Alors, il faut pouvoir redescendre à présent, prendre sur soi et se satisfaire de la chose accomplie. Il faut pouvoir affronter les choses à hauteur d’homme : les bonnes et les mauvaises, savoir que la vie ne mise rien pour toi et rien contre toi. C’est juste de la vie. C’est comme ça. Ça prend du moche quand ça lui chante, du bon quand ça lui vient. Ça n’explique pas, ça ne raisonne pas. Et quand ça s’arrête, on n’est pas plus avancé : on se bouloterait tout l’entendement à chercher du sens.

Bien sûr, j’ignore où l’on s’en va après la mort. Mais je ne me sens pas le besoin de me raconter des histoires. Je ne me rassure pas à m’inventer je ne sais quelle survie subsidiaire. Je ne crois et ne tiens qu’à cette vie-là, une vie comme toi et moi, avec son arbitraire et ses non-sens, ses hauts, ses bas, son quotidien, ses rancœurs, ses lâchetés, ses impertinences, ses tréfonds inavouables et ses élans magnifiques. Et je me fiche bien de fantasmer mon père dans quelque réel alternatif. C’est dans cette vie-là qu’il me manque et c’est exclusivement là que je veux me le représenter.

Je veux me souvenir de tout. De tout ! Et l’emporter comme une chose à moi. Je veux assumer comme une chose à moi cette vie d’homme, en retracer le cheminement comme mon propre cheminement. Je veux savoir que ce cheminement perdure et qu’il m’accompagne aussi longtemps que je respire. Après ? Je me fous d’aller beugler des cantiques, du rap ou du flamenco avec des anges ou du diable. Si, en dépit de tout ce que j’éprouve, il devait exister cependant un plan supérieur, moi je n’ai rien signé : cela ne me concerne pas.

Nous étions revenus à la voiture. Quelqu’un parlait vaguement de vie après la vie et j’en étais à me dire que ça ne me concernait pas. Le soleil, lourd et poisseux comme une grosse fatigue, grillait la poussière devant les remparts de Populonia. On palabrait pour savoir qui monterait tout de suite dans la voiture, qui serait du second voyage et se taperait un bout du trajet à pieds. Lorenzo voulait remettre ça, Angela était partante également. J’avais gagné ma place sur le siège arrière, entre mes tantes. Mais aussitôt parvenus en bas de la colline, j’ai dit à Paolo de m’arrêter là, que je voulais me balader un peu sur le rivage de Baratti en attendant Lorenzo et Angela.

Le golfe de Baratti était un des lieux que je préférais lorsque j’étais enfant. J’aimais énormément la pinède. Les troupes américaines y avaient leur cantonnement à la Libération : mon père s’était engagé dans les troupes auxiliaires et c’était donc une histoire que nous connaissions bien. Plus tard, le Club Méditerranée s’y était installé et ça aussi nous le savions bien. Mais lorsque j’étais enfant, il n’y avait plus personne : elle me semblait toute à moi, la pinède. J’aimais aussi la visite que nous ne manquions jamais de faire à la nécropole étrusque.

Le guide et gardien de la nécropole, un petit homme courtaud avec une élocution comme une bourrasque de neige, était un ami d’enfance de mon père. Il menait toujours les visiteurs au pas de charge, mais nous, nous avions le droit de nous ébattre partout entre les tumuli et ça nous prenait le temps de trois ou quatre visites de nous rejouer les guerres étrusques. Ça ne devait pas ressembler à grand-chose de découvrir une civilisation aussi singulière au pas de charge. Mais, en somme, c’est ce que demandaient les touristes : un petit tour digestif et frugalement édifiant avant de retourner à la plage.

Au fond, je crois que le petit homme courtaud de la nécropole n’était pas vraiment un ami de mon père. Ils avaient sans doute grandi dans la même zone. Ils étaient contents de se parler, d’évoquer des souvenirs, mais entre eux il n’y avait pas de vraie chaleur. Avec ses amis, mon père avait un comportement très différent : ça n’avait pas besoin de paroles, c’était du silence, du sourire et de la confiance. Ça racontait plein de choses avec le silence et ça démentait, d’un seul regard, toute l’absence et tout le temps qui file.

