As-tu songé déjà à ce que notre société faisait subir à ce sacré Père Noël ? Je ne parle pas de la chimère – le plan coca-cola – qui comme chacun sait fait turbiner des rennes, des lutins et qui sait quelle autre inavouable classe de smicards dans sa fabrique de Playstations en Finlande. Non. Je te parle du brave type, payé à la prestation, et qui fait sautiller tes mômes sur ses genoux chez Leclerc ou Prisunic. Vient le 25 décembre et il est le roi de la fête. Vient le 26 et il n’est plus qu’un gros bonhomme bedonnant sans plan de carrière solide. Un jour de turbin annuel, ça ne doit pas faire lourd rayon épargne et pension. Non, sérieusement ! A cet âge-là et avec ce cv, tu le vois faire quoi le restant de l’année ?

Alors, je me répète, mais qui veut connaître ma position sur le fait de photographier des sdf, trouvera de la lecture ici.

  • Où : Paris, Rue des Rosiers.
  • Quand : 5 mars 2011.
  • Appareil : Canon Eos 60D.

le 29 avril 2011 | rubrique Paris | 47 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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47 Réactions

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  1. 35 réactions 4-29-2011

    Je lui paierais bien un ch’ti canon à ce Père Noël là… question qu’il raconte un peu ses nuits avec et puis ses nuits sans étoiles.

    • 1238 réactions 4-29-2011

      Sûr qu’il ne te lâcherait plus, Catherine ! Mais oui, ça doit valoir le coup. Tiens ! Je vais être sérieux deux minutes : je dois aux sdf la plus belle part de ma vague carrière (« vague », parce que le mot « carrière » tout seul, ça me fait toujours flipper) de journaliste. Mais c’est en partie à cause (ou grâce ?) à eux que j’ai laissé filer ladite carrière. Parce qu’il y a un moment où on ne peut plus se contenter d’écouter, puis de restituer comme un âne. Parce qu’il faut se remplir un peu, éprouver sincèrement, taire certaines choses, en gueuler d’autres. Et ça, il n’y a pas un canard au monde qui te le permettra.

  2. 28 réactions 4-29-2011

    Il a une bonne tête ton père Noël et l’air de prendre la vie comme elle vient.
    Y a t-il des SDF heureux ?
    Dom

    • 1238 réactions 4-29-2011

      Ciao Dominique ! Difficile de répondre à cette question. Mais, vu la surpopulation dans le milieu, je suis convaincu que s’il y a jamais eu des sdf heureux, ils sont de plus en plus difficiles à localiser.

  3. 33 réactions 4-29-2011

    Superbe. Le genre de cliché intemporel, l’impression de revoir un classique. Et ceci est pour beaucoup du au soin extrême porté à la composition – symptomatique pour moi de l’égard que tu as pour ces exclus: à voir tes clichés on comprend que ces êtres valent tout autant que n’importe quel autre sujet la peine de soigner une vraie composition, et belle. La question pour toi ne se pose même pas, je crois le deviner: un vrai portrait, pas un misérable cliché misérablement volé à dame Misère, ça n’est pas négociable. Voila, c’était ma brève incursion dans ce que certains de tes posts peuvent avoir de polémique…

    • 1238 réactions 4-29-2011

      Encore une fois, Pascal, tu as mis tous les mots, il ne m’en reste plus un seul pour te répondre. Il y a une chose que j’ai pourtant envie de déclarer : shooter un sdf ou une belle pépé, la procédure pour moi est exactement la même. En dépit de la tendresse toute particulière que je nourris à l’égard des exclus, je ne fais pas de discrimination et traiterai la pépé avec les mêmes égards.

  4. 7 réactions 4-29-2011

    Excellente photo.
    Faire la fête une journée, et la manche les 364 autres restantes….
    Bonne soirée,
    Antoine

    • 1238 réactions 4-29-2011

      Merci Antoine. Heureux que cette image te parle. Bonne soirée à toi aussi.

  5. 51 réactions 4-29-2011

    Ton texte m’a arraché un sourire mordant. Ce Père Noël là suscite toutes les empathies. Et rapport à ton texte sur le fait de photographier des SDF, cette image qui lui donne une existence, pleine d’émotion devant la gentillesse de son sourire, son geste timide de demande quand l’autre bras s’appuie sur une canne qui le soutient, l’aide encore à avancer (pour combien de temps ?), est parfaitement justifiée et même nécessaire. Pourquoi faudrait-il occulter de nos images une partie de l’humanité, celle-là même qui est déjà exclue ? C’est parfaitement absurde. N’allons pas photographier les pauvres, c’est indécent. Ni la guerre, il y a trop de sang. Ben voyons. Bravo pour cette belle prise.

