[Une pensée spéciale à Audrey, qui a la rage au ventre, mais l’esprit libre et léger et sincère d’un oiseau.]

 

J’aime à me rappeler parfois que mon père, Francesco Carbocci, est venu au monde dans une cuisine. Je suppose que tous les enfants d’ouvriers agricoles étaient conçus et naissaient entre le foin et la charrue en ces temps-là. Mais, excepté mon père, je n’ai jamais entendu parler de quiconque ayant eu l’impertinence de pointer le nez directement entre les fettuccini et la polenta. Ça se passait sur le territoire de Campiglia Marittima, dans la province toscane de Livorno. Mussolini et ses sbires détenaient le pouvoir depuis six ans et le vieux monde trouvait encore l’expérience fasciste tout à fait moderne et exaltante.

Nous passions régulièrement en voiture devant la grande bâtisse jaune où notre père avait vu le jour quand – tous mômes encore, mes frères, ma sœur et moi –  nous revenions en Italie pour les grandes vacances. Notre père ne s’attardait pas. Il avait à peine connu les lieux qui par la suite étaient devenus un poste de carabiniers. Mais nous étions curieux. On nous disait en passant : « Papa est né dans la cuisine de cette maison ». Il y avait de lourds barreaux à chaque fenêtre et il fallait tout de même bien que quelqu’un nous explique pourquoi notre père était né en prison.

« Ce n’est pas ça », intervenait aussitôt notre mère. Comment ? Papa n’est pas né dans la cuisine de cette maison ? « Si, mais il n’y avait pas de carabiniers. Ils sont venus après », tentait-elle d’expliquer. Après ? Mais alors, où étaient-ils pendant que papa naissait dans leur cuisine ? « Nulle part ! Il n’y avait pas de carabiniers ! On ne les avait même pas inventés, les carabiniers ! » Notre mère démentait formellement que notre père fût né entouré de carabiniers. Il fallait que nous comprenions une fois pour toute que cette maison n’avait appartenu à ceux-ci que longtemps – très très longtemps – après la naissance de notre père. Celui-ci se taisait de son côté, mais affichait ce petit sourire en coin nous indiquant que toute cette histoire l’amusait énormément.

Mais en somme, nous ne comprenions pas tout à fait encore ce que notre grand-mère était venue chercher dans cette cuisine de carabiniers. Comment y était-elle arrivée ou pour quelle peccadille y était-elle retenue. Parce qu’il n’y a vraiment aucune raison de traîner chez les carabiniers juste pour le plaisir de leur compagnie. Ou si ? Vint cependant le jour où nous sommes passés dans le secteur sans que personne ne pose la moindre question. L’affaire était réglée : on se fichait des carabiniers et de leur cuisine, les plus grands d’entre nous ayant fini par percuter, les plus petits se contentant d’encaisser que notre père avait passé toute son enfance sur la colline de Populonia.

De la vie à Populonia, nous savions et commencions à comprendre beaucoup de choses en revanche. Mon père aimait raconter et le faisait bien. Nous savions comment était la vie au village. Nous savions par exemple qu’il fallait descendre toute la colline à travers le maquis pour aller à l’école, qu’il fallait y aller pieds nus parce que les fascistes – ces salauds, ces ordures – ne donnaient pas de chaussures aux enfants de Populonia. Nous savions aussi que si ces derniers manquaient de ponctualité ou s’ils n’affichaient pas assez de conviction lors du rituel salut au Duce, le maître d’école les battait longuement avec un épi de maïs. Nous ne comprenions pas réellement ce que ces gens-là avaient contre les pauvres enfants de Populonia. Mais comme notre père nous avaient toujours certifié que c’était des salauds, des ordures, nous n’avions aucune raison de questionner l’arbitraire de leur comportement.