Enfants, nous avons connu plusieurs amis de notre père. Je me souviens surtout de Silvano Landi et de Franco Briglia que nous visitions chaque année. Silvano était un enfant de Populonia. Franco était né à Baratti et était fils de pêcheurs. Le hameau de Baratti, à l’époque, c’était quatre grosses masures de pêcheurs accolées les unes aux autres. Des filets pendaient devant les maisons. Là, vivait Torre Briglia, le père de Franco. On s’engouffrait dans sa maison comme dans une gorge. Et l’on devinait, dans la fraîcheur de la pénombre, des savoirs et des gestes qui étaient comme des états d’âme et que nous n’étions déjà plus supposés comprendre.

J’ai fait, ces jours-ci, un rêve singulier : nous étions revenus nous établir en Italie, mon ex-femme et moi, et nous occupions justement la maison de Torre Briglia. Je me représentais assez bien l’intérieur et ça ne ressemblait pas du tout à la réalité. Dans le rêve, l’espace était très vaste et aéré : une enfilade de grandes pièces lumineuses. Mais c’était bien une des maisons de pêcheurs de Baratti : nous pouvions contempler le golfe en nous affichant à la fenêtre. Alors, j’avais le sentiment que nous avions enfin trouvé ce qui nous avait manqué toutes ces années. Je savais que nous n’aurions plus jamais de raison de nous bouder, de nous contredire, de nous chamailler, de nous décevoir. Et qu’il nous suffirait simplement de considérer la mer pour être tout l’un pour l’autre.

C’est à Baratti que ma mère et mon père se sont rencontrés.

Baratti – je l’ai dit – ce sont ces quatre maisons de pêcheurs et puis ce bar qui fait angle avec la montée de Populonia et qui, aujourd’hui encore, appartient à la famille Canessa. Chez Canessa, nous allions autrefois chercher des granite au citron pendant que notre père demeurait avec Franco et Torre Briglia. J’ai toujours su que mes parents s’étaient rencontrés à Baratti, mais ce n’est que récemment que  j’ai localisé l’épisode au zinc de Canessa.

Mon père racontait : « J’étais tranquille, je traînais en moto le long du golfe, à Baratti. Sur la route, il y avait des filles qui passaient, des Françaises et des Belges du Club Méditerranée qui venait de s’installer sous la pinède cette année-là. Je me suis arrêté chez Canessa. Je pensais à des choses à moi en mangeant un sandwich à la mortadelle sur la terrasse. Là, je vois un groupe de filles qui rappliquent. L’une d’elle vient tout droit dans ma direction et me demande je ne sais plus quoi. Eh ! Si j’avais été plus malin alors, je n’aurais pas cherché à savoir : je serais reparti tout de suite sur ma bécane et adieu mes frères. »

Ma mère déballait à son tour : « Nous nous baladions, ma sœur et moi et deux amies françaises, sur la route qui va vers les maisons de Baratti. Là, nous voyons un bar avec des lampions. Nous entrons. Au comptoir, il y a ce garçon tout seul qui boit un café. Je suis allée vers lui pour lui demander la raison de ces lampions et si l’on dansait dans ce bar. Il m’a répondu qu’il n’en savait rien, mais que ses sœurs travaillaient au Club Med et qu’on pouvait leur demander. Il s’est montré très gentil. Nous avons sympathisés tout de suite. Il m’a dit qu’il était de Populonia, ce petit village que nous apercevions tout en haut de la colline, et qu’il nous y amènerait si cela nous faisait plaisir. »

Ma mère reprenait : « Il était donc au comptoir et buvait un café. » Mon père corrigeait : « O bimba !  Sur la terrasse, que j’étais. Et j’ai encore dans la bouche le goût de mon sandwich à la mortadelle ». « Un air avenant », avançait-elle. « Envie qu’on me fiche la paix », énonçait-il. Bon. Et après ? C’était les années 50 : mambo, chacha, samba, spoutnik et « vous habitez chez vos parents, mademoiselle ? » « Norma et Liliana travaillaient au Club Med, confirmait ma mère. Elles nous avaient parlé déjà de leur frère qui traînait dans le coin sur sa moto. Nous nous entendions bien avec Liliana et Norma. Nous avons décidé de toutes nous retrouver chez Canessa à l’heure où l’on dansait. » Il était là, lui aussi. Mais pas question de se compromettre sur la piste de danse. Il restait à considérer tout ça en buvant un café ou en avalant un sandwich à la mortadelle.