    • 1238 réactions 4-29-2011

      Merci Aurore. Ici aussi, que pourrais-je ajouter ? Peut-être qu’il n’y a de bonne photo – ou de bon livre, ou de bonne musique, ou de bon(ne) n’importe quoi – que s’il y a sincérité et émotion. Puis, pas la peine de coordonner ces deux mots. Je rectifie donc : émotion sincère.

  6. 12 réactions 4-29-2011

    Un beau cliché tout simplement… avec de l’émotion à l’état pur.
    Quant à la question « est-ce qu’on peut », « est-ce qu’on doit » photographier des SDF, je dirai que le faire, c’est déjà rendre sa part d’individu à celui qu’on photographie et ne pas le cacher, mettre ses ornières pour ne pas le voir…
    En revanche, je suis toujours étonné par tes focales ! 17 mm, ici 24…
    Moi qui imaginais le gros zoom ! lol

    • 1238 réactions 4-29-2011

      Merci Damien. Ah non, c’est un principe pour moi : je me tiens toujours dans la scène. C’est-à-dire jamais plus loin que deux mètres… ce qui est déjà fort éloigné à mon goût. Ici, 24 plutôt que 17, c’était surtout pour éviter d’éventuelles déformation due au GA. Je l’ai shooté (affreux mot, hein ?) en allant vers lui. Lui regardait ailleurs. Deux secondes plus tard, je le touchais, je lui parlais. Tout ça, le prendre en photo, lui parler, participe d’un même mouvement pour moi. En revanche, je n’aurais pas déclenché s’il en avait été conscient ou m’avait explicitement invité à le faire. J’évite toujours la pose. C’est ma limite : il y a quelque chose d’indécent selon moi à faire poser un sdf. Mais je connais des photographes qui le font, américains surtout, avec infiniment de pudeur et de tendresse.

  7. 4 réactions 4-30-2011

    Such a wonderful capture…on the one hand he reminds me of Santa and on the other my heart goes out to him when I see how he manages to walk with the help of a stich while balancing that cup in the other hand!! Great shot!!

    • 1238 réactions 4-30-2011

      Thank you, Pavan.I am happy that my image has managed to illustrate this ambyvalance.

  8. 5 réactions 4-30-2011

    C’est vrai qu’il a un air de Père Noel… Excellent portrait avec de jolis contrastes. Je te souhaite un agréable weekend :)

    • 1238 réactions 4-30-2011

      Merci Tamata. Un père Noël déchu qui a pourtant réussi à sauver le sourire. Agréable week-end à toi aussi.

  9. 32 réactions 4-30-2011

    Au delà de la misère il y a du bonheur et de l’humour dans ce regard-là

    • 1238 réactions 4-30-2011

      De l’humour sûrement. Mais du bonheur ? Je m’interroge encore. Merci Lasiate.

  10. 10 réactions 4-30-2011

    Mendier. Au fond qui ne mendie pas ? Même ceux (comme moi, bien sûr) qui aujourd’hui n’ont pas besoin de mendier de quoi manger mendient autre chose : un peu de fraternité, un peu d’amour, un peu de paix, etc. Les mendiants sont les seuls à s’exposer, à se mettre à découvert… Les autres avancent masqués.

    • 1238 réactions 4-30-2011

      Je suis tellement d’accord avec ça que me voilà aphone. Oui, c’est certain. Le mendiant de profession en somme est un homme comme un autre, si ce n’est qu’il a fait l’économie de l’hypocrisie.

  11. 6 réactions 4-30-2011

    Mon regard se pose, sur une personne, qui vit sa vie différemment de la mienne. J’ai un toit et mon petit confort. Et lui? La question que je me pose, c’est pourquoi ce choix?
    Au risque de me prendre une volée, tente un de ses quatre de photographier ces gens qui gravissent matin et soir les marches de leur tour de verre et je te met au défis, d’en trouver un, avec ce sourire la….

