci à travers le maquis… Et je pense que ça t’arrangeait bien, non ?

    • 1238 réactions 11-10-2011

      Mais bien sûr : nous nous étions parfaitement compris sur ce point-là. Il fallait décidément accomplir ce trajet en solitaire. Il fallait en goûter chaque mètre, chaque instant, et les approfondir chacun à sa manière. Et, tu le sais, j’ai fait pareil lors de la descente.

  5. 33 réactions 11-7-2011

    Que d’ images dans ce récit, nous parcourons ces sentiers avec vous, nous ressentons votre émotion et il est juste que souvent, une lumière, une odeur voire une musique nous font nous souvenir d’ un être cher disparut et pendant un instant il refait un bout de chemin avec nous, nos morts ne meurent vraiment que lorsque l’on ne pense plus à eux.
    De nouveau merci pour ce bel instant que je viens de passer à vous lire.

    • 1238 réactions 11-10-2011

      Très touché de ce commentaire, Robert. Oui, la mort, ce n’est pas l’absence, mais l’oubli.

  6. 34 réactions 11-7-2011

    un tres beau texte qui accompagne ce superbe cliché
    que dire à part Bravo

    • 1238 réactions 11-10-2011

      Merci Noël. Je l’avoue, comme souvent dans cette série « Les Cendres de mon père », j’avais un fameux doute sur l’image. Mais je dois faire avec ce que j’ai et ce n’était pas un jour à fignoler mes photos. J’ai d’autres images de maquis, faites en d’autres temps, mais je tiens absolument à coller au moment du texte.

  7. 38 réactions 11-8-2011

    A l’instant de la séparation, l’anecdote de la vipère se fait souvenir et allège, quelque peu, la peine de l’absence, présente et à venir.
    Pourtant, pas de quoi rigoler à poursuivre, seul, le chemin aux relents de cendres froides et, des années après, la joie revenue, l’on cherche encore à tenir la main disparue …
    Ton image est belle, pudique et tout en réserve, Marco (un NB, of course) ! Belle à y poser sa réflexion et ses questionnements car, si le chemin est momentanément austère, la joie de retrouver les souvenirs est au tournant.

    • 1238 réactions 11-10-2011

      Merci Dan. Comme je le confiais à Noël, j’avais un doute pour cette image. Initialement, je n’ai levé mon objectif que pour conserver un souvenir personnel de ce cheminement. Le souci avec le maquis, c’est qu’on a généralement pas assez de recul pour faire une image. Et quand on a du recul, ça ne ressemble plus tout à fait au maquis. J’aurais bien ramené une image de vipère. Mais quoi qu’en dise ma mère, on en croise pas tant que ça sur les sentiers du maquis. Dans la broussaille, c’est autre chose. Mais, maman, je le jure ! Je ne me suis pas éloigné des sentiers cette fois-ci.

  8. 50 réactions 11-8-2011

    I’d love to walk up that path! The details and textures in the monochrome are brilliant, what a fabulous image.

    • 1238 réactions 11-10-2011

      Merci Martina. Si mon image te donne envie de te promener sur ce sentier, alors je suis pleinement rassuré sur sa relative qualité.

  9. 15 réactions 11-9-2011

    On s’y voit sur ce petit chemin tellement ton texte est prenant, on ressent les bruits, les odeurs, et on se surprend à chercher la vipère … En un mot on vit ton récit tellement il est bien écrit !…

    • 1238 réactions 11-10-2011

      Alors là, je suis vraiment trop pudique pour répondre à ce commentaire. Ce « tellement il est bien écrit » va carrément éclairer ma journée. Puis, surtout, ça me motive vachement à passer au chapitre suivant. Merci Jacklineg.

  10. 2 réactions 11-10-2011

    Très beau chapitre Marco. J’ai beaucoup aimé marcher avec toi en lisant. Tu as vraiment réussi à bien communiquer les émotions qui sont aussi influencées par les souvenirs de ton père, et les saveurs de votre « endroit » , car j’en ai reconnu, ou au moins je croyais reconnaitre… un bon signe que c’est un grand succès et j’ai déjà envie de le relire :)
    Cela m’a fait très plaisir de réentendre l’histoire de ta maman et la vipère 😉 bisous.

    • 1238 réactions 11-12-2011

      Tu ne sais comme tu me fais plaisir à intervenir sur ce blog, Angelina. Tu as un petit avantage sur mes autres lecteurs : je t’ai raconté déjà assez souvent le maquis de Toscane. Je suis heureux que tu aies retrouvé tes repères dans ce texte.