Après, nous savions aussi que le village avait un patron et qu’il fallait lui obéir et se découvrir la tête chaque fois qu’on croisait son chemin. Ce patron-là n’avait été élu, ni même désigné par personne : sa mère s’était simplement donné la peine de le pondre au sein de la famille la plus aisée de toute la contrée, plutôt que sur un lit de paille ou dans une cuisine. Nous savions aussi qu’il fallait « croire et obéir ». « Credere e ubbidire » : les fascistes – ces salauds, ces ordures – te le taguaient un peu partout sur les murs, avec ou sans faute d’orthographe, pour être certains que personne n’omette de le mémoriser. Croire en quoi ? Obéir à qui ? C’était les deux questions qu’il fallait absolument éviter de poser à voix haute, même si on avait du mal à s’y retrouver. Parce que les fascistes pouvaient être athées un jour et le lendemain catholiques, progressistes aujourd’hui et conservateurs avant la fin de la semaine.

Ce que nous savions encore, c’est que le maître d’école battait ses élèves, qu’ils soient ou non de Populonia, que les parents battaient leurs enfants, que le patron du village battait ses locataires et ses employés et que lui-même pouvait éventuellement se faire taper sur les doigts par les fascistes. Bref ! Tout le monde battait tout le monde à l’époque. De haut en bas, du plus robuste au plus faible, du fort en gueule à la mauviette, du petit glandeur en chemise noire au travailleur ayant omis de faire profil bas devant le distinctif du parti. Peut-être que ça nous terrifiait un peu d’entendre toutes ces histoires, mais nous ne nous en lassions pas. La vie rude, injuste et audacieuse des habitants de Populonia alimentait notre imaginaire.

Lorsque nous revenions à Populonia cependant, nous étions toujours un peu déçus : il n’y avait que des vieux qui vivaient à Populonia. Des vieux errant sans but, mâchonnant leurs éternels bouts de Toscanello éteint, poussant des « héhéhé ! », des « hohoho ! », longs comme le bras et trottinant pour nous pincer la joue lorsqu’ils nous voyaient débarquer. Bon. C’était un jeu entre nous de parvenir à échapper à ce désagréable pincement de joue. Ces petits vieux étaient bien gentils et ça ne nous dérangeait pas de les voir poiroter ou se chamailler à l’ombre des câpriers. Mais des enfants de Populonia, pas la moindre trace.

Ensuite, au fil des années, les vieux ont commencé à disparaître à leur tour. Leurs fils ou leurs filles les récupéraient, les casaient ou les enterraient dans la plaine où eux-mêmes s’étaient établis. Des Allemands, des Suisses, des Piémontais rachetaient leurs maisons pour une bouchée de pain et s’y établissaient durant les vacances. Et ceux-là non plus – pas plus que leur blonde progéniture – ne nous rappelaient en rien les héroïques enfants rebelles de Populonia.

Tout ce changement cependant ne paraissait pas affecter notre père. Il était toujours heureux de revenir sur les lieux de son enfance. Il y avait désormais une route qui sillonnait la colline, un chemin d’asphalte à peu près convenable qui nous menait directement devant les remparts de la cité. Nous montions tout de suite sur la tour qui surplombait les remparts. Une femme, qui se nommait Lidia, amie d’enfance de notre père, faisait payer l’accès des remparts aux rares touristes, mais nous n’étions pas réellement des touristes et personne ne s’avisait de nous faire payer. Lidia, quelquefois, refermait la grille des remparts derrière nous pour nous permettre de nous y amuser tranquillement. Depuis la tour, nous avions une vue superbe sur le Golfe de Baratti et l’île d’Elbe. De l’autre côté, nous apercevions les deux ruelles dallées et la petite place de l’église qui composaient tout le village.