C’est toujours ainsi que j’ai connu mon père : il se tenait un peu en retrait des choses. Puis, s’il se décidait à y participer tout de même, c’était un galop de charge, un cyclone, une insurrection populaire. Aussi, je me représente bien ma mère et mes tantes bougeant sur des musiques de Marino Marini et Renato Carosone, tandis que mon père demeure à l’écart. Elles qui dansent, lui qui regarde, sans faire mine d’y toucher. Dans les jours qui suivirent, il emmena, comme il l’avait promis, ma mère et sa sœur à Populonia. C’est sur le trajet qu’eut lieu le fameux épisode de la vipère.

A présent, je me suis campé à mon tour sur la terrasse de Canessa. Des smalas de touristes trempent des brioches industrielles dans des Capuccino. La terrasse est le meilleur endroit pour guetter l’arrivée de mon frère et de ma sœur. Mais j’ai du temps encore.

Je me pointe au zinc, commande un espresso. Reste-t-il des sandwichs à la mortadelle ? La môme derrière le zinc me répond que non et tente de me fourguer une de ces infectes brioches industrielles. Machinalement, je décline en toscan : « ‘un me garba », lui dis-je. Elle ne me comprend pas. « Non mi piace – je n’aime pas ça », suis-je obligé de traduire. Puis, nostalgique et futile, je lui demande si l’on danse encore le soir, dans l’arrière-salle du Canessa. « Vous devez vous tromper, me répond-t-elle, quasi péremptoire. C’est un restaurant. On n’a jamais dansé au Canessa. » Je prends acte et me replie d’abord sur la terrasse. On y parle français, allemand, flamand. J’évacue mon café et m’en retourne jeter mes souvenirs en V .O. sur le littoral.

Sur la plage devant Canessa et les quatre masures de pêcheurs, il n’y a jamais grand monde. Plus loin, en direction de la pinède et de la nécropole, c’est une plage de sable, mais ici ce ne sont que de mauvais galets noirs qui s’enfoncent loin dans la mer. Les oursins y pullulent. Lorsque l’on a marché une fois sur un oursin, comme il m’est arrivé de le faire lorsque j’étais enfant, on plante résolument son campement et ses envies de baignade ailleurs.

J’ai cherché l’ombre d’un figuier et me suis activé ma caporal. A quelques pas, j’avise un couple de vieilles personnes qui s’engage prudemment dans l’eau. Ils portent des petites sandales en plastique translucide : ce sont des gens d’ici, ou alors on a dû les prévenir pour les oursins. Mais les vieux, ça ne se tape pas cent ou mille bornes juste pour le plaisir de se mouiller les orteils et je tranche : ils doivent venir de Venturina ou de Piombino.

La mer est blonde à cette heure de la journée, le soleil y miroite de l’embrasement, des étincelles. L’homme s’avance en éclaireur. La femme le suit, posant souvent, comme pour se retenir de tomber, le bout des doigts sur le dos de son époux. J’observe un temps leur patiente progression. Arrivés aux ruines du ponton, ils marquent tous deux l’étape pour rajuster leurs sandales. Alors, je ne sais pourquoi, mais pour la première fois aujourd’hui, observant la complicité de cette scène, je me sens soudainement très seul et déprimé.

Comme s’il y avait je ne sais quelle impudeur à les épier, je détourne aussitôt les yeux de mon couple de vieux. Je regarde la route. Dans un moment, mon frère et ma sœur vont s’y pointer. Je n’ai que ce moment à combler, mais je ne sais qu’en faire. Le souvenir et la solitude ont cessé de m’apaiser. Ce que j’aimerais maintenant, c’est me jeter sur la route, au guidon de ma quatre cylindres, puis me mettre à chercher un endroit où je pourrais à nouveau considérer les êtres et les choses sans anxiété. Ou alors, arrêter une femme qui passe et lui parler et lui prendre la main et la convaincre que l’on peut interrompre le temps qui file en nous lançant tous deux, résolument, dans la vague.