    • 1238 réactions 4-30-2011

      Euh… oui, mais la comparaison ne tient pas, Laurence. Je t’épargnerai la volée, mais te ferai noter que « ces gens qui gravissent etc » afficheront bel et bien leur rangée de dents une fois relégués derrière leurs guichets, leurs caisses enregistreuses, càd en situation de travail où le sourire est dûment requis. Pas sûr que mon père Noël conserve l’envie de sourire lorsqu’il regagne son réduit, son squat, sa chambre communautaire à l’Armée du Salut ou son petite paradis de carton. En outre, je prétends haut et fort que la question du choix n’entre pas en compte a priori. Ce serait un peu long de déballer ça ici, mais je peux t’assurer, pour avoir causer avec beaucoup de sdf, que la majorité d’entre eux ont toujours eu l’illusion d’avoir le choix… jusqu’au moment où, à leur propre stupéfaction, ils se retrouvaient à la rue. Enfin et surtout, montrer ces images de sdf est pour moi une manière de chercher l’emblématique de toute une société où – je suis parfaitement d’accord avec toi – la maussaderie et l’exclusion sont de mise : exclusion du plaisir, de l’épanouissement personnel, du libre arbitre, du droit à la paresse, du droit à la non-performance, du droit à « je refuse de perdre ma vie à la gagner ». Toutes choses dont mes sdf en 2d sont aussi la métaphore.

      • 6 réactions 4-30-2011

        Tu as raison, la comparaison ne tient pas, et nulle doute, et malheureusement je ne connais pas ces gens-là..cela parait péjoratif de parler de « ces gens la ».., mais ce n’est pas le cas…c’est juste que moi dans ma tour de verre, j’ai tendance à me réfugier…et pourtant ils sont nombreux à être là, certains accordéonistes m’accompagnent jusqu’à ces fameuses marches avec leur « emportez par la foule »

        Une fois dedans, j’y vois quoi? « Comme un lundi »…et des attaché case, brandis avec fierté, des PC portables qui tentent de résister entre le 18ème et 19ème étages à la tasse de café qui, quand c’est bien maîtrisé, sont regardés avec fierté!

        Je ne dis pas qu’ils ont une vie qu’ils ont choisit, je dis juste que le bonheur est subtil et ne se limite pas à une un titre de chief manager, sales director, project manager, même account administrator…

        Alors voila, j’aimerais faire comme toi et plutôt que de complimenter des « no life » en vue d’une promotion que je n’aurai jamais, car je m’y prends sans doute très mal..et qu’importe j’en ris..par contre, prendre le temps de discuter avec eux, ceux de dehors…je suis persuadée que j ‘y trouverais un dialogue plus enrichissant! Car même si ils n’ont pas choisi leur situation, les costumes cravates sont des personnages très fragiles…et mériteraient d’avoir leur courage plutôt que cette arrogance qui les rends si fragiles!

        • 1238 réactions 4-30-2011

          Assurément ! Et je te promets de poster un costume-cravate très prochainement.

  12. 30 réactions 5-1-2011

    Love this picture, Marco . Great portrait and street photograph. I tried to translate your writing to understand it better and I really feel it much deeper with your text ! Life is hard for younger people without money , without job, not to mention these old poor people who instead of enjoying their retirement are forced to be on the street !

    • 1238 réactions 5-1-2011

      Well, I’m sorry, Mariana: I thought you indeed understood the French and – my English remaining elementary – did not thus make the effort to translate the comments I sent you. As I explain it somewhere else, I am not a photographer, but a writer and a journalist. The text is therefore of great importance : I really consider that my photos do not work without the text. So, I’ll try to find a viable solution to translate them systematically into English and Italian.

  13. 15 réactions 5-1-2011

    les « bons » journalistes c’est aussi prendre son temps, s’arrêter, regarder, écouter… alors ça donne à réflechir. mais ceux qui détiennent le pouvoir l’ont compris et n’en veulent pas du regard qui se pose par ci par là, il a un côté « primitif » de concevoir l’existence qui met en danger tout un système de surface très puissant.

    • 1238 réactions 5-1-2011

      Bienvenue, Fernanda : c’est un plaisir de te retrouver sur ces pages. Alors, je suis d’accord avec toi – et c’est bien pour cette raison que j’ai délaissé le métier de journaliste – si ce n’est que, dans cette société du tout à la performance et à l’économie, je me demande encore qui sont « ceux qui détiennent le pouvoir ». Dès lors, je ne jetterai plus la pierre par exemple sur le pouvoir politique : on a en somme le gouvernement et les représentants que l’on mérite. Dans ce contexte, la subversion devient matière aussi insaisissable et non définie que le pouvoir. Non mais, tu réalises – question oratoire, car je sais que tu réalises – que des attitudes aussi humainement naturelles que « prendre son temps, s’arrêter, regarder, écouter… réfléchir » s’apparentent déjà à de la subversion ? Là, pour moi, cela ne relève même plus de la coercition politique, mais de la plus démente et suicidaire des plongées dans l’absurde.