Beaucoup plus tard, je me souviens avoir rencontré le fameux patron de Populonia. J’étais monté au village en compagnie de mon oncle Marcello. C’est celui-ci qui m’avait désigné ce petit vieillard gras et triste qui, du perron de sa maison, s’éventait le museau de ses deux grosses mains moites. « Allons lui causer », ai-je fait. J’avais désormais assez de poils sur le torse pour me croire un homme. De loin, j’avais ciblé l’ennemi, l’ultime déjection de l’ère fasciste, me disais-je. Et dans mon imaginaire à peine pubère, ce gars-là avait manifestement la morgue du poulpe et la mansuétude du ténia. « Allons lui causer », ai-je donc dit à mon oncle. « Eh ? Que veux-tu lui dire, mais d’accord allons-y ».

Marcello d’abord m’avait raconté un peu son histoire : cet homme-là possédait toute la colline : les terrains, les oliviers, les maisons et jusqu’au moindre brin de genêt qui poussait sur la colline. Ce n’était pas un homme injuste, mais il était fier et tu ne pouvais te permettre de lui manquer de respect si tu voulais conserver ton lopin de terre et nourrir tes enfants. Pour ma part, je n’avais ni lopin de terre, ni enfant à nourrir et me fichais bien de montrer du respect à cette antiquité. « Minute ! », avait ponctué mon oncle.

« Un homme demeure un homme », continuait-il. Bravo. Et alors ? « Celui-ci était peut-être arrogant, il avait le pouvoir, mais regarde-le à présent, développait Marcello : quelle que soit la vie qu’il a menée, un homme n’est rien d’autre qu’un homme devant la maladie, la vieillesse, la douleur. » A ce moment-là, nous approchions du patron. Nous pouvions sentir déjà les relents de pharmacie et de pisse qui suintaient de sa personne et de ses vêtements. « Tu le vois, me chuchotait encore Marcello, ce n’est même plus tout à fait un homme, mais une ombre d’homme. Une fin d’homme. Il ne s’est jamais remis de ce qui lui est arrivé à la fin de la guerre ». Moi, curieux et vaguement complaisant : « D’accord. Que lui est-il arrivé à la fin de la guerre ? » Marcello me dit alors que, Fausto, le fils du patron, avait été tué dans une embuscade anglaise à quelques jours de la fin des hostilités, que le vieux ne s’en était jamais remis, qu’il lui arrivait de plus en plus souvent avec l’âge d’appeler son fils et de le chercher.

Entretemps, le vieux avait levé sur nous des yeux qu’il plissait comme pour chercher à nous localiser dans sa mémoire. « Patron ! », s’était avancé mon oncle. L’autre continuait de s’éventer et il semblait que tout lui était un effort impensable. « Je te reconnais, Marcello, se poussa-t-il à marmotter. Approche ! Mais le gamin avec toi, je ne le remets vraiment pas. » Moi, le gamin me restait déjà dans la gorge. « Comment allez-vous, patron ? », faisait Marcello. « Approche ! Viens Marcello ! A propos, as-tu vu Fausto, ces temps-ci ? – Non, Patron, vous le savez bien, je ne vis plus à Populonia. – C’est possible, admit le patron. J’avais oublié. Mais le gamin avec toi… ? »

« Patron, vous vous souvenez certainement de Cecco Carbocci ? Voici Marco, son fils aîné. » Marcello avait pris la main du patron dans la sienne. « Eh ? Si je me souviens du Carbocci ?  C’est possible. Je me souviens, oui. Une tête brûlée. Un bon à rien, comme toi Marcello. Aucune discipline. Et c’est possible également que je me souvienne d’autre chose : vous étiez passés du côté des rouges tous les deux. – Patron, nous avons toujours été rouges. Vous le savez bien. C’est de naissance : tous les bons à rien sont rouges », rétorqua Marcello, avec une pointe de sarcasme, mais toute légère, presque affectueuse. « Là, tu dis enfin quelque chose de sensé, Marcello. » Puis, en me dévisageant : « Et toi, tu es comme ton père et ton oncle ? »

J’ai considéré ce bouffon : « Exactement comme eux », ai-je craché. « Alors, t’as pas dû faire grand-chose de ta vie ». Je venais tout juste d’obtenir mon diplôme à la fac de Lettres, imaginais encore qu’avoir lu tout Voltaire et tout Kafka te conférait une sorte de légitimité dans ce monde, et m’apprêtais à la lui faire manger sans beurre, ni parmesan. Mais j’ai intercepté le regard de mon oncle. « Alors ? », s’impatientait le vieux. « Non, lui ai-je concédé. Tout pareil à mon père et à mon oncle ». Un homme demeure un homme. A quoi bon lui brimer ses ultimes certitudes ?

