[Le Ceneri del Padre – Les Cendres de mon Père – est un projet qui me tenait à cœur. J’avais envie de pousser un peu l’expérience qui consiste à entretenir images et textes dans une même dynamique. Dans les pages qui suivent, je veux chercher une cohérence, un fil conducteur à mes publications et tenterai de raconter une histoire en épisodes. Que la démarche vous convainque, vous indiffère ou vous débecte, je suis anxieux de recueillir vos avis et vous en remercie d’avance.]

Nous étions tous les quatre, ce soir-là, à Calamoresco. J’étais demeuré au sommet de la falaise, à fumer, à penser à des choses à moi. Les autres avaient filé tout droit sur le sentier qui mène à la plage de galets. J’entendais la voix de Lorenzo qui les invitait à se dépêcher. Je n’entendais ni Angela, ni Paolo, mais je pensais qu’ils avaient atteint à leur tour la plage de galets. Nous étions quatre frères et sœur à Calamoresco. Et ce matin, nous avions ramené les cendres de notre père, là-haut, à Populonia.

Ç’avait été une journée brûlante et poisseuse de sirocco. Nous étions montés à la citadelle de Populonia, avions emprunté le sentier de rocailles qui mène au cimetière, mais nous n’avions pas eu le cœur de pousser jusqu’au cimetière. Nous avons répandu les cendres dans le maquis. Nous les avons rendues à la broussaille et au vent de Toscane. Puis, nous sommes redescendus sans parler jusqu’au Golfe de Baratti et à la nécropole étrusque.

A présent, perché tout seul en haut de la falaise de Calamoresco, je me disais que nous aurions pu répandre les cendres dans la nécropole, sur cette terre lisse et rouge des Etrusques. Mais j’en convenais aussitôt : c’était une idée idiote. Une idée qui me venait comme ça, pour donner un peu de contenu et de couleurs à mes pensées. Parce que notre père en somme se fichait bien des Etrusques. Notre père préférait cette terre de sueur et de rocailles qui l’avait vu naître et grandir et trimer tout en haut de la citadelle.

Je demeurais encore un peu au sommet de la falaise, à Calamoresco, fumant, ruminant des choses à moi. Et je m’étonnais d’entendre aussi claire et proche la voix de mon frère Lorenzo. Des deux autres, aucun son, mais les mots de Lorenzo m’indiquaient qu’ils se préparaient tous trois à se baigner dans la mer. J’ai commencé à descendre le sentier le long de la falaise. La plage de galets était déserte. Lorenzo, Angela et Paolo se faufilaient entre les rochers, cherchaient un peu de profondeur pour s’élancer dans le soleil couchant.

Le ciel avait des gestes amples et appliqués au-dessus de l’eau. Je regardais mes frères, ma sœur qui s’avançaient dans l’eau. Je ne songeais pas à les rejoindre, préférais demeurer là, à fumer et à réfléchir.  Ce matin, au moment de répandre les cendres, un léger souffle de vent en avait ramenées une partie dans ma direction. C’était une cendre toute blanche qui m’avait effleuré les mains et s’était posée sur mes avant-bras. L’incident avait échappé aux autres et je ne leur en avais pas parlé.

Je songeais à cette infime poussière de mémoire qui s’était posée sur mes avant-bras. Je songeais qu’il fallait que j’en parle à ma mère, à mes frères, à ma sœur, que je leur explique qu’une partie des cendres n’avaient pas regagné la terre et le maquis, mais qu’elles étaient venues se coller à moi. Qu’elles m’étaient revenues comme une ultime étreinte. Je me répétais qu’il fallait absolument que j’en parle, mais ne parvenais pas à m’y résoudre.

Car en somme, parler reviendrait à donner une importance exagérée à l’épisode, me disais-je. Que c’était un peu une manière de m’accaparer je ne sais quelle part de l’affection de mon père que je ne méritais pas davantage que les autres, me persuadais-je. Lorenzo, Angela et Paolo s’aventuraient toujours plus loin dans les vagues. Ils avaient besoin de ce moment de détente et de légèreté. Qui étais-je pour le leur plomber ?

Alors, j’ai considéré que j’aurais eu sans doute également besoin de ce moment de détente et de légèreté, si je n’étais pas de cette sorte d’hommes qui trouvent plus de réconfort à la réflexion qu’à l’acte, au silence qu’à l’échange, à la solitude qu’à la compagnie. Je n’avais nulle envie de m’en faire ou de m’en vouloir pour si peu, mais cela me permettait de mesurer à quel point j’étais différent de mes frères et de ma sœur. Ensuite, ayant constaté ça, l’ayant combiné à ma sauce et dûment verbalisé dans ma tête, j’ai songé également à ce qui nous rendait semblables.