 

  • Où : Baratti (fraz. di Piombino)
  • Quand : 11 juillet 2011.
  • Appareil : Canon Eos 60D.

le 24 novembre 2011 | rubrique Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 29 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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29 Réactions

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  1. 7 réactions 11-24-2011

    C’est fou, …. je n’avais plus l’image de ces maisons de pêcheurs, mais en lisant ton texte, je nous ai revus dedans il y a tant d’années, tous les 6.
    Je me souviens de cette odeur particulière qui y regnait.
    Je n’en peux plus de cette nostalgie
    J’aimerais qu’il revienne, et qu’on y retourne avec lui ….
    Je voudrais qu’il me reprenne dans ses bras comme quand j’étais petite, je voudrais arrêter de pleurer quand je pense à lui !!!

    • 1238 réactions 11-28-2011

      Je crois qu’il faut quitter la nostalgie, Brigitte. Vivre cette mémoire comme une chose qui est nôtre et nous construit au présent.

  2. 30 réactions 11-24-2011

    wow.. this is an excellent image and capture of these two 😉 Love it .

    • 1238 réactions 11-28-2011

      Très heureux que tu apprécies cette image, Mariana.

  3. 34 réactions 11-24-2011

    Sympa les anciens plus de boulot et les pieds dans l eau c’est sympa non
    bravo pour ta photo

    • 1238 réactions 11-28-2011

      En vérité, je les avais beaucoup dans l’eau moi aussi. Boulot ?

  4. 7 réactions 11-24-2011

    Je me souviens, j’étais à côté de toi quand tu as pris cette photo !!
    Je me souviens de ces deux vieilles personnes !!
    Ce jour là, il faisait une chaleur d’enfer, et je me souviens t’avoir dis  »je donnerais n’importe quoi pour faire comme eux », et pourtant, même si la mer était vaste il n’était pas question de les déranger !
    En les regardant, je voyais l’amour qu’ils se portaient l’un à l’autre !!
    Ils étaient calmes, silencieux, en entendait juste les allées et venues des vagues !
    Oui, …. je voyais de l’amour, ….. l’amour que deux vieux peuvent encore se donner après tant d’années passées ensemble.
    En les voyant, je ne pouvais m’empêcher de penser à nos parents, ….. et j’entendais papa dire  »Cammina vecchia bavosa !! (désolée pour mon italien tellement médiocre)

    • 1238 réactions 11-28-2011

      Oui, c’est exactement ça ! Et le « vecchia bavosa », je l’ai entendu moi aussi. Tout ce chapitre évidemment est construit autour de l’idée du couple, celui qui se cherche et celui qui se révèle capable d’affronter la vie, le vieillissement ensemble. En revanche, je ne me souvenais pas que vous étiez déjà arrivés quand j’ai pris cette image. Il me semble que j’ai suivi la progression de ces vieux très longtemps. Ou peut-être pas. Le temps évoquait infiniment de suspension ce jour-là.

  5. 19 réactions 11-24-2011

    Ottima la prospettiva diagonale e molto interesanta il processo di trasformazione in bianco e nero, la forte luce viene ammorbidita ed é molto piú gradeve la visione

    • 1238 réactions 11-28-2011

      Grazie Fabrizio. La légère teinte avait en effet pour but d’adoucir les hautes lumières. En revanche, je craignais que la compression de l’image pour le site enlevait à celle-ci un peu de sa pertinence.

  6. 2 réactions 11-26-2011

    Bonjour Marco,

    Oui une excellente photo!
    Merci de ta visite et commentaire!

    • 1238 réactions 11-28-2011

      Merci à toi Roland.

  7. 50 réactions 11-27-2011

    What a wonderful image – I love the high key black and white treatment and the fabulous composition. A real masterpiece!

    • 1238 réactions 11-28-2011

      Merci Martina. Oh, ce n’est pas tout à fait du High Key : j’ai hésité à cet égard, mais je voulais décidément quelque chose de plus léger.

  8. 51 réactions 11-28-2011

    Faire trempette en douceur, j’aime ces barres de bois qui structurent ton image et les soutiennent en même temps. Et la lumière est belle !

    • 1238 réactions 11-30-2011

      Merci Aurore. Il y avait quelque chose comme 40 degrés à l’ombre. Je pensais donc plutôt trempette que lumière et structure. Mais non, je plaisante. Il était vraiment impossible de ne pas penser à la lumière.