A présent, le patron du village est mort lui aussi, avec sa tristesse, ses convictions surannées et ses excès pondéraux. Et le fantôme de Fausto, c’est sûr, ne retrouvera plus jamais le chemin de sa maison : un Allemand, un Suisse ou un Piémontais l’aura rachetée, tandis que les touristes découvrent toujours plus nombreux les charmes et le panorama de Populonia.

L’allure de cette femme que je croise dans la rue, assise à l’ombre, avec des gestes de petit rongeur dans son sac à main, ravive un instant pourtant mes souvenirs d’enfance. Mais elle n’a pas l’accent de Toscane et tient une boutique de colifichets à l’entrée du village. Histoire de parler, je lui demande s’il est toujours possible de monter aux remparts et à la tour. Elle acquiesce, me désigne le bel alignement de bermudas et de paréos devant l’entrée des remparts et me réclame trois euros.

Lorsque je quitte le village, j’active un toscanello et il me semble être moi-même un vestige du passé. Parce qu’enfin, j’ai le choix de mon appartenance aujourd’hui : vestige ou touriste, le bout de cigarillo pendouillant sous le nez ou le bermuda fluo me carrant le fessier. Aussi parce qu’à Populonia – sauf les Allemands, les Suisses et les Piémontais – tout le monde se casse. Tout le monde s’arrache de Populonia, comme dans toute la province de Livorno. Et on se casse de la province de Livorno et de la Toscane, comme dans toute l’Italie. On part, on quitte, parce qu’il n’y a plus rien à voir, à faire, à espérer en Italie, comme il n’y a plus rien à voir, à faire, à espérer depuis très longtemps, sur la colline de Populonia. Cette semaine pourtant, nous y monterons avec les cendres de Francesco « Cecco » Carbocci, tête brûlée et bon à rien, qui a trimé toute sa vie pour envoyer ses enfants à l’université et leur donner les moyens de se montrer complaisants envers l’ancien patron du village.

 

  • Où : Populonia (fraz. di Piombino)
  • Quand : 11 juillet 2011.
  • Appareil : Canon Eos 60D

le 1 août 2011 | rubrique Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 38 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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38 Réactions

Photoblog Awards
  1. 14 réactions 8-1-2011

    Marco, je ne sais si ça va te faire plaisir, mais je me suis bien amusé à lire ton texte, et j’aime beaucoup ta photo aux teintes surannées. J’ai souri à la lecture de tes souvenirs (j’adore l’histoire des carabiniers et un village ou tout le monde se tape dessus), je trouve que tu restitues très justement les réflexions naïves de l’enfance, la violence inexpérimentée de l’adolescence. Il faut beaucoup de lucidité et de tendresse et sans doute pas mal de conflits (intérieurs ou pas) dépassés pour y arriver.
    Enfin, j’ai eu les larmes au yeux à la lecture de la dernière phrase, mais pas de tristesse, juste une belle émotion.

    C’est un très beau travail, Marco. Je ne suis pas pressé, mais je me réjouis d’un chapitre 4 à venir.

    Amicalement,

    Olivier.