Et j’ai songé à notre père qui n’était pas réellement dans ce petit tas de cendres éparpillées, qui n’était plus rien de ce qui s’incarne et se tourmente et souffre, mais qui était une force, une volonté et une douceur. C’était cette force, cette volonté, cette douceur qui nous avaient formés et que nous continuions de partager tous les quatre. C’était elles encore, me disais-je, qui nous avaient réunis tous les quatre, ce soir-là, sur la plage de galets de Calamoresco. Alors, j’ai enlevé ma chemise, je l’ai jetée sur la plage et j’ai rejoint les autres.

Le Ceneri del Padre, chapitre suivant : 2. L’embouteillage ou Mais tu ne connais pas Caparezza ?

  • Où : Piombino, Calamoresco
  • Quand : 12 juillet
  • Appareil : Canon EOS 1000D

le 23 juillet 2011 | rubrique Piombino e dintorni, Projet : les cendres de mon père | 29 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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29 Réactions

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  1. 1238 réactions 7-23-2011

    Les abonnés à ma liste de diffusion l’auront relevé : la publication de cet article fut quelque peu chahutée. Je m’en excuse auprès d’eux. Des raisons familiales m’ont contraint à revoir ma copie et à modifier l’image postée.

  2. 7 réactions 7-23-2011

    Que dire de plus après avoir lu un pareil texte ….
    En lisant ton texte, je me suis d’abord dit  »quelle chance » papa est revenu à toi le temps de quelques secondes, le temps que quelques micro-grammes de cendres.
    Le moment fut très éprouvant pour moi, dix mois après son décès, je me sens démolie chaque jour un peu plus !! Moi aussi j’ai un moment rien qu’à moi que je n’ai jamais partagé avec personne.
    Il est peut être temps de le faire …..
    Une ou deux semaines avant son décès, je me suis un jour retrouvée seule avec lui dans sa cuisine.
    Comme tu le sais, mes talents culinaires, c’est à lui que je les dois.
    Ce jour là, nous parlions de sa fameuse recette de lasagnes, à un certain moment il s’est arrêté de parler, il m’a regardée et … a ouvert ses bras.
    Il m’a prise dans ses bras et m’a embrassée tendrement sur le front, en me serrant très fort !
    Je n’ai pas compris pourquoi sur le moment même.
    J’étais bien près de lui, seule, …. un moment avec mon papa juste pour moi !!!
    Quel bonheur !!
    Quand je pense que le jour de son décès je n’ai pas osé l’embrasser.
    J’avais peur de cette froideur qui ne le caractérisait pas du tout !
    En fait, je voulais garder pour moi ce moment si doux que j’avais partagé avec lui quelques semaines plus tôt !

    • 1238 réactions 7-25-2011

      Heureux que tu t’exprimes ici, Brigitte. Nous partageons cette même douleur. Mais en somme, nous la partageons ou la partagerons tous un moment ou un autre.

  3. 33 réactions 7-23-2011

    Une belle et profonde réflexion sur nos proches qui ne sont plus avec nous, et, également un bel hommage à votre papa. Amicalement

    • 1238 réactions 7-25-2011

      Merci Robert. La perte du père est nécessairement un questionnement sur la mémoire et l’identité. C’est ce que j’ai voulu exprimer et approfondir en me lançant dans ce projet.

  4. 45 réactions 7-24-2011

    Ton texte m’a émue à un tel point qu’il m’est impossible de faire un commentaire. Nous avons tourné une page ! Papa est retourné où il avait voulu ! Pourtant, je ressens sa présence auprès de moi constamment, tous les jours ! Tu affiches une belle photo de la mer au coucher du soleil ! Combien de fois n’ai-je pas, avec lui, admiré le coucher du soleil à Calamoresco du haut de la falaise ! Il aimait cet endroit …… Or il détestait la mer et la plage !!

    • 1238 réactions 7-25-2011

      Non, non, je ne veux pas tourner une page. Je veux y inscrire quelque chose à ma manière, « al modo mio » comme il disait souvent.Et que chacun, familier ou non, y trouve matière à questionnement ou à soulagement.

  5. 2 réactions 7-25-2011

    un superbe texte!!!et une tres belle photo!en somme un tres grand hommage a ton pere!a te lire et regarder, la chanson de sardou trotte dans ma tete,: »je viens du sud ». J’ai dans le coeœur, quelque part,
    De la mélancolie,
    Mélange de sang barbare
    Et de vin d’ltalie,
    Un mariage à la campagne
    Tiré par deux chevaux,
    Un sentier dans la montagne
    Pour aller puiser l’eau.
    J’ai au fond de ma mémoire
    Des lumières d’autrefois
    Qu’une très vieille femme en noir
    Illuminait pour moi,
    Une maison toute en pierres
    Que la mer a rongée
    Au-dessus d’un cimetière
    Où les croix sont penchées.