  14. 34 réactions 5-1-2011

    Punaise si ils avaient tous des tetes aussi sympa on donnerait plus souvent malheureusement difficile de faire le distingo avec tous les gens qui quemandent dans les grandes villes et ne sont pas toujours tres sympas

    • 1238 réactions 5-1-2011

      Merci de ton intervention Noël. Oui, tu as malheureusement raison. Ceci dit, délicat quand même de reprocher à un mendiant son manque de sympathie, difficile d’exiger de sa part une attitude que l’on ne s’attend même plus à trouver chez un commerçant, un fonctionnaire ou un employé des postes.

  15. 13 réactions 5-2-2011

    Incredible street scene. I often take photos of homeless here in Washington DC and I get evil looks from random people. As I were taking advantage of the persons situation by exploiting for a dramatic photo. I take photos of the streets AS IS and nothing more..

    • 1238 réactions 5-2-2011

      Thank you NR. I was often confronted with what you describe and I replied in an article… which my bad written English does not still allow me to translate in your language. Briefly, I worked a lot the question of homeless as newspaper journalist at first, passed a great deal of time with them, often choosing to cross the night outside in their company. It is for that reason that I shall answer that the indifference and the silence are the worst things and that the photography, as the writing, also has to have value of testimony. So, I have to admit that if the indifferent imagine that I want to exploit a situation of distress, it does not import me.

  16. 26 réactions 5-2-2011

    Ca fait plusieurs jour que j’ai ta page ouverte sur mon bureau et que je ne sais pas vraiment quoi écrire étant, comme bien souvent dans les cas qui m’intéressent, très partagée et bourrée de questionnements sans réponses ou plutôt avec des doubles réponses…qui me remettent dans mon ambivalence ! Un cercle vicieux :-)
    Pourtant, invariablement, la correlation entre la photo (la motivation) et le sujet choisi me ramène à celle de Kevin Carter – et je ne suis pas plus avancée :-)

    Je reste donc attachée à mes fleurs et insectes, fascinée par cette beauté et cette perfection auxquelles l’humain est heureusement totalement étranger, incapable qu’il serait de les créer – tellement capable qu’il est de les détruire. Et, sur un air de Lamartine : oui, nature animée, vous avez une âme :-)

    • 1238 réactions 5-2-2011

      Merci de ton intervention, Véronique. Euh… d’abord t’avouer que je ne sais trop ce que j’aurais envisagé de faire à la place de Kevin Carter. C’est très précisément parce qu’il n’est pas permis à un journaliste d’intervenir, que j’ai abandonné ma carrière de journaliste. Et l’image de la petite fille et du vautour, ainsi que la réflexion que j’en tirai à l’époque ne sont pas étrangères à cette décision.J’aurais tendance à te répondre que j’ai tranché aujourd’hui en faveur du témoignage et de la revendication. Mais qu’il n’est pas exclu, qu’écœuré encore de toutes ces choses et de l’indifférence qu’elles suscitent, je décide un jour par m’attacher comme toi aux insectes et aux fleurs, m’éloignant de l’humain et de ses impossibles contradictions.

  17. 7 réactions 5-2-2011

    Je découvre avec cette photo les échanges qui ont eu lieu sur la photo de sdf, pas une catégorie en soi tu me diras, ça reste de la photo de rue! Certes il y sont plus longtemps que nous autres…mais alors pourquoi les ignorer?! Il y a aussi la façon de photographier, et ce que je vois ici c’est de la belle photo! Pour ce « père noël », j’ai même lu des interrogations sur le bonheur etc, et c’est vrai qu’il a l’air quasi jovial ce Monsieur! Merci pour ton regard

    • 1238 réactions 5-2-2011

      Merci beaucoup, Ixbé. Je crois en effet que ce qui compte, c’est le regard. Et derrière le regard, ou l’échange de regards, la dimension profondément humaine dont doit nécessairement témoigner l’image. Mais bien évidemment, ici plus encore que dans n’importe quel autre domaine de la photo de rue, la distinction entre le témoignage et le voyeurisme tient réellement à un fil.

