FParis,RuedelaRoquette01bisPeut-être, en prenant cette image, me suis-je souvenu que je me suis tenu un temps avec la même allure, dans ce bar ou un autre, cette ville ou une autre, en façade de n’importe quel territoire où l’on est jeune et où l’on se fiche de tout. Et j’avais moi-aussi les cheveux longs dans les yeux et la dégaine « Je me fiche vraiment de tout ! De tout ! ». J’entendais sans écouter, considérais le foutoir sans faire mine d’y toucher. Je pensais : la vie est longue et nous sommes tristes, si merveilleusement tristes et seuls au monde. Aussi, peut-être, si j’ai envie de penser à ça et de dire ça maintenant, si j’ai envie de l’écrire, est-ce parce que je me passe en boucle et en hommage la voix du long duc émacié dans mes écouteurs et parce que je sais que le temps nous marchande méthodiquement les choses, les êtres auxquels nous tenons. Je le savais déjà à l’époque, mais qui m’obligeait à y croire ? Nous étions si merveilleusement tristes et seuls au monde : c’était notre came, notre Épiphanie, nos Saturnales, et David Bowie savait le moyen de nous le rendre éternel.

  • Où : Paris, rue de la Roquette.
  • Quand : 5 mars 2011.
  • Appareil : Canon Eos 60d.

le 21 janvier 2016 | rubrique Paris | 19 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

Web PARTAGER: TwitterFacebookLinkedinViadeoTechnoratiDeliciousDiggRedditStumble UponGoogle BookmarksWikioEmail
Sujets :

Vous aimez le travail de Marco ? Ne ratez plus rien, abonnez-vous par Mail ou fluxFeed RSS.

19 Réactions

Photoblog Awards
  1. 28 réactions 1-21-2016

    Salut Marco, nostalgie …
    Un pilier du rock qui nous manque !

    • 1238 réactions 1-21-2016

      Reste la musique : c’est fameux d’incarner la nostalgie.

  2. 3 réactions 1-21-2016

    Très bel hommage

    • 1238 réactions 1-21-2016

      Merci Magali. Trois minutes pour écrire le texte, deux pour pêcher l’image dans mes archives : je fais ce que je peux dans mes heures de fourche au lieu de corriger des foutus dissertations de philo.

  3. 22 réactions 1-21-2016

    Comme Bowie ne signifie rien pour moi (nul n’est parfait), ou alors juste le nom d’un couteau, je ne m’en tiendrai qu’à la photo. Mis à part le personnage de dos, les autres sont bien distribués y compris le mannequin. Voilà des attitudes de 2011 qu’il serait intéressant de comparer avec d’autres de quarante ans auparavant pour s’apercevoir que les cheveux masculins (quand on en avait les moyens) étaient certainement aussi longs ;-).

    • 1238 réactions 1-21-2016

      Les miens étaient aussi longs (et ils ne le sont pas tellement moins aujourd’hui). C’est précisément cette confrontation des attitudes qui m’intéresse, l’hommage – quoique sincère – est un brin opportuniste.

      • 22 réactions 1-21-2016

        Opportuniste ? Pas tant que cela Marco si on considère que ton billet arrive près de deux semaines après le décès alors que tant d’internautes se précipitent sur leurs clavier informatique pour s’épancher copieusement sur Facebook et autres blogs sitôt la nouvelle du décès connue. On dirait même qu’il y a des spécialistes des décès comme naguère il y avait les pleureuses dans les pays latins. On pare les morts des plus beaux atours de la vertu… Je me souviens combien Bowie choquait la « bonne société » à l’époque de sa gloire, cette même « bonne société » qui l’a encensé le 8 janvier (avant-gardiste et créatif qu’il était soudain devenu…) et qui l’oublie depuis.

        • 1238 réactions 1-23-2016

          Un brin d’opportunisme tout de même. Quinze jours, dis-tu ? C’est correct : je suis à mon maximum sur ce coup-là.

          • 22 réactions 1-23-2016

            Un maximum de sincérité aussi, alors…

  4. 12 réactions 1-21-2016

    Ashes to ashes

    • 1238 réactions 1-21-2016

      Pertinent : c’est Bowie qui l’a dit et il paraît qu’on le trouve aussi dans la Bible.

  5. 1 réactions 1-21-2016

    Ton texte dispense une impression d’excursions temporelles : nos expériences, en fin : je crois !

     » Doch können wir siegen, Für immer und immer  » .

    • 1238 réactions 1-23-2016

      Oui, ce sont bien des excursions, des mini-trips fragmentaires, comme on visite une ville en une matinée, un pays, un continent en vingt-quatre heures.

  6. 1 réactions 1-23-2016

    Bowie il a bousculé bien des tabous ,samedissime

  7. 51 réactions 1-25-2016

    Ton post me touche Marco, tes mots, comme cette image d’une jeunesse intemporelle à laquelle j’ai ressemblé aussi – époque grunge quand Nirvana reprenait « The man who sold the world », occasion de découvrir que le Bowie de « Let’s dance », vu/entendu sur MTV, avait fait du rock, du bon, et que tous les groupes (Pixies & co) que j’aimais se référaient à lui… Les années passant on oublie combien la jeunesse est mélancolique. Enfin, moi je m’en souviens plutôt bien. Bowie l’a incarnée sous de multiples formes, ce fut sa plus belle période artistique, mais déroutant (ou pas) de voir l’intensité retrouvée, en fin de parcours, sur son dernier album (superbe) et le précédent.

  8. 45 réactions 1-28-2016

    Très beau texte ! Sublime photo ! C’est le temps qui passe ! Désolée mais je n’aimais pas le « personnage de David Bowie » ! !

  9. 1 réactions 12-15-2016

    Bowie ! qu’il était beau quand il se faisait torturer par son sbire japonais. Les tortures du temps sont bien plus lentes et peut-être moins douces sans parler des souvenirs. J’ai décidé de les mettre au placard!! Vivre au présent et laisser le temps passer, il se défait chaque jour finalement.
    Toujours tes photos pleines d’émotion

  10. 11 réactions 1-14-2017

    Hello,
    Un petit tour ici, voilà un bail je pense
    Comment vas tu?
    Une excellente photo Marco
    @+

  11. 1 réactions 2-19-2017

    Heroes !!!!! En voyant cette photo et cet hommage, j’ai la chanson dans la tête.

flux rss commentaires de ce billet

Laisse quelques mots - Say something - Scrivi

Notifiez-moi des commentaires à venir via email pour ce billet précis. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.