  9. 17 réactions 11-29-2011

    Une très belle photo ou la simplicité est au service de l’émotion et du sujet principal, le résultat est au rendez-vous !!
    Bonne journée et @+ sur les ondes,
    Au plaisir de vous lire

    • 1238 réactions 11-30-2011

      Merci Wolfen. Je suis plutôt partisan de l’économie de moyens chaque fois que c’est réalisable.

    • 1 réactions 1-13-2014

      Vraiment réussi ce récit. Un vrai plaisir à lire.

  10. 9 réactions 11-29-2011

    …..des émotions dans chaque ligne de ton récit…mais la fin me plait:
    « Ce que j’aimerais maintenant, c’est me jeter sur la route, au guidon de ma quatre cylindres, puis me mettre à chercher un endroit où je pourrais à nouveau considérer les êtres et les choses sans anxiété. Ou alors, arrêter une femme qui passe et lui parler et lui prendre la main et la convaincre que l’on peut interrompre le temps qui file en nous lançant tous deux, résolument, dans la vague. »….je trouve cela très positif et tu me donnes cette envie de le lancer aussi !!!!!!!;-)))…une photo si parlante!!!si douce!!!

    • 1238 réactions 11-30-2011

      Merci Manola. Je veux absolument éviter le larmoyant. Pour m’assurer de le faire, j’ai tendance à écrire les finales avant le reste et de ployer le texte vers cet objectif.

  11. 2 réactions 11-30-2011

    Marco, c’est une superbe photo du vieux couple dont on peut bien imaginer une longue vie vécue ensemble et qui se vit encore ensemble. J’ai beaucoup apprécié ton texte, tes souvenirs, histoires, et ton partage.

    • 1238 réactions 12-1-2011

      Quant à moi, Angelina, je vais profiter de cette réponse pour te remercier publiquement. Je me dépatouillais mollement avec les séquences narratives de ce texte et c’est sur toi que c’est tombé : il a fallu que je vide mon sac pour m’éclaircir les idées et c’est en te parlant et en écoutant tes réponses que j’ai eu l’idée de la structure de ce chapitre.

  12. 32 réactions 12-2-2011

    j’avais beaucoup de mal à regarder le corps dénudé de mes parents vieillis. Ces vieux corps ne leur appartenaient plus comme de vieux vêtements que l’on jette sur les épaules pour les user jusqu’à la corde mais que l’on aime déjà plus.
    Je retrouve cette même sensation d’indécence en regardant photo d’un œil en coin. Elle est belle et elle tord le cœur.
    Et me revient ce refrain qui m’accompagne quand je me regarde dans la glace. Jusqu’à quand supporterais-je ces vieux oripeaux que je garde encore un peu par un reste d’affection pour les splendeurs passées.

    • 1238 réactions 12-4-2011

      Oui, je comprends cette répugnance et t’avoue que je n’ai pu me retenir de lisser un peu les corps de mon couple de vieux. De même, j’ai hésité longuement à leur destiner mon objectif et ne m’y suis résolu que lorsque la situation s’est imposée. C’était de ma part une sorte de pudeur, mêlée tout de même d’un peu de complaisance : c’est toujours les autres, non soi-même, que l’on regarde d’abord vieillir. Non ?

  13. 32 réactions 12-4-2011

    Alors j’ai sans doute ce triste privilège de regarder avec une affection désabusée ce château de sable que rongent les vagues inexorables du temps.

    • 1238 réactions 12-5-2011

      Le temps qui file, on nous bassine sans cesse avec l’idée que ça se passe dans la tête. Moi, je t’avoue que ça me perturbe encore plus si ça se passe dans la tête.

  14. 4 réactions 12-21-2011

    Une très belle réalisation qu’il me reste à finir de lire et qui a une parenté certaine avec l’esprit de Des Photos qui content. Mention spéciale pour cette photo d’exception. Tout, le plan large, l’uniformité du décors, l’incongruité du sujet convergent pour en faire une photographie à part qui marque durablement l’esprit.

    • 1238 réactions 12-21-2011

      Bienvenu par ici Emmanuel. Alors, je viens de passer un long moment sur « Des photos qui content ». Un objet étrange et ambitieux, un météore sont je suivrai le sillage avec la plus grande curiosité, recommandant à mes visiteurs d’en faire de même.

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