J’ai compris tout môme qu’il y avait le côté « in » et le côté « out » des vitrines, le camp de ceux qui entrent la tête haute dans les magasins et s’identifient sans malaise au fameux client roi et le camp de ceux qui se sentent obligés de vérifier trois fois le contenu de leur portefeuille avant d’oser affronter le négociant. Mais, en somme, là n’est pas la question. Il y a de la classe aussi à grignoter la vie les poches vides. L’essentiel, c’est de se combiner sa propre raison d’être et d’avancer tout de même. L’essentiel, c’est de monopoliser assez d’insolence et de résolution pour tracer sa route en se foutant du regard du monde.

  • Où : Paris, Bd St Michel.
  • Quand : 28 mars 2011.
  • Appareil : Canon Eos 60D.

le 22 mai 2011 | rubrique Paris | 39 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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39 Réactions

Photoblog Awards
  1. 15 réactions 5-22-2011

    la photo est très belle ainsi que le texte. justement c’est une question de « classe » ne vouloir imiter qui que ce soit.

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Merci Fernanda. Nous sommes d’accord : dans un monde où être quelqu’un revient à être tout le monde, se singulariser est forcément une question de classe. Je me souviens d’une interview de Jimmy Rotten qui s’amusait beaucoup de la mode des épingles de sureté. Si nous avons commencé à taper des épingles sur nos pantalons, disait-il, c’est parce qu’ils étaient troués et que nous n’avions pas de fric pour en acheter un autre.

  2. 1 réactions 5-22-2011

    Great capture, I like the scene.

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Thank you, Piet.

  3. 18 réactions 5-22-2011

    Il contrasto tra il ragazzo dentro ‘la vetrina’ e l’uomo fuori da essa: il ragazzo sembra sfumare nel riflesso, l’uomo con la borsa ed il bastone è molto più nitido…

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Grazie, Fabrizio. Difatti, non ho voluto dare più sostanza al ragazzo dietro la vetrina.

  4. 1 réactions 5-22-2011

    L’homme derrière la vitre n’a pas l’air très heureux (ou bien n’a-t-il pas envie de voir. Deux formes de misère qui se côtoient (l’une au grand jour, l’autre plus confortable) ?

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Intéressant cette notion de misère « plus confortable ». L’est-elle en vérité ? Stagner est peut-être une forme de confort. Il m’arrive moi-même de pratiquer. Mais je crois que ça finit toujours par me manger la tête.

  5. 30 réactions 5-22-2011

    Oh, what a great character ! Love his pants :) BEautiful composition with a person in cafe, not looking what was going on in outside world !

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Thank you, Mariana. Each one in his own little world. That’s the image of true misery.

  6. 15 réactions 5-22-2011

    un superbe portrait de rue, superbe !

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Merci d’être passé, Rem_la. Content que cette image te plaise.

  7. 1 réactions 5-22-2011

    Pretty awesome Marco! Nice shot.

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Thank you, Marco. Pleased to welcome you here.

  8. 12 réactions 5-22-2011

    Y aurait-il de la misère à Paris?
    Y aurait-il de la misère en France?
    Y aurait-il de la misère dans le monde?

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Eh bien, il paraît que non. Aurais-tu entendu le contraire ?

  9. 38 réactions 5-22-2011

    S’il sort d’une boutique du célèbre chausseur (B… , pour ne pas le nommer), je pense que cet homme a tout compris des priorités de l’existence qui, lorsque la vie vous dessert, vous donne l’intelligence d’aller, sans détour, au devant des priorités.
    Pour tracer la route et tourner le dos à la misère, il ne faut compter que sur ses pas ! Prends soin de tes pieds pour être bien dans ta tête et conserver le regard fixe, franc et libre de la dignité.

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Cette homme avait en effet le « regard fixe, franc et libre de la dignité ». Je n’apprécie pas généralement et évite que mes modèles improvisés fixent l’objectif, mais une fois n’est pas coutume : ton commentaire me fait presque regretter de n’avoir pas su saisir la liberté de ce regard.

  10. 23 réactions 5-23-2011

    Comme d’habitude, tes photos et textes poussent a la reflexion.

    La forme et le fond, dissociables ? J’aime les avoir ensemble mais tes photos nous envoie le fond a la figure a chaque fois. Pour qui a besoin de claques, elles sont tres efficaces.

    A travers quel regard nous definissons-nous ? Celui des autres ou le notre ? Pour moi ca sera les deux, meme si on dit souvent que c’est notre regard de nous meme qui definit ce qu’on est. Faire abstraction du poids du regard d’autrui pour avoir – comme tu dis – l’insolence, le courage, la liberte ou l’obligation de faire sa propre route.

    Mais il y a des regards qu’il est bon d’avoir sur son chemin. Mais je m’egare, ces regards la sont deja apprivoises.

    (dommage pour les reflets, faudrait voir avec les virusiens si un polarisant n’aurait pas ete utile)

    « Il y a de la classe aussi à grignoter la vie les poches vides » : je vais retenir cette phrase longtemps !

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Je crains que le fait de se définir dans le regard des autres ne nous invite jamais qu’à des résolutions molles et inconsistantes. Mais évidemment, dans ce monde là, chaque pas franchi sans le consensus des autres est un pas vers l’autoréclusion, la solitude. A l’égard du polarisant, j’en possède bien un, mais c’est le genre d’ustensile particulièrement délicat à manœuvrer lorsque tu pratiques la prise sur le vif. Et puis, ça ne me déplait pas que le personnage derrière la vitrine se dilue un peu dans les reflets. je n’ai d’ailleurs pas cherché à rattraper ça en PT.