  18. 17 réactions 5-3-2011

    bonjour Marco ,
    je viens de terminer de lire tous ces avis et tes réponses et du coup je ne sais plus ou j’en suis ? une chose est certaine cela ne me laisse pas indifférent.
    encore une photo qui parle d’elle même , j’adore ce type de photos pas par voyeurisme mais pour le ressenti ; alors que si il n’y en avait pas ca serait tellement plus sympa ?
    ton appareil photo est le prolongement de ton cœur .
    bonne journée

    • 1238 réactions 5-6-2011

      Je m’aperçois que j’ai négligé de te répondre; Patsy. Sans doute parce que ton commentaire m’a touché à la lecture, que j’ai résolu d’encaisser d’abord ce très gentil « ton appareil photo est le prolongement de ton cœur », puis que j’ai omis d’y revenir. Peu importe. me voilà. Et toujours heureux de lire ou relire tes interventions.

  19. 12 réactions 5-5-2011

    Je t’avais promis de passer également sur ton blog, c’est chose faite, et j’y sévirai encore ! Etant atteint d’une grande crise de flemme, je ne ferai que copier/coller le commentaire laissé sur VP (j’ai un commentaire version humour en réserve…) :

    Je prends. Pas de contestation pour ma part. Brandir quelques panneaux défendant une bonne morale inventée de toute pièce et surfaite ? Sans moi.

    C’est énorme. C’est vrai. C’est fort. Plusieurs fois que je passe voir ta nouvelle forfaiture sans oser la sanctionner d’un commentaire trop en-deçà du niveau proposé ici. Ca m’a même occupé l’esprit au boulot, pendant la pause clope-café.

    Le sujet, on le connaît. On le croise tous les jours, et plusieurs fois même. On ferme les yeux… je ferme les yeux. On ferme les yeux parce que c’est un viol de notre quotidien. Je ferme les yeux parce que j’ai peur. Pour moi. On ferme les yeux parce que ça fait tache. Je ferme les yeux parce que c’est un visage grimaçant de notre société qui me tord l’épine dorsale.

    Le Père Noël est une ordure ? Pas si sûr. L’ordure, c’est cette vie qui ne lui a pas fait de cadeaux, à Noël… Mais Noël dure trop longtemps pour cet homme qui s’en va clopin-clopant, affublé de son sourire bonhomme à peine dissimulé par un… une… barbe ? Dépôt pileux de restes culinaires ? Tu vois, moi aussi je fais dans le politiquement incorrect, dans le cynisme bienfaisant que tu affectionnes. Parce qu’il nous protège ce cynisme, il nous permet d’ouvir les yeux, ou au moins un, dans le viseur, de figer l’instant. De figer l’homme. De figer ça. Un personnage de foire en ceci qu’il existe dans toutes les villes, dans tous les films, dans tous nos inconscients. Car c’est bien en monstre de cirque, en bête de foire que cet homme peut nous apparaître. Noel ? Noël, mon cul ! Deux gobelets pour ramasser nos miettes, un couvre chef en guise de dignité et une béquille pour cette salope de vie qui lui à fait un croc-en-jambe.

    • 1238 réactions 5-6-2011

      Oui, le cynisme protège. Bonhomme ou malfaisant, je pense qu’il est en tous les cas toujours symptôme d’une certaine pudeur. Pudeur que l’on cherche à contourner par les mots, les sons, l’image… et quelquefois la plus exécrable platitude. TD : bienvenu dans les parages ! Je connais assez ton sens du texte pour savoir que tu mets autant de mots que je n’en mets lorsqu’il s’agit d’exprimer une émotion. Pour savoir aussi que tu prends la peine de les éprouver pleinement avant de les emballer dans une phrase. Je ne me permettrai donc pas de lester ton commentaire de mots inutiles. Mais, bordel ! (as-tu noté au passage que j’ai sucré les astérisques ?), je disais donc : mais, bordel ! Tu vas nous faire le plaisir de larguer subito sur cette page ton commentaire de réserve !

  20. 12 réactions 5-6-2011

    C’est la crise.