    Je viens du sud
    Et par tous les chemins,
    J’y reviens…

    • 1238 réactions 7-25-2011

      Ah ! Je suis heureux de t’accueillir enfin dans cet espace, Yves. Ta présence, sensible et sincère, y manquait. Alors, je te confesse avoir peu d’atomes crochus avec Sardou, mais j’en conviens : ta citation est tout à fait éclairante. Ce « je viens du Sud et par tous les chemins j’y reviens » explicite d’emblée l’un des thèmes que j’ai bien l’intention d’explorer et d’éprouver dans cette série de textes et d’images.

  6. 23 réactions 7-25-2011

    Une belle composition et des couleurs uniforme très plaisante à regarder, félicitation!
    Et très bon texte!

    • 1238 réactions 7-25-2011

      Merci Roland. Oh, mon expertise du paysage est des plus limitées, mais il m’en fallait décidément un pour lancer cette série. J’en ai une version N&B qui me convient mieux. Mais elle avait décidément un petit aspect lugubre qui eût trop orienté la lecture du texte.

  7. 14 réactions 7-25-2011

    Bonjour Marco!
    C’est difficile de dire quelque chose… Si je m’arrête à la photo sans le texte, elle est très bien mais trop carte postale à mon goût (je te préfère dans les clichés plus « engagés »). Et en général, je regarde te photos avant de lire les textes, on diffère là-dessus, j’aime quand une photo parle d’elle-même, même si on ne la comprend pas, même si je comprends autre chose que ce qu’elle dit.
    Mais je lis toujours tes textes, avec attention et souvent intérêt, et celui me touche particulièrement, m’émeut. Si, comme tu me l’as si délicatement (et fort généreusement) écrit un jour, « on a dû se croiser », on aura aussi, dans quelques mois, sans doute à quelques jours près, le même type d’anniversaire à vivre (le premier si j’ai bien compris). Et alors, du coup, ce texte donne un sens à cette photo qui ne fait plus du tout carte postale, même si elle en a l’apparence. Alors du coup je trouve que tu commences là un beau, un difficile mais sûrement nécessaire travail. Il sera chargé d’un sens dont toi seul pourra en peser le poids, au gramme près. Nous on ne pourra que l’évaluer, à la plus ou moins grosse louche. Alors, que puis-je dire, sans parasiter ta photo, ton texte…
    Vas-y Marco, continue, fais-le ce travail, pour toi, pour les tiens, pour d’autres peut-être aussi.
    Et pour lui.

    Amitiés,
    Oli.

    • 1238 réactions 7-25-2011

      Je réalise en effet à quel point il doit être malaisé d’intervenir ici. Ce projet a bien évidemment des accents personnels, mais c’est mon principe de n’écrire que ce que je connais et éprouve et j’espère que le sujet touchera tout le monde. Alors, je n’apprécie pas plus que toi les cartes postales, mais il m’a semblé qu’il me fallait en sortir une ici, ceci justement afin de désamorcer un peu les éléments privés du texte et conférer à celui-ci une amplitude élargie. Mais je crois que tu as parfaitement compris tout ça. Ceci posé, on a dû se croiser et on se croisera assurément encore, Olivier.

  8. 4 réactions 7-25-2011

    oh…revoilà Marco, celui qui vit, inspire et expire et donne des mots pour le dire. Depuis la lecture de ton livre « Sur les épaules du fleuve », une soif m’était venue qu’adviennent d’autres mots, d’autres phrases qui disent …ce je ne sais quoi qui t’anime. Voilà. J’ai mis un caillou blanc dans le cimetière qu’est souvent notre esprit. Que le sol se recouvre et nous le ratisserons chaque jour comme un nouveau jardin. Merci

    • 1238 réactions 7-25-2011

      Kiki… ton commentaire me laisse sans mots, tant il me fait plaisir. Tiens ! Je n’ai plus de mots, mais si je nous fredonnais une ritournelle de mon pays, tandis que nous picorons deux olives et savourons le vin ?

  9. 15 réactions 7-26-2011

    Une séparation douloureuse avec un proche, un être cher, on y a tous été confrontés, mais peu sont ceux qui rendent un si bel hommage à leur Père avec de si belles lignes et une image aussi sublime comme tu l’as fait ! Et tu verras, tout comme les cendres sur tes avant-bras, tu sentiras souvent sa présence et ses étreintes … Les êtres que l’on aime ne nous quittent jamais ….

    • 1238 réactions 7-26-2011

      Je te remercie de ton intervention, Jacklineg. Je ne sais trop où je m’engage avec cet espèce de « roman en direct » et je suis heureux de constater que cela touche et fonctionne un peu. Quant aux étreintes, l’écriture de ce texte en est une à chaque mot, chaque souvenir, chaque instant.