  11. 7 réactions 5-23-2011

    Comment ne pas plaindre ce garçon dans le café qui, la tête baissée, n’a pas le courage de regarder la misère autour de lui !
    Pourtant, je ne suis pas sûre que le plus malheureux est  »le clochard » !!

    • 1238 réactions 5-23-2011

      Ah ! Bienvenue Brigitte ! Oui, c’est un peu ce que j’ai voulu dire dans mon texte. En même temps, je ne sais pas s’il s’agit d’un clochard. Je ne l’ai d’ailleurs pas tagué comme « sdf ». Le type derrière la vitrine en est peut-être un en revanche. Délicat de juger sur les apparences. Ce que je vois, c’est un type qui avance et un autre qui n’avance pas (ce qui ne signifie pas qu’il n’avance jamais, si ça se trouve le gars se tape tous les ans le marathon de Paris). Bref ! C’est la liberté de la composition photographique de chercher le contraste, le paradoxe. De dire les choses en peignant des instants comme on peint des couleurs.

  12. 3 réactions 5-23-2011

    Ce petit vieux semble porter toute la misère du monde mais aussi beaucoup de dignité – ça me fait penser à cette vieille femme SDF qui dort toute la nuit sous une vitrine du siège de Dior à Paris, quel contraste (mais les gardiens la laissent) – en tous les cas, la photo est splendide

    • 1238 réactions 5-26-2011

      Merci Gobou et bienvenu dans les parages. J’ai bien dans mes cartons une petite dame qui dort sous la vitrine de Benetton à l’Opéra, mais je me mets illico en quête de la vitrine Dior.

  13. 34 réactions 5-23-2011

    Bravo pour cette photo ou il y a une profondeur dans le regard de cet homme ,bravo encore pour ce cliché

    • 1238 réactions 5-26-2011

      Merci Noël. Heureux que ce regard te parle.

  14. 14 réactions 5-24-2011

    Marco, c’est encore une photo magnifique et chargée que tu nous offres là… Chargée de sens et de tendresse.
    A bientôt,
    Olivier.

    • 1238 réactions 5-26-2011

      Je te remercie de ce commentaire, Olivier, et suis très content que tu y décèles de la tendresse. Le fil est toujours étroit entre celle-ci et le voyeurisme.

  15. 2 réactions 5-24-2011

    une bonne photo et une bonne note. tu as raison, l’important est d’avoir sa raison d’être, et c’est aussi l’essentiel.

    • 1238 réactions 5-26-2011

      Merci JCJ. Je suis toujours anxieux de savoir si mon texte correspond bien à l’image.

  16. 50 réactions 5-25-2011

    That is a fabulous street image, you really managed to capture the atmosphere wonderfully. The difference between the walking man and the man in the coffee shop next to him couldn’t be bigger. You have a fabulous eye for great images and wonderful compositions. Many compliments.

    • 1238 réactions 5-26-2011

      You still make me very beautiful compliments, Martina.

  17. 13 réactions 5-25-2011

    Such character and life! The contrast between the window and the street portraits are dramatic

    • 1238 réactions 5-26-2011

      Thank you Nik. Very happy that this image pleases you.

  18. 33 réactions 5-26-2011

    Salut,
    comme relevé par Hamingja, tes photos ont ça de beau qu’elles combinent la forme ET le fond – ici encore, un modèle d’équilibre ET de dynamique dans la composition, quant eu texte, comme relevé par Hamingja: « grignoter la vie les poches vides » … la classe!
    Pas tout à fait la même lecture de ton cliché. Ta composition et ton angle de prise de vue placent trois personnages sur des rails: le jeune (?) homme attablé, le vieux monsieur et une dame au fond, derrière, à droite – aucun sous entendu politique là dedans!!! je dis « sur des rails », car les trois sont tournés exactement dans le même sens, mais sur des lignes parallèles – ils me paraissent donc les trois lancés dans la même direction, mais ne se croiseront jamais. En cela cette image me rappelle les dernières pages du « tunnel » d’Ernesto Sabato, qui reste pour moi un de ceux à avoir le mieux décrit l’essentielle solitude de l’homme moderne – ou de l’homme tout court – s’il faut n’en lire qu’un: « Héros et tombes » plutôt.
    Voilou.

    • 1238 réactions 5-26-2011

      Fond et forme sont à mon sens indissociables, l’un s’alimentant nécessairement de l’autre. Je prétends que c’est la responsabilité de toute création de fournir un substrat d’émotion et de réflexion suffisant à la lecture. En revanche, il est futile d’imaginer maîtriser ce binôme et imposer un sens de lecture unique au lecteur. La subjectivité du lecteur nourrira forcément celle de l’auteur… et c’est très bien comme ça. Bref ! Je suis très sensible à ton interprétation (et bien sûr, très heureux et fier que cette image t’évoque Ernesto Sabato). J’avoue avoir escamoté la dame du fond dans la mienne. (Et tu m’as bien fait rire avec ta non-allusion politique).

  19. 30 réactions 5-26-2011

    Still the same image ? Bussy ?

    Thanks for your visit and comments :)

    Ciao !

    • 1238 réactions 5-27-2011

      Voilà ! J’ai changé, Mariana. Sinon – je le dis en français pour mes autres commentateurs – visiter ton blog est toujours une découverte et un plaisir.

  20. 7 réactions 5-30-2011

    Le in et le out sont parfaitement rendus, le consommateur assis au chaud, l’exclu de la société de consommation debout dehors, mais aussi, le travailleur dans sa camionnette, voire le touriste qui observe tout cela (ou pas) depuis son car… très bien vu, bravo

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