    • 1238 réactions 8-1-2011

      Ton commentaire me touche beaucoup, Olivier. Eh bien, le chapitre 4 (et le 5 aussi du reste) est déjà dans la boîte, mais je vais vraisemblablement attendre la fin de la semaine avant de le poster. Sinon, j’ai en effet voulu donner un côté burlesque aux scènes reliées à l’enfance. Quant à l’image, j’ai improvisé une recette perso (partant à peu près d’un traitement croisé et s’achevant sur une belle louche de bruitage), mais tu sais que je tâtonne encore pour les images en couleur. Incidemment, je l’ai postée sur vp où elle n’a eu aucun succès. Ah ! Très heureux surtout que la phrase finale t’aie ému.

  2. 17 réactions 8-1-2011

    Je suis impressionnée. J’aime énormément ton style. Il y a dans la lecture de ce que tu proposes une échappée aux parfums exotiques. Tu fais preuve d’une grande maturité dans tes tournures de phrases, tes constructions. J’ai aimé être lectrice en te lisant – et ce n’est pas si souvent – donc, je vais me répéter mes un trés bon travail un grand bravo et un grand merci pour ce moment.
    Je dois aussi t’avouer que j’apprécie tout autant ton talent de photographe !

    • 1238 réactions 8-1-2011

      Je te remercie beaucoup, Nathalie et te souhaite la bienvenue sur ce blog. Je dois t’avouer que je suis assez à l’aise à l’égard de cette thématique, qui est celle aussi de mon dernier roman publié. La photographie en revanche est une passion à laquelle je ne me suis remis que tout récemment et j’en suis d’autant plus sensible à ton compliment.

  3. 34 réactions 8-1-2011

    Un cliché rempli de symbole pour cette population qui se rappelle et aussi celle qui a été deracinée et c’est reconstruite ailleurs en ayant toujours leur coeur à l endroit qui les a vu naitre

    • 1238 réactions 8-1-2011

      Merci de ton intervention, Noël. Il est évident pour moi qu’au-delà de la mort du père – sujet central et douloureux de cette série – les thématiques du déracinement et de l’émigration revêtent une importance toute particulière.

  4. 10 réactions 8-1-2011

    Un texte émouvant, comme tu sais si bien les écrire, et très vivant, comme si tout cela se passait sous nos yeux. Quant à la photo, rien de surprenant à ce qu’elle ne suscite pas de réaction sur des sites où le premier critère est la qualité technique et nullement l’émotion. Entre les deux, il faut faire un choix et je crois que tu as fait le bon.

    • 1238 réactions 8-1-2011

      Merci Francis. J’ai craint un moment que l’auteur en moi avait pris le pas sur le photographe… ce qui est une réalité dans la vie courante, mais ne devrait pas être une telle évidence sur ce blog. Oh, pour le site, j’avais tout de même réussi à me faire mon petit cercle d’amateurs (et aussi quelques farouches adversaires, il est vrai) en y imposant le choix que tu évoques. Mais je m’y suis fait rare et le cercle s’est dilué. Peu importe. Il est évident – comme je l’expose et le revendique d’ailleurs sur la page « à propos » – qu’entre l’émotion et la technique, j’ai choisi mon camp depuis longtemps. Et je sais que c’est également ton cas.

  5. 35 réactions 8-1-2011

    Un beau cliché servi par un magnifique texte. Merci pour ce partage Marco.

    • 1238 réactions 8-1-2011

      Merci à toi Catherine. Heureux de te retrouver dans la zone.

  6. 19 réactions 8-1-2011

    molto bella nella tonalità ed intensa nell’interpretazione

    • 1238 réactions 8-1-2011

      Ma tu leggi un po il francese, Fabrizio ? In somma, se il tuo commento si riferisce solo all’immagine, ti confesso che mi fai molto piacere.

      • 19 réactions 8-5-2011

        il mio francese si ferma ad un livello scolastico e ti confesso che mi rimane un pò difficile, ma i commenti sono legati alle emozioni che mi trasmettono le foto.
        buona giornata

        • 1238 réactions 12-6-2011

          Beh ! Ormai, un po di francese nelle mie risposte non te lo leva nessuno.

