Dans le silence des cimetières, je songe aux enfants qui meurent. Des enfants que l’on tue sans raison, me dis-je, mais s’il existe tout de même une raison elle est abominable et démente. Je songe aux enfants juifs de Toulouse et au monde noir et froid où l’on tue des enfants parce qu’ils n’ont pas le label local. La mort des enfants de Toulouse est un cri qui perce les croassements partisans de tous les corbeaux politiques. Un cri comme un coup de poing, qui te va droit au ventre et te lacère le cœur et te remue l’œsophage.  Un long cri qui déchire le silence des lâches et des piètres penseurs de toutes les chapelles. Et ce cri-là va à l’écœurement, à la bagarre et à la résistance. Aujourd’hui, je me revendiquerai « youpin ». Demain, je serai « rital », « bicot » ou « nègre » si ça me chante. Je serai pédé, tzigane, chômeur. Je serai de tous les boucs-émissaires, les montrés du doigt, les sans-papiers, les faignants, les bâtards, les profiteurs de système honnis par les bien-pensants. Je serai de toutes les différences. Et je ne m’intègrerai pas, non. Moi, l’intégration, je la loge dans les cimetières.

  • Où : Bruxelles, cimetière de Molenbeek.
  • Quand : 22 février 2012.
  • Appareil : Canon Eos 60d.

le 20 mars 2012 | rubrique Bruxelles | 25 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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25 Réactions

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  1. 33 réactions 4-7-2012

    On ne peut que ressentir de l’empathie, au plus profond. Silence…

  2. 4 réactions 5-2-2012

    D’une très grande sensibilité , j’aime le silence des cimetières !

  3. 1 réactions 8-20-2012

    I know how you feel. Like @Sophie I like the silence that is in a cemetery, even in a very busy city. It is a place that I got to reflect on things.

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