  10. 17 réactions 7-26-2011

    il y a des fois où ce n’est pas l’envie d’écrire un commentaire…Il y à des fois où j’aimerais poster une musique, une image ou autre en contrepoint de ce que tu nous laisses à voir afin de te laisser apparaître les chemins que nous parcourons grâce à tes invitations…Don contre don si cher à Marcel Mauss???…En tout cas une forme d’interactivité qui me plairait et qui satisferait mon manque certain à laisser de pauvre mots sur un clavier quand l’émotion est belle et ma propension à toujours vouloir sortir des cadres que l’on me propose/impose!!!!LOL

    • 1238 réactions 7-26-2011

      Oui, je te suis bien, Florence : ce serait beau si chacun pouvait amener sa musique, ses images. D’accord, je vais plancher sur la question.

  11. 38 réactions 7-29-2011

    Que ne faut-il de courage pour se résoudre à la cruelle absence de ses chers disparus, tenter de les faire revivre, saisir et interpréter des faits qui se veulent être des signes d’amour et d’affection, de soutien, pour tenter de faire taire la souffrance des vivants.
    L’image est en symbiose avec les faits d’un coeur qui se soulage, sereine et paisible, douce comme un souvenir dans les méandres de la mémoire.
    Vogue la galère.

    • 1238 réactions 7-31-2011

      Merci, Dan. Je ne suis pas convaincu qu’écrire soulage. Écrire exacerbe au contraire. Mais c’est assurément aussi une manière de se soulager que de défier ses fantômes en les regardant en face.

  12. 2 réactions 7-31-2011

    c’est parti…
    j’ai passé un beau moment à te lire.. à ressentir..à visualiser…
    pour la photo.. je ne sais pas.. je ne la trouve pas aussi chargée d’émotions que ton chapitre 1
    je trouve que c’est un exercice difficile du reste… trouver La Photo qui ira avec Le Texte

    • 1238 réactions 7-31-2011

      Oui, j’avoue n’avoir pas poussé très loin mes recherches pour la photo. Il me semblait que c’était une quête un peu vaine de dénicher une image dont l’intensité dramatique correspondrait au texte, que j’avais intérêt au contraire à me montrer le plus neutre possible dans l’illustration. Une carte postale en somme. Ce commentaire est valable aussi, du reste, pour le chapitre 2. Je me rattraperai plus tard. A part ça, tu le sais, je suis vachement content de t’accueillir par ici, Karine.

  13. 51 réactions 8-20-2011

    J’aime bcp ce paysage, très sombre à droite avec cette « patte » noire de terre qui descend dans la mer, mais le voilier poursuit sa route vers un horizon joliment célairé. Les beaux souvenirs sûrement…

    • 1238 réactions 8-20-2011

      Merci Aurore. Oui, ce voilier – il était à l’ancre, mais chut… – doit forcément nous mener ailleurs. Comme je vais d’ailleurs essayé de le faire dans les chapitres suivants, mais très très progressivement… à l’allure d’un voilier.

  14. 15 réactions 9-3-2011

    voilà, je voulait laisser un mot depuis le début. je trouve que c’est une description délicate, d’un être cher qui s’en va, même, si parfois l’attachement est seulement familial, il contribue à façonner un bon nombre de chose, malgré nous. l’atmosphère du paysage est très belle. (je savais pas qu’il y avait aussi de la terre rouge en toscane, comme dans le salento)

    • 1238 réactions 11-15-2011

      C’est la terre rouge des Étrusques, Fernanda. Et puis, quoi ? Tu n’as jamais entendu dire que la Toscane demeurait un bastion rouge ? Enfin ! Rose, si on veut continuer à jouer sur les mots.

  15. 18 réactions 11-15-2011

    Ho provato a tradurre meglio che potevo ciò che hai scritto.
    Causa la mia pigrizia nell’utilizzo di internet, ultimamente ho trascurato i miei ‘contatti’, tra cui il tuo blog.

    Credo di aver capito dalle parole e dalle foto il senso del tuo progetto ‘Le ceneri del padre’.
    Dammi il tempo di leggere e guardare le immagini, nel frattempo un pensiero per un dolore che, recente e grande, conosco e vivo da un pò di tempo e che in fondo affrontiamo allo stesso modo, utilizzando anche la passione per la fotografia.

    Ciao
    Fabrizio

    • 1238 réactions 11-15-2011

      Ti ringrazio, Fabrizio. Beh ! Veramente, se parliamo di pigrizia ho poco da imparare. In somma, dovrei provare finalmente a tradurre quei « Ceneri del Padre » in italiano. Anche per la famiglia, laggiù in Toscana, che cerca disperatamente di capire ciò che sto raccontando. Comunque hai ragione : devo confessarti che questa nostra passione per la fotografia mi ha parecchio aiutato ad affrontare quel dolore.

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