43 - On ne va pas à la misère comme on va au zoo.

Posté par le 3 avril 2011 dans Paris | 11 Réactions

Je lisais récemment sur la grande toile un échange édifiant. Édifiant de platitude et d’inventivité orthographique, me rétorques-tu ? Je n’ai rien dit de tel. Ne m’interromps plus et tâche de suivre un peu. Le débat lancé par je ne sais quelle grosse tête de la provocation virtuelle et entretenu sur des kilomètres se schématisait en une phrase : De quel droit, et avec quelle motivation, le photographe de rue se permet-il de photographier les exclus, les clodos, les sdf ? Là-dessus, les uns embrayent « déontologie » et « politiquement correct », les...

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42 - Septembre à Montréal.

Posté par le 3 avril 2011 dans Ailleurs | 11 Réactions

Récemment, on me demandait jusqu’à quel point j’avais pensé la composition de cette image. Ai-je patienté jusqu’à ce que les aiguilles de l’horloge marquent la symétrie avec les flèches du panneau indicateur ? Et puis ? Ai-je attendu encore que les deux mômes esquissent un mouvement similaire ? Moi, embêté : tu veux que je sois franc ? ai-je répondu. C’était un jour un peu maussade sur Montréal. J’achevais un long séjour américain que j’avais quasi entièrement consacré à essayer de comprendre sur le terrain la culture des...

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41 - Samedi en ville.

Posté par le 3 avril 2011 dans Paris | 3 Réactions

La rue. Voilà selon moi le plus complet, le plus vaste des thèmes photographiques. Je respecte a priori toutes les pratiques créatrices. Mais j’avoue un faible pour la démarche de ce photographe, dont j’ai malheureusement oublié le nom, et qui s’était fixé comme objectif de photographier le petite monde clôt de sa propre rue. Descendre dans la rue et shooter le premier qui passe ! C’est un défi à la hauteur selon moi. J’embarque donc mon appareil, quel que soit le but de ma sortie, et je marche et j’observe. Ici, tu veux savoir ? C’était un samedi...

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40 - Retour au Square Caulaincourt.

Posté par le 2 avril 2011 dans Paris | 4 Réactions

Il y a des endroits qui nous parlent, des lieux qui nous sont comme une présence. Et, l’on ignore le plus souvent comment ou pourquoi : être là est une sorte de réconfort. J’ai hanté un temps les contreforts de Montmartre, côté Place de Clichy et cimetière. Tu visualises un peu le quartier ? J’y tirais parfois des journées longues où je ne faisais rien de valable, puis d’autres journées joyeuses et chaotiques où je me plantais à la terrasse du Wepler avec un crayon, mon carnet de notes et le fantôme du jeune Henri Miller. Mais peu importe. Revenant dans le secteur...

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39 - En passant.

Posté par le 2 avril 2011 dans Bruxelles | 2 Réactions

Bon. Ce modèle féminin ne doit évidemment rien au soussigné. Plus modestement, mon modèle à moi, c’est le monsieur, fort concentré sur lui-même, qui déambule en contre-bas avec son cigare. Et mon thème ? La dimension vaguement cocasse de cette rencontre improbable.

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38 - La mort est la vraie vie des étoiles.

Posté par le 2 avril 2011 dans Bruxelles | 4 Réactions

  Auparavant, je les avais repérés déjà : ils descendaient leur Jupiler à l’aise dans je ne sais plus quel troquet de la rue Blaes. C’était tôt dans la matinée. Un jour aussi venteux et morne que toute une vie de blatte. Il avait déjà l’oeil vitreux. Elle émettait des petits chuintements avec la bouche en lapant sa blonde. J’avais bien songé à leur voler le portrait, mais manquais de recul sur ce trottoir encombré. Là, je me trouve un peu plus haut dans les Marolles, lorsque je les vois se radiner dans mes épaules. Le temps de dégainer,...

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37 - Telle que tu me vois.

Posté par le 2 avril 2011 dans Paris | 2 Réactions

J’avais localisé ce sourire large, ce soupçon de béatitude, et cherchais le moyen de l’encadrer. Puis, j’ai pensé la jouer cocasse. Qu’en dis-tu ? Chercher, identifier la situation cocasse est assurément une des préoccupations essentielles du photographe de rue. Je crois qu’il ne faut pas bouder son plaisir quand la situation se présente. Mais je crois également qu’il faut dépasser le lieu commun. Le réel n’a pas à être forcément cocasse. L’est-il en vérité ? C’est tant mieux s’il s’en donne la peine. Mais tu conviendras peut-être avec moi qu’il ne...

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36 - Dormir… et peut-être rêver.

Posté par le 2 avril 2011 dans Métros et gares, Paris | 6 Réactions

J’ai emprunté, de mémoire, ce titre à un vers de Shakespeare. L’insomniaque que je suis songe depuis longtemps à intituler une de ses nouvelles de cette manière. Puis là, je me dis que j’ai de la matière et que je n’ai pas besoin de plancher sur un texte après tout. Situation : je monte dans la rame de métro, station Hôtel de Ville, bouscule deux rastas, trois rombières, joue du coude, tente d’isoler un coin tranquille où l’objectif de mon 60D se donnera l’air de dominer un peu la situation. Et je repère illico ce quidam en mode « off » et « j’y suis pour...

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35 - L’addition.

Posté par le 1 avril 2011 dans Bruxelles | 10 Réactions

Deux potes allongeant la mitraille sur la terrasse de ce café branché du boulevard Anspach. Sur la table : les verres vides, un cendrier, le papier et le tabac à rouler. Il me semble qu’il n’y a rien de plus banal que cette scène-là. Moi-même, je l’ai vécue mille fois. C’est aussi ton cas, non ? Nous étions précisément dans ce même café ou alors à Paris, à Rome, à Montréal, mais c’était toujours le même décor et le même rituel. C’était comme un signe de reconnaissance. C’était – c’est encore – le signe d’une époque. Et ces choses-là se perdront...

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34 - Faites l’amour !

Posté par le 1 avril 2011 dans Bruxelles | 5 Réactions

Je ne connais pas cette brave dame et ne me permets en rien de préjuger de son sentiment à l’égard d’une inscription qu’elle ne fait d’ailleurs pas mine de noter. J’avais repéré ladite inscription et m’étais posé en embuscade, comptant déclencher au passage du premier quidam qui se donnerait la peine de se laisser encadrer. J’ai dû déclencher vingt fois : aucun des personnages encadrés ne me semblait « porter » la scène comme je me l’étais figurée. Je tenais aussi à ce que mon personnage se présente très exactement sous l’inscription et pas un...

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