    Klaus Santa en est le témoin vivant. Klaus, aka Noël père, a été frappé de plein fouet par les tourments du capitalisme et de la mondialisation. Ce qui aura permis sa renommée mondiale et l’expansion florissante de son commerce aura aussi causé sa perte. Et là, c’est le drame. Tout s’enchaine dans une spirale infernale qui obligera Klaus à errer dans les rues, timbale à la pogne, pour subsister comme il le peut. C4est un classique : tout commence par un carnet de commandes qui se réduit à peau de chagrin, par des actionnaires mécontent et une chute drastique du titre. Les lutins syndicalistes organisent des grèves, les filiales et autres franchises ferment. Klaus n’y peut rien, ce n’est pas lui le responsable. Il a fait ce qu’il pouvait, il a été honnête. La faute à pas de chance ? La conjoncture ? Finalement, ses fidèles lutins, associés de toujours, l’ont laissé tomber. On se souvient avec émotion de cet élan de désespoir que Klaus avait lancé aux journalistes à ce propos : « Ô nanisme ! Tu auras causé ma perte… »

    Mais c’est ici que commence réellement la chute d’un homme, passant du statut de demi-dieu à qui tout sourit à celui de paria à qui tout le monde crache à la gueule : la mère Noël demande le divorce alors que la fille du père Noël fait le tapin pour le compte du Père fouettard. Faut bien gagner sa vie. Klaus en prend plein la tronche, perd tout charisme viril, tombe dans l’alcool et se fait finalement virer du logis par Madame. Trouver un appart à l’arrache ? Il n’a plus les moyens. Se faire héberger par un pote ? Ils ont tous fui au loin devant la débandade.

    Foyers.

    Zone.

    Rue.

    Klaus, avant, c’était Cendrillon avec une barbe. Maintenant, Cendrillon, on la lui joue à l’envers. Comme il ne s’y attendait pas, il l’a eue bien profond. Son traineau s’est transformé en cartons, ses rennes en rats ! Dégoût.

    Klaus, avant, c’était un manteau pourpre qui faisait rêver, un bonnet assorti qui le couronnait roi, une barbe d’une blancheur impeccable, un sourire attendrissant et plein de bonté, des pommettes rebondies, rougies par la sympathique bonhommie du personnage, des friandises colorées à gogo. Maintenant, le gogo, c’est lui. De sa tenue ne reste qu’un vieux manteau râpé, une vielle salopette délavée. Son sourire s’est figé en un rictus immonde et repoussant. Maintenant, ses pommettes sont rougeaudes. Sous les coups de vin chaud, c’est la couperose qui menace. Les friandises, il se les imagine quand il part récolter les restes barbouillés estampillés McDo. Et sa couronne… un vieux bonnet sur le chef, une vieille calotte trouée, mitée, grasse, puante. Relique qui ramène à un passé glorieux, comme un reste de dignité qui crie « regardez, c’est moi ! » transformé en bonnet d’âne qui nous donne envie de lui rétorquer, cinglants :

    « c’était toi ».

    • 1238 réactions 5-11-2011

      Au bout d’un moment, je m’interroge. Espères-tu réellement une réponse à la hauteur lorsque tu nous infliges un commentaire aussi dense et… teardropsesque ? Parce que, dans le genre morceau de bravoure, je me rappelle bien un dialogue que tu avais commis sur je ne sais plus quelle image (pas une des miennes), mais je ne pense pas que tu y atteignais un tel niveau d’éloquence. Que non, dis-tu ? Queneau, que je te réponds. Et là-dessus, je rends volontiers les armes. Derrière ce commentaire « version humoristique », c’est tout le processus de clochardisation que tu anatomises. Alors, scié, aphone, je savoure et je peste. D’aucuns s’imagineront à tort que je boude. Non, non ! Je peste et je repeste. Parce que, bordel ! En somme, c’est qui l’écrivain ici ? Deal ! Dès que je finis de nager dans les… astérisques, on se fait un duel façon concours de tequila. Et le premier qui chancèle est une couille molle et un lecteur de Lévy (Marc ou Bernard-Henry : suis pas sectaire).

      • 17 réactions 5-11-2011

        bonsoir ,
        trop haut pour moi le débat mais je préfère encore me coltiner MARC que BHL
        bon Duel à vous deux .

        • 1238 réactions 5-11-2011

          Eh non ! Pas juste ! On s’étrille joyeusement et tu comptes les points ? Sinon, j’ai un principe : quand un débat vole trop haut, un bon coup de pieds aux miches pour lui rendre un peu le sens du réel.

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