  7. 17 réactions 8-1-2011

    bonjour Marco ,
    je ne suis pas un lecteur assidu , mais tes mots je les avale avec une facilité incroyable non pas que ton texte soit simple à lire mais simplement que celui ci me donne envie de lire .
    le contenu est riche , on ressent la vie , la vie de ta famille sans tricherie et vraiment , j’aime beaucoup .
    par contre je vais m’imprimer tout cela car j’ai du mal à lire sur écran .
    pour tes photos je pense qu’elles sont comme tes textes sincères et tu fais passer le sentiment avant la technique , et cela leurs donnent un impact puissant c’est du moins ce que je ressent .
    je me souviens toujours de ce couple de « vieux » avec la dame dans son fauteuil roulant ( c’est la que j’ai découvert Marco ) et avec ce genre de photos la technique passe au second degrés tellement c’est parlant !
    je crois que c’est pour cela que je te lis facilement tes photos sont des bouquins et tes bouquins des photos .
    bravo j’attends la suite avec impatiente.

    • 1238 réactions 8-1-2011

      Patsy, tu me fais très plaisir. C’est assurément parce que je suis fils d’émigré :j’ai toujours cherché à écrire juste et sincère, mais sans facilité. Mon parti pris, c’est qu’il ne faut prendre le lecteur ni pour un intello, ni pour un con. Selon moi, parler juste et sincère, c’est forcément parler au plus grand nombre.Alors, à l’égard de l’image, il y a sans cesse cet espèce de malentendu : je dispose du matériel et de la technique me permettant de sortir des images propres et léchées, mais qui a mes yeux ne ressemblent qu’à de mauvais brouillons trop pimpants, trop esthétiquement corrects.Le traitement bruité et parfois un peu crade est un parti pris (avec le 60D, faut y aller pour obtenir du bruit par accident). A la vérité, c’est exactement le même processus que pour l’écriture : je balance d’abord un texte beaucoup trop propre et qui souvent puise malgré moi dans tous les préjugés ineptes que j’ai encaissés à la faculté. Ensuite, je repasse dessus en éliminant systématiquement le baratin d’intello et les formules de péteux.Sinon, la petite dame au fauteuil roulant, tu peux la retrouver sur ce blog : http://carbocci.com/photosderue.net/bruxelles/la-mort-est-la-vraie-vie-des-etoiles/.

      • 17 réactions 8-1-2011

        merci Marco pour le lien , je l’ai dans mes favoris , de temps en temps je les regarde ces deux « vieux »
        et je trouve cette photo toujours aussi puissante .

  8. 33 réactions 8-1-2011

    Bonjour,une belle histoire que nous, enfants du « babyboum » de la fin des années quarante pourrions conter chacun à notre manière, nous avons sensiblement les mêmes souvenirs parce que nous avons été témoin tout au long de notre vie d’ une évolution importante de la société.
    Un dernier paragraphe un peu amer, mais juste et de nouveau un bel hommage au papa disparut à la dernière phrase.
    Quant au cliché un excellent instantané.
    Amicalement.

    • 1238 réactions 8-1-2011

      Merci Robert. Euh… si tu me permets un chouïa de coquetterie à l’égard de ma naissance, je suis né au début des années soixante et non à la fin des années quarante.Mais cela ne change pas grand chose à ton constat : je crois en effet que nous pouvons témoigner de ces changements sensiblement de la même manière.Quant à l’amertume du dernier paragraphe, je ne me contenterai pas d’en rester à l’énoncé et compte bien développer dans les prochains chapitres.

  9. 23 réactions 8-2-2011

    Cette photo serait plus forte en monochrome.bien à toi,Roland

    • 1238 réactions 8-2-2011

      Roland, merci de ton passage. Ici encore, j’ai bien évidemment fait une version monochrome. Dans cette série cependant, je m’en excuse auprès des photographes, mais le texte prime et il m’a semblé que cet essai de colorisation répondait mieux à l’atmosphère que je voulais mettre en avant avec les mots.

