J’ai la nostalgie aujourd’hui de ces journées d’avant l’orage. Tous les jours, j’emballais mon ennui de vivre, mon inconsistance, et traçais de longs trajets approximatifs de Charonne à la Place de Clichy, de la Roquette aux Olympiades. Ce qui me motivait dans les parages ne tenait plus qu’à un fil, mais je n’étais pas supposé l’éprouver. J’avais d’autres amertumes à affronter, d’autres douleurs à questionner. Mes certitudes se logeaient dans l’esbroufe et mes incertitudes dans le refoulement. C’était une vie comme toutes les autres en somme. Une vie comme toi et moi. J’avais mes quotas de rancœurs et mes émerveillements. Et j’étais toujours incapable de concevoir que l’on puisse aimer un jour et le lendemain cesser d’aimer.

 

  • Où : Paris, Les Olympiades.
  • Quand : 22 mars 2011.
  • Appareil : Canon Eos 60D.

le 31 mars 2012 | rubrique Paris | 54 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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54 Réactions

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  1. 27 réactions 4-7-2012

    En avril, ce sont des giboulées soudaines mais l’orage c’est en été… ces journées pesantes où on se sent lourde comme de la crème au beurre, où la chaleur est écrasante, et soudain, un grondement lointain, les premiers éclairs et la pluie comme une bénédiction du ciel…

    • 1238 réactions 4-9-2012

      J’aime bien ce « lourd comme de la crème ». Sinon, c’est clair que mon orage d’avril a une dimension plus métaphorique que météorologique.

  2. 33 réactions 4-9-2012

    Salut Marco, ça fait une paye…
    Outre la qualité de ta proposition image/texte, ce qui me touche ici – comme souvent sur ces pages, c’est la sensibilité et la spontanéité des échanges qui en naissent – je pense notamment à ton échange avec Francis ici, la profondeur à laquelle on peut « se laisser aller » sur quelques modestes lignes, et la singulière fraternité qui s’y’dessine. Comme quoi, ça marche aussi quand on ne prend pas « les gens » pour des veaux et qu’on ne se sent pas obligé de leur servir la sempiternelle soupe dont on les imagine friands… Ce qui m’attriste un peu par contre, c’est de devoir venir ici pour trouver une telle qualité d’échange … au quotidien dans le « vrais vie », pas toujours ça j’avoue … mais allez, j’exagère: longue vie à ces pages – et longue vie à toi, pour sûr!

    • 1238 réactions 4-9-2012

      Je n’ai pas toujours le temps de répondre comme il convient, malheureusement. Et lorsque j’en prends la peine, c’est le temps de visiter la production des autres qui me fait défaut. Mais c’est vrai – et tu me le faisais remarquer toi-même quand je lançais ce blog – que tout ce déballement d’images et de textes n’aurait aucun sens s’il n’induisait pas un échange. Il n’y a que les charlatans qui n’écrivent que pour eux-mêmes. Puis, s’ils prétendent tout de même écrire pour les autres sans prendre la peine de les respecter, ils sont deux fois charlatans. Ceci dit, nous finirons bien par nous jeter tous les deux une grappa (que tu feras semblant d’apprécier) : tu constateras alors que l’on peut échanger de manière plus profitable encore hors du virtuel et tu me pardonneras peut-être si je prends tout de même quelquefois certaines catégories de mes contemporains pour des veaux.

  3. 50 réactions 4-22-2012

    Wow – what a powerful image! The atmosphere, your framing, the lighting and b&w treatment are amazing, everything is perfect. I love how the silhouetted figure is not only walking out into the sun but also into a seemingly new world. You’ve captured a great ambience. Many, many compliments. Your work is very inspiring!

    • 1238 réactions 4-23-2012

      Merci, Martina. J’aime cette idée de passage d’un monde à un autre. Je voulais un éblouissement.

  4. 25 réactions 4-24-2012

    Moi j’y vois du mystère ici, cette ombre qui s’avance dans la lumière, très bien vu et très bien fait ce carré qui n’en est pas un, avec ce graphisme des ombres. Très bon encore !

    • 1238 réactions 4-25-2012

      Je n’ai pas toujours l’œil pour ce genre d’image. Mais ici, la géométrie quasi incisive des parts d’ombres et de lumières imposaient une image.

  5. 6 réactions 5-10-2012

    Marco,
    the central motif of this photo. The inferred bi-secting line across a square of the mundane works beautifully with your text. Thank you.

    • 1238 réactions 5-11-2012

      Très heureux que l’image et le texte te parlent, Geoffrey.

  6. 3 réactions 5-10-2012

    I might have been tempted to wait until he had reached the sunshine but nonetheless it’s still a great shot.

    • 1238 réactions 5-11-2012

      Merci Shooter. J’ai hésité. Il aurait fallu que j’attende une seconde ou deux et que je déclenche une deuxième fois pour comparer. Mais intuitivement, je voulais saisir mon personnage dans l’ombre : je me souviens que j’ai couru après lui pour le saisir avant qu’il ne rejoigne la lumière.

  7. 29 réactions 5-14-2012

    J’aime beaucoup cette photo à partir de laquelle chacun peut se créer son imaginaire… que va-t-il arriver à ce personnage lorsqu’il va arriver à la sortie du tunnel en pleine lumière … chacun peut s’inventer une vie rêvée, crainte ou espérée …
    J’aime beaucoup

    • 1238 réactions 5-14-2012

      J’aime énormément cette notion de « vie rêvée »… ou « espérée », « redoutée ». Il faudrait que le spectateur devienne toujours à son tour focalisateur du récit ou de l’image.

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