112 - Retour aux Marolles.

Posté par le 24 octobre 2013 dans Bruxelles | 33 Réactions

Retour aux Marolles.

Enfant, je m’entendais répéter tout le temps de ne pas traîner dans le quartier des Marolles. Je m’entendais répéter tout le temps : « Ce sont de drôles de gens dans les Marolles : des soûlots, des demi-romanos, des quarts de putains, puis tous ces vieux Bruxellois et ces vieilles Bruxelloises vulgaires et racistes ». J’évitais donc consciencieusement de traîner dans les Marolles. Et c’est dommage : un de mes meilleurs amis et une de mes ex-femmes y grandissaient et c’était du délire et ils s’éclataient vraiment dans les Marolles, tandis que je me morfondais en...

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111 - Élisa.

Posté par le 10 octobre 2013 dans Piombino e dintorni | 24 Réactions

Élisa.

Élisa, petit être vif et fragile, mon lutin de l'Oural, m'accompagnait avec Bénédicte, sa mère, et Guillaume, son frère, dans mon pays de Toscane cet été. Chacune de ses moues était une narration et un paysage : Élisa s'imposa naturellement comme modèle.

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110 - Madame Michèle.

Posté par le 5 octobre 2013 dans Paris | 23 Réactions

Madame Michèle.

L’autre jour – bon ! Il y a un moment, en vérité : si tu me connais un peu, tu sais que j’ai une conception du temps très éthérée – je déclarais franchement ma flemme de pondre du texte sur ma page Facebook et proposait à mes visiteurs de compenser en me fournissant le dialogue de cette image. On s’est mis illico à causer nuisettes et excès pondéraux… ce qui a vraisemblablement découragé les visiteurs masculins d’intervenir. Un exercice au féminin donc. Avec la participation de (par ordre d’intervention) : Janine Vittori, Virginie Thé, Stéphanie...

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109 - Bruxelles pourtant.

Posté par le 16 septembre 2013 dans Bruxelles | 30 Réactions

Bruxelles pourtant.

A cette ville, qui ne m’est rien ou pas grand-chose, je dédie mes nuits. Toutes mes nuits. Et les toutes premières lueurs de l’aube, qu’elles soient de feu ou de cendre. Et le ferraillement du premier tramway. Et les néons des cuisines où s’affairent ou se languissent des lève-tôt qui n’ont pas pris leur premier café encore. A eux, je songe en descendant mon dernier espresso. Et à l’envol de l’oiseau, qui est moineau ou condor selon les jours. Et à son frère de bec et de sang, le chaos, qui, de ses ailes longues et griffues, effleure sans se soucier de l’entamer le...

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108 - Par les forêts et les rivières.

Posté par le 24 mai 2013 dans Ailleurs | 16 Réactions

Par les forêts et les rivières.

Aujourd’hui, reparcourant distraitement les sublimes bêtises de James Fenimore Cooper dont je me régalais enfant, je me sens un peu comme le fameux dernier des Mohicans : forcément en voie d’extinction. Et ce n’est pas la maladie, la douleur qui m’éteindront, ce n’est pas la conscience d’être sur le fil ou le soupçon que les choses basculeront peut-être demain. Qu’elles basculent ou non ne m’émeut guère. Ce qui m’agite et me hante est bien au-delà. Cela se loge dans le regret, le souvenir. L’enthousiasme ou la rancœur des équipées périmées. Et je...

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107 - La cinquième vie de la tarentule.

Posté par le 6 mai 2013 dans Paris | 32 Réactions

La cinquième vie de la tarentule.

Et puis, entre ciment et marbre, songe et lucidité, j’ai toujours, au bout des pattes, cette impatience de toi. Cet appétit d’éprouver tout ce que tu éprouves. Tout ce que tu fais, ce que tu dis, ce que tu penses. Et le goût de ton corps que je chaparde. Et le sel de ton corps qui me ronge la langue. Et le regret de ton corps qui se fait pédipalpe et mâchoires. Toi ! Crois-moi loin, crois-moi lâche et insensible et mauvais. Ne sache jamais que je te guette encore. Que je t’épie sans cesse, tapi dans mon trou de bave. Que je te piste – qui évolues diaphane et avide...

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106 - On ne cesse jamais d’aimer

Posté par le 17 avril 2013 dans Paris | 60 Réactions

On ne cesse jamais d’aimer

Un jour, tu es cet homme qui prend un café et regarde distraitement le mouvement des passants à la devanture d’un bar, rue de Rivoli. Tu n’attends rien de particulier, ni personne, ce jour-là. Tu as le temps. Tu essaies de faire le bilan. Tu te dis : On ne cesse jamais d’aimer. Il n’y a pas de raison pour que tu t’arrêtes précisément à cette idée-là, mais tu t’y arrêtes quand même. On ne cesse jamais d’aimer, évalues-tu. Quelqu’un t’a répondu un jour : « Non, on aime autrement ». Bon. Même si tu confesses avoir repris ça-et-là cette allégation à ton...

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105 - QUITTER PARIS.

Posté par le 1 avril 2013 dans Paris | 35 Réactions

QUITTER PARIS.

Quitter Paris. Négliger l’inaccompli, l’illusoire, le mesquin. Revenir à l’essentiel. Quitter sans rancœurs, ni remords. Quitter sans m’attarder à la colère, sans monnayer du temps, de l’énergie, au futile. Et mon seul, mon grand amour magnifique de vieil adolescent me rejoindra peut-être à l’autre bout du rail. Un hommage essentiel pour conclure. Ce blog, tu l’ignorais et t’en fichais peut-être, était à deux doigts de mettre la clé sous le paillasson. S’il a désormais un avenir, c’est grâce à mes deux frères, Lorenzo et Paolo, qui...

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104 - Hey, Mr Rain ! [Version 2]

Posté par le 7 mars 2013 dans Paris | 28 Réactions

Hey, Mr Rain ! [Version 2]

En parler ? Pourquoi faire ? Ici, tout se vend. Tout se joue sans cesse et se bricole et se marchande sur un coup de dé. Mais il y a dans la mémoire des envies, des élans qui ne se négocient pas. Il y a des certitudes qui sont comme un précipice où tu trembles et où tu rêves pourtant de te jeter. En parler quand même ? À quoi bon ? Cela ne console pas de confier, ne compense jamais rien de dire. Et tu l’as encaissé depuis longtemps : il n’y a pas pire solitude que la solitude à deux. Hey, Mr Rain [version 2] : à écouter ici. Hey, Mr Rain [version 1] : C’était...

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103 - Hey, Mr Rain ! [Version 1]

Posté par le 26 février 2013 dans Paris | 42 Réactions

Hey, Mr Rain ! [Version 1]

Elle a vieilli ma dame aux lèvres de satin. J’ai vu flotter comme un soupir, s’évanouir comme un rictus. Je ne me retourne pas. Mais j’ai senti, du cuir fané de ses cuissardes, s’élancer du souvenir, du regret, comme de grands gestes inutiles. En parler ? Pourquoi faire ? Je ne me retournerai plus, te dis-je. Elle a vieilli ma vie, ma dame aux lèvres de satin. Et lorsqu’elle se sent seule, puis lorsque tout est moche, elle se confie à l’immonde nuage de lait qui pollue son café. Hey, Mr Rain [version 1] : à écouter ici. Hey, Mr Rain [version 2] : Minute ! C’est la...

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