      • 23 réactions 8-2-2011

        Oui Marco et bien compris, bonne fin de journée.

  10. 50 réactions 8-2-2011

    I love the wonderful depth and the warm tones in that photograph incredibly. Bravo!

    • 1238 réactions 8-2-2011

      Thank you Martina. I admit I had doubts towards this effect of colorization.

  11. 13 réactions 8-3-2011

    Écrit fantastique et histoire, mon traducteur a très bien fonctionné. Eh bien assez pour moi de le lire et apprécier. J’adore ce type de raconter des histoires! – I welcome all corrections..

    • 1238 réactions 8-4-2011

      Ah ! Je t’avoue que je serais curieux de voir ce que donne la traduction anglaise de ce texte. En tous cas, je suis très heureux que tu sois parvenu à suivre et que ça te plaise.

  12. 30 réactions 8-3-2011

    very pretty candid shot . love this processing and tones.

    • 1238 réactions 8-4-2011

      Merci, Mariana. Je te confesse que je n’étais vraiment pas sûr de moi sur ce coup-là.

  13. 29 réactions 8-4-2011

    Et dire que de plus en plus de belges râlent sur la nouvelle immigration… quand la solidarité disparait, la civilisation disparait aussi … pourquoi ne pas partager le peu que nous avons qui est si énorme pour d’autres !

    Un très beau cliché, une belle histoire …

    • 1238 réactions 8-4-2011

      Merci Jacques. Je crois l’avoir relevé déjà, ici ou ailleurs, dans une réponse à un commentaire : la thématique de l’immigration, de l’adaptation à l’autre et à l’ailleurs, est assurément un des thèmes que je tiens à aborder explicitement dans cette série de textes. Je prévois au moins un chapitre qui raconte l’arrivée de mon père en Belgique et les difficultés qu’il y a connues.

  14. 38 réactions 8-4-2011

    Il n’y a pas de plus belle conclusion que cette dernière phrase venant clore ce chapitre exprimant toute l’intelligence d’un père « élèvant » (sens figuré) ses enfants au rang de la tolérance, celle qui fait taire la vengeance qu’il serait, pourtant, légitime d’avoir pour tous les dirigeants despotes devenus grabataires, courbés du poids de leurs « crimes » mais dispensés de jugement pour cause de vieillesse.
    Sublime vision du père.

    • 1238 réactions 8-5-2011

      Merci Dan. Je pense bien avoir écrit tout le baratin qui précédait pour en arriver en effet à cette phrase. En même temps, le sujet m’interpelle et il me faut avouer que je n’ai pas toujours cette indulgence dans la réalité. Quoique j’en dise dans mon texte,où il ne s’agit en somme que d’un petit despote local, je demeure totalement favorable aux poursuites intentées – notamment en Italie ces jours-ci – contre les génocidaires nazis.

  15. 33 réactions 8-5-2011

    Bien des choses ici encore.
    D’abord la truculence et l’humour « sans y toucher » du tableau que tu brosses – ou que ton père vous brossait, su Populonia de son enfance – un grand plaisir, simple, entaché d’aucune ironie, à le lire.
    Ensuite, même si on peut – on doit? lui refuser toute vérité « dans l’absolu », la justesse « in situ » de ce « un homme demeure un homme », la profondeur de ta dernière phrase, si justement interprétée par Dan juste au-dessus, et peut-être au passage le pourquoi de ton rapport à ce village, que tu « convoites et quittes sans arrêt » – je cite de mémoire ta fin du chapitre précédent: ça n’est même pas après le fantôme du Populonia de ton enfance que tu cours, puisque toi petit, ce paradis était déjà perdu – comme tout paradis: toujours déjà perdu, le royaume enchanté de l’enfance étant pour toi celui de l’enfance … de ton père?
    Enfin, et parce qu’ici il faut aussi lire les interventions qui suivent ton texte, j’aime ce que te dit Patrick/Patzy, qui se définit comme un « non lecteur assidu » et souligne le plaisir qu’il a à te lire, non parce que c’est facile mais parce que tu fais naître en lui l’envie, et j’aime ta « profession de foi » en réponse: écrire pour tous, avec EXIGENCE surtout, parce que s’il est une chose qu’un auteur doit à ses lecteurs, c’est bien ceci, non? Si tous les trous du cul qui nous servent une soupe insipide sous prétexte qu’ils savent ce que veut le peuple pouvaient méditer ça – mais ils ne le peuvent justement pas… Alors comme disait l’autre: ne lâche rien!

