53 - Trois sur la ligne de départ.

Posté par le 16 avril 2011 dans Paris | 12 Réactions

Ce motard m’a repéré. Peut-être avons-nous une dégaine similaire : comme les starlettes, nous avons la fâcheuse coutume de nous mater l’accoutrement, entre bikers. Les deux autres en revanche, quoiqu’ayant négligé d’adjoindre l’option moteur à leur deux-roues, semblent plus concentrés sur leur sujet. Si j’avais misé quelque chose dans cette compétition, je rappellerais illico à mon collègue biker la fable du lièvre et de la tortue. Mais, au bout d’un moment, la compétition, ce n’est décidément pas ma tasse de gnôle. Je ne sais ce que tu en penses, mais...

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52 - Alors ?

Posté par le 15 avril 2011 dans Paris | 10 Réactions

Elle attend. Attend-t-elle ? Je n’en sais rien en somme. Elle s’est peut-être posée là parce qu’il faut faire quelque chose du temps qui passe. Parce qu’il n’y a rien non plus dans cette journée qui ne ressemble à de l’absence. Alors quoi ? Se planter là. Se farder d’un peu d’inquiétude. D’inachèvement et d’oubli. Se camoufler tout doucement dans l’absence. Et puis, attendre quand même. Attendre.

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51 - Te retourne pas !

Posté par le 13 avril 2011 dans Paris | 9 Réactions

  Je l’ai repéré de loin, titubant, descendant presque péniblement la rue Mouffetard. Je me suis dit que ce gars-là – avec sa gueule de Quasimodo new look, ses oreilles comme deux grandes mains supplémentaires, ce filet permanent de bave qui lui pointe des lèvres – devait savoir à ses dépens ce qu’était un gros rire imbécile et compensateur. Et cependant – ça m’épatera toujours – mais dans ce monde-là, il est possible de passer inaperçu, de demeurer totalement invisible à l’autre. La fille au téléphone ne s’est pas retournée une seconde...

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50 - Place de Clichy, un visage.

Posté par le 12 avril 2011 dans Paris | 14 Réactions

  Et puis, c’est comme un reflet dans la vitre : tu es dedans ou tu es dehors, tu es « in » ou tu es « out », tu consommes ou tu te laisses consommer. Comme un fantôme qui tient de la chair et de l’ombre, de la brique et du vent. Comme le souvenir d’un chromo kitsch dans un livre d’école. Comme ce visage qui est certitude et pâleur. Tant de certitudes et tellement de pâleur. Ça ne tient à rien la certitude. Tu t’y cramponnes un moment et déjà tu te dilues. Ou alors, tu ne tiens à rien. Tiens-tu à quelque chose ? Moi ? J’ai repéré ton visage et le...

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49 - Jeu sans frontières.

Posté par le 12 avril 2011 dans Paris | 4 Réactions

Je ne sais pas. J’aimais assez l’antinomie entre l’attitude de cette femme et cette paire de guibolles en vitrine. Il y avait, selon moi, tout un univers de paradoxe, d’incompatibilité et cependant d’absurde normalité entre les deux. Puis, on me dit que c’est tout de même un brin racoleur. C’est possible. Je ne cherche pas l’originalité. À mon sens, il n’y a encore que du convenu dans la quête d’originalité. S’il y a des choses inédites à chercher, ce ne peut être que du côté de la sincérité. Ai-je été suffisamment sincère sur ce coup-là ? Je manque...

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48 - Sans filet.

Posté par le 11 avril 2011 dans Paris | 5 Réactions

Cela fait un moment que nous travaillons, Barbara et moi – surtout elle : je le confesse avec une belle dose de fierté et pour l’en remercier publiquement – à l’élaboration de ce blog. L’avons-nous suffisamment nourri ? Il est temps dès lors de le laisser vivre un peu sa vie en le balançant sur les ondes. Comme pour cet homme, qui entreprend sa copine sous le regard apparemment réprobateur, mais pourtant casuel, du bistrotier derrière la vitre, c’est le moment sans doute de travailler sans...

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47 - Initials SG.

Posté par le 8 avril 2011 dans Paris | Un commentaire

Rue de Verneuil, le repaire du défunt Serge Gainsbourg a des allures de sanctuaire. Des curieux, des touristes stationnent en permanence sur le trottoir opposé, commentent les graffitis, font des clichés, mais on ose à peine traverser la chaussée. Comme s’il fallait regarder de loin et se taire. Et tout se passe en chuchotant, en se frôlant, en fredonnant tout doucement. Moi ? Je m’en activerais bien une in memoriam, mais je peine à mettre la main sur mon zippo. Cet homme aux cheveux grisonnants s’empresse de m’offrir du feu. Si tu as passé trois minutes de ton existence à...

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46 - Le retour.

Posté par le 7 avril 2011 dans Métros et gares, Paris | 5 Réactions

Fin de journée, dans le labyrinthe de Nation, des êtres qui se faufilent, qui se croisent, et des moues et des mains et des parcours qui évoquent du suspendu, du non pensé encore. Il faudra revenir à la surface et revoir la lumière pour se remettre à penser, à avoir faim, à reconnaître les visages que l’on aime ou que l’on évite et à partager, à communiquer avec eux, à vivre. Et puis, au détour du couloir, cet homme seul. Qu’en dis-tu ? Est-ce effrayant de se retrouver soudain seul quand l’on était mille à se bousculer, à se presser, à grignoter, chacun dans sa...

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45 - Et si…

Posté par le 5 avril 2011 dans Paris | 2 Réactions

Rien. Je te laisse inventer la suite. On devrait tous, je suppose, être habités de contrées imaginaires. On devrait y puiser parfois de quoi suggérer un peu d’épaisseur au réel. Et au bout d’un moment, je me dis que peu importe si tu te rêves les pieds dans l’océan ou la main dans le sac de la rombière devant toi. Parce que, en somme, qui se fiche des rêves que tu n’as pas l’insolence de réaliser ?

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44 - Sur les quais de Seine.

Posté par le 4 avril 2011 dans Paris | Commenter

Je trainais sur les quais de Seine l’autre jour, lorsque cette libraire m’interpelle assez vivement. Je l’avais cadrée en passant et elle n’appréciait pas du tout que je lui subtilise le portrait. Je me fixe. On palabre. C’est de l’effraction, qu’elle me fait. Du viol ! Bref. Si tu as pratiqué toi aussi la scène de rue, tu connais par cœur la teneur du débat. Tu la connais d’autant mieux si tu as un minimum de réflexion sur ta pratique, puisque – avoue-le – tu t’es posé les mêmes questions. Je ne te ferai pas lanterner : cela s’est plutôt bien...

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