  11. 29 réactions 11-11-2011

    traitement pointilliste de la photo qui donne à la fois un aspect ancien et un aspect un peu magique, mystérieux… très intéressant en tout cas …

    • 1238 réactions 11-12-2011

      Merci Jacques. En vérité, je craignais d’avoir exagéré un brin le traitement pointilliste. Mais il m’a semblé qu’il transmettait parfaitement – en N&B du moins – l’ambiance du maquis.

  12. 9 réactions 11-12-2011

    …belle découverte ce matin!! une enfance si bien racontée…des souvenirs à la pelle: je suis sous le charme.. j’imagine tellement vos parents sous vos mots!!!une écriture vivante et réaliste :oui belle découverte ce matin….

    • 1238 réactions 11-12-2011

      Merci Manola et bienvenue sur ce blog photo. Merci aussi d’avoir eu la patience de l’aborder par le texte. Je demeure auteur avant d’être photographe (et vais sans doute en saouler plus d’un à le répéter si souvent)et je crains parfois que la partie texte ne rebute un peu mes visiteurs photographes.

  13. 19 réactions 11-12-2011

    grande il contrasto in questo elegante bianco e nero, ottima la resa della luce, tecnicamente una foto perfetta a mio parere

    • 1238 réactions 11-12-2011

      Perfetta, non saprei. Ti confesso aver avuto alcuni dubbi spingendo il B/N. Mah ! In somma, è proprio cosi che mi vedo la mia macchia toscana.

  14. 7 réactions 11-12-2011

    Ce soir, tu viens de me demander pourquoi je n’avais pas encore lu ton texte …..
    La réponse est tout simplement parce que je savais qu’en le lisant, j’allais me mettre à pleurer, et j’avais raison.
    Aujourd’hui, jour pour jour, cela fait quatre mois que nous sommes allés disperser les cendres de papa dans SON Italie !!
    Le petit chemin dont tu parles, je dois dire que je ne le connais pas, eh non, la petite  »princesse » de papa n’a jamais pu y aller. (c’est trop dangereux pour une fille disait-il).
    Malgré tout, le maquis, je l’ai vu avec lui, mais toujours entourée par notre chien et celui de notre tante Elina.
    Un jour, je me souviens avoir vu  »Lacky » (berger allemand de notre tante) faire un bon en criant, … il avait trouvé une vipère.
    Je me souviendrai toujours de la scène ; tante Elina se met à courir vers le chien, et je la vois taper, taper, taper avec un bâton, et quelques instants plus tard, elle brandit la vipère. Voilà moi aussi j’ai mon histoire de vipère.
    La voix de papa, ses chants, je les entends, et même plus, je me surprends à écouter SES chansons qui pourtant m’ennuyaient auparavant !!!

    • 1238 réactions 11-12-2011

      Un jour, zia Lina descend toute la colline de San Lorenzo pour aller chercher des œufs chez un fermier de la plaine. En chemin, elle tombe sur une vipère. Tu la connais : pas le genre miquetter devant l’asticot. Elle lui casse illico l’échine à coup de bâton, range – qui sait pourquoi ? – le cadavre dans son sac et continue son chemin sans plus y penser. Revenue à la cabane, elle a complètement oublié la vipère. Elle va pour montrer à Marcello ce qu’elle a acheté, ouvre son sac : celui-ci se met à remuer et la vipère passe le col, façon « Minute, je vous présente l’addition ! ». Marcello se précipite pour lui régler son compte, puis – encore une fois, qui sait pourquoi ? – décide de conserver le bébé dans un bocal d’alcool. T’en souviens-tu ? Je ne sais comment, ce bocal a fini par aboutir chez nous et nous l’avons conservé des années dans le placard de la terrasse. Alors, ne me demande pas pourquoi je te rappelle ça maintenant. Je sais juste que je ne dois plus m’arrêter de raconter.

  15. 49 réactions 11-12-2011

    Superbe N/B.
    J’apprécie beaucoup.
    Bon dimanche.
    Yvon.

    • 1238 réactions 11-13-2011

      Merci Yvon. Et, pour une fois que je réponds dans les temps : un bon dimanche à toi également.

  16. 23 réactions 11-13-2011

    Bonjour Marco,
    Curieux traitement qui lui vas bien.
    Très bon récit.
    Bon dimanche.