    • 1238 réactions 8-6-2011

      Tu mets le doigt sur un point essentiel en effet : c’est bien de l’enfance d’un autre, celle de son père en l’occurrence, que le narrateur est nostalgique. A dessein, je me cache derrière le terme de narrateur, puisque ce texte revêt bel et bien le rythme et l’ambition d’un roman et que – si ce ne sont les trous du cul que tu mentionnes – on n’écrit pas un roman pour se raconter soi-même, mais bien pour confronter une part de ce qui nous anime et nous situe à ce qui anime et situe le lecteur. Alors, pour revenir à notre proposition de départ, je crois qu’il s’agit là de toute l’ambiguïté de l’émigré de seconde génération : ce pays qui nourrit son imaginaire n’existe plus. Je me souviens d’une époque où je retournais très régulièrement en Italie, tentant désespérément d’y déloger mes racines et en revenant toujours un peu déçu. J’avais écrit à l’époque : « le véritable Italien est l’émigré, l’Italien de France, d’Allemagne ou de Belgique ». Bah ! Cela n’aurait de sens – je m’en rends compte aujourd’hui – qu’au sein d’une réalité immuable. Une réalité comme on en localise éventuellement dans le merveilleux monde éternellement bleu des Schtroumphs.Sinon j’ai envie de te répondre encore que l’exigence d’écrire pour tous est une chimère. Ce n’en était peut-être pas une autrefois. Mais, de nos jours, le monde littéraire fonctionne résolument en circuit fermé. Et si je suis convaincu d’une chose, c’est qu’aucun éditeur ne te demandera, ni n’acceptera du reste, que tu écrives pour tout le monde. Il exigera de toi au contraire que tu écrives à l’intention de son public cible. On écrit donc en fonction de son éditeur, non en fonction du public. Ce qui est évidemment la voie royale pour les fameux trous du cul qui ont élevé en système la branlette collective et sectorisée. Ceci posé, rien ne m’interdit en somme de poursuivre des chimères.

  16. 15 réactions 8-8-2011

    Tu sais nous captiver par tes textes, et tes images sont toujours un bel instant superbement saisi ! Là j’aime l’ambiance paisible, les nuances, et l’attitude de cette petite dame sourire aux lèvres plongée dans « son » monde ! Belle journée à toi

    • 1238 réactions 8-9-2011

      Merci pour ces beaux compliments, Jacklineg. J’étais très anxieux de savoir si mes modules texte+image fonctionnaient un peu. Belle journée à toi aussi.

  17. 1 réactions 8-8-2011

    après avoir apprécié la photo sur VP, je prend enfin le temps de lire le texte qui l’accompagne ici. C’est une très belle histoire que tu nous racontes là et la photo en prend toute sa dimension. Je ne sais pas lequel des deux, entre le texte et la photo, explique l’autre, mais ils vont très bien ensembles et s’en trouve magnifiés. Bon ben je vais aller faire un tour sur les autres chapitres alors 😉

    • 1238 réactions 8-9-2011

      Bienvenue ! Bienvenue par ici, Ga-L. Oui, j’ai conçu le texte et l’image avec une même intention. La seconde était d’abord en N&B : je lui ai rendu des couleurs à mesure que j’en donnais au texte. Heureux que cela t’aie donné l’envie de parcourir les autres chapitres.

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