    • 1238 réactions 11-13-2011

      Eh bien, « curieux » est sans doute le qualificatif qui lui va le mieux. Je serais incapable de le refaire. Comme pour le texte, j’ai avancé par petits touches, à l’instinct, tâchant de transmettre au mieux les sensations qui m’animent. Du coup, je suis presque aussi étonné qu’heureux de constater que ça fonctionne.

  17. 17 réactions 11-13-2011

    Une trés belle balade ! Une trés belle photo ! toujours un plaisir de suivre tes mots et ton regard.
    A bientôt de te lire.

    • 1238 réactions 11-13-2011

      Et toujours le même plaisir à t’accueillir ici, Nathalie. Je fonce illico dans le chapitre suivant, mais conserverai désormais l’habitude de poster des choses plus « légères » (faut le dire vite) entre deux chapitres.

  18. 32 réactions 11-13-2011

    un beau texte d’amour filial et d’attachement à une terre. La photo avec son traitement violent à l’acide des gravures du souvenir dans lequel un détail se transforme en histoire. Mourir c’est mourir et se remémorer n’est pas faire revivre c’est dire simplement ce que l’on est devenu et comment.
    Pour moi, qui me veut sans passé, pour qui les souvenirs ne servent qu’à alourdir le présent, je trouve fascinante , chez les autres, cette plongée dans la mémoire.
    Mais le serpent n’est jamais loin dans la forêt d’Eden et la curiosité humaine cherche à trouver l’issue dans le labyrinthe des racines à venir.

    • 1238 réactions 11-13-2011

      Eh bien, Lasiate, ton commentaire me fait très plaisir. Ce « traitement violent à l’acide des gravures » résume vachement bien ce que j’ai voulu faire en définitive. Mais je t’envie surtout et terriblement la phrase suivante. Oui, c’est exactement ça : « dire simplement ce que l’on est devenu et comment. » Paradoxal, quoique guère étonnant, que tu te déclares sans passé après avoir si bien défini la plongée dans le passé. Mais – même si je n’ai pas toujours l’opportunité de la commenter – je suis très ponctuellement ta production et demeure toujours étonné de la régularité de celle-ci. Il me semble en effet qu’il y a là une grande cohérence : tu as cette manière bien à toi de décortiquer le présent, de le décomposer en instantanés puissamment lumineux. C’est une autre manière de questionner le vivant et je t’avoue que je la trouve tout aussi fascinante.

  19. 14 réactions 11-17-2011

    Bonjour Marco,
    Je ne voulais d’abord rien dire sur ce texte qui m’a ému plus que les autres, qui m’a fait pleurer avec sérénité (je ne sais pas comment dire ce mélange de sentiments apaisant que j’ai éprouvé à sa lecture), et puis je me suis dit que ne rien dire te laisserait peut-être penser que je n’aimais pas ou pire que je me désintéressais de ton travail…
    Alors voilà, je ne dis rien pour te dire que qu’il me touche chaque fois un peu plus, chaque fois un peu plus juste, chaque fois un peu plus sereinement.
    Amitiés,
    Olivier.

    • 1238 réactions 11-17-2011

      En somme, tu m’écris pour me dire pourquoi tu ne m’écris pas. Et tu t’en tires très bien, Olivier. Il faut que je touche à la fois des larmes et de la sérénité. Mais je te confesse que ça devient très dur par moment et que je vais probablement devoir ralentir encore la cadence de publication de ce texte.

  20. 24 réactions 11-18-2011

    J’ai été sincèrement très émue à la lecture de ce passage, certainement à cause des nombreuses résonnances qu’il suscite en moi; faire face au deuil n’est certes pas chose facile,et celui des parents est l’un des plus douloureux. La brutalité de l’événement fait que l’on repasse inlassablement le film de toute une vie pour en recueillir les instants de joie mais aussi toutes les souffrances ,les regrets, les non-dits…ombre et lumière d’une vie que l’on porte en soi définitivement. Ce dernier voyage commun exprime avec une grande sensibilité le retour aux origines, vers la terre qui a modelé l’individu et à laquelle il s’intègre dans une communion parfaite…
    C’est magnifique!

    • 1238 réactions 11-20-2011

      Merci beaucoup, Ritournelle. A mon tour d’être ému par ton commentaire. Alors, pour l’anecdote, ce chapitre a longtemps porté comme titre de travail le titre d’une chanson que j’écoutais en l’écrivant. Il s’agit d’une chanson traditionnelle napolitaine intitulé… « La Riturnella ». La connais-tu ? « Corri a jettari lu/Suspiro a mari/Oi riturnella/Corri a jettari lu suspiro a mari. »

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