FAlsace,Mulhouse,PlacedelaRéunion,TempleSt-Étienne01

Il y a toujours en toi – même lorsque tu t’agites dans la grisaille et la vie dure – un être qui sommeille dans la lumière. Tu sais le prix que l’on accorde aux choses, tu connais les règles, mais tu ne veux que ce qui te revient. Alors, le sommeil t’accoutre d’une joie sauvage. Et tu y attrapes ta part de rêve, tu t’empares de ta place au soleil.

  • Où : Mulhouse, Place de la Réunion.
  • Quand : 14 septembre 2015.
  • Appareil : Canon Eos 60d.

le 30 octobre 2015 | rubrique Ailleurs | 55 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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55 Réactions

Photoblog Awards
  1. 28 réactions 10-30-2015

    Superbe, Marco !

    • 1238 réactions 10-30-2015

      Merci Dominique. Je sais que tu le penses. Du coup, je vais illico en faire une autre.

  2. 45 réactions 10-30-2015

    Paroles d’évangile !!

    • 1238 réactions 10-30-2015

      N’exagérons rien !

  3. 7 réactions 10-30-2015

    Efficace résumé de l’état d’esprit pour survivre au confinement…

    • 1238 réactions 10-30-2015

      Je sais, Bruno, le confinement que tu évoques. Du coup, ton commentaire me touche tout particulièrement.

  4. 2 réactions 10-30-2015

    Mourir… dormir, dormir ! peut-être rêver !

    • 1238 réactions 10-30-2015

      Bienvenue ici, Bruno. Tu n’imagines sans doute pas comme la citation que tu fais est pertinente. C’est en effet le titre qui m’était venu spontanément pour cette image. Parce que c’est exactement ça ! Mais j’avais déjà annexé Hamlet pour une image, visible par ailleurs sur ce blog et montrant un homme dormant dans le métro.

  5. 2 réactions 10-30-2015

    je m’excuse Marco d’avoir utilisé cette citation que tu avais déjà utilisé avant et pour une très belle photo que je ne connaissais pas et que je viens de découvrir avec plaisir!
    tu peux bien sûr effacer mon commentaire :)

    • 1238 réactions 10-30-2015

      Mais pas question de l’effacer, Bruno. Je suis bien content au contraire que tu aies utilisé cette citation dans un contexte où j’ai moi-même hésité à le faire. Tu sais ce qu’on dit des grands esprits qui se rencontrent etc.

  6. 17 réactions 10-30-2015

    « ça désigne un art … un art où il entre une part de chance, tu vois, un art spécial, pas bien net… sans la chance, au moins un tout petit peu, ça ne marche pas…mais la chance suffit pas non plus, bien sûr, non, ce serait pas du tout intéressant… disons, c’est l’art de profiter des rencontres, oui… il faut d’abord une occasion, là, c’est la chance, et puis quelqu’un qui guette, qui a l’art de reconnaître l’occasion, qui se laisse saisir, donc…voilà…ce qui fait que, du coup, ce n’est pas la chance le plus important, c’est pour ça que c’est un art… »
    Cette citation de Jérôme Ferrari simplement pour te dire que tu es ce guetteur…Artiste!

    • 1238 réactions 10-30-2015

      La rencontre du hasard et de la pertinence, c’est en effet toute la définition d’une création qui se respecte et respecte ses interlocuteurs, à mon sens. Artiste ? Je ne sais pas. Je n’ai jamais assumé ce terme, j’ai tendance à le fourrer dans un tiroir avec un tas d’autres mots galvaudés, comme « militant », « démocrate » ou « hippie ». « Guetteur », ça me parle bien en revanche. Oui, décidément : « guetteur », j’adore. Il s’en dégage quelque chose de solide et de constant et quelque chose aussi qui évoque un peu le « spectateur nocturne » attribué à Restif de la Bretonne.

  7. 17 réactions 10-30-2015

    tu remarqueras que j’ai mis une majuscule car oui je suis d’accord avec toi sur le galvaudage du mot mais je crois pourtant vraiment qu’être guetteur ne suffirait pas s’il n’y avait pas aussi ton art de savoir quoi faire de ce guet… mais promis je ne te l’imposerais plus…lol

    • 1238 réactions 10-31-2015

      Le souci avec les mots, c’est que chacun y met ce qu’il veut y mettre (non, non, quoique ça me tente bien, je n’imposerai pas aux lecteurs de cette page un cours de pyschomécanique du langage !) Bref ! J’ai bien compris ce que tu veux y mettre. Du coup, tu me l’imposes quand tu veux.

  8. 49 réactions 10-31-2015

    Super : bravo.
    Bon wwek-end, Marco.
    Yvon.

    • 1238 réactions 10-31-2015

      Merci Yvon, Bonne fin de semaine à toi également.

  9. 6 réactions 10-31-2015

    Et alors ce rayon-là, qui chauffe ta joue et t’engourdit un peu, juste assez pour que tu te laisses aller assez pour, quelques instants, oublier -presque- la laideur qui t’entoure, ce rayon-là, tu le remercies vaguement d’exister et de te donner un sursis.
    Pardon, cette image donne envie de dérouler.
    Très beau texte. Très belle photo.

    • 1238 réactions 10-31-2015

      Mais, Nikole, je ne demande pas mieux qu’on « déroule » justement. J’ai conçu ce blog à cet effet : que chacun y déverse sa prose. J’aurais aimé aussi que chacun puisse y mettre ses images, qu’un véritable échange s’y développe entre les images et les mots. A quoi sert de donner à voir, à lire et à penser si on ne prête pas ensuite la parole à son interlocuteur ?

  10. 6 réactions 10-31-2015
    • 1238 réactions 11-4-2015

      Une précision, pas seulement pour toi Nikole, mais pour tous ceux qui prendront la peine de lire ces commentaires : je n’ai pas tagué cette image dans la catégorie sdf et ce n’est pas un oubli de ma part. C’est que je ne sais en vérité pas si cette petite dame est sans domicile. Je n’ai pas eu l’occasion de lui parler. Elle vit peut-être sa vie à sa manière et avec un souci tout personnel de la mode d’été. Bien sûr, l’impulsion première est de l’identifier comme une sdf : les commentaires récoltés sur facebook notamment vont dans ce sens et j’ai moi-même cédé d’abord à cette interprétation. Mais en combinant texte et image, j’ai senti très vite que ce n’est pas cette dimension-là que je voulais mettre en avant, mais bien plutôt le côté « j’ai mon monde, je m’y réfugie et, dans le vôtre, je n’y suis pour personne ».

  11. 18 réactions 11-3-2015

    Superbe photo et cadrage comme d’hab. Bravo Marco.

    • 1238 réactions 11-4-2015

      Grazie Alessandro.

  12. 3 réactions 11-3-2015

    /// toujours un très beau travail de ta part… / (de l’humanité…) ///

    • 1238 réactions 11-4-2015

      En vérité, je ne sais pas trop ce que c’est que cette « humanité ». Je fais les choses comme je les sens, je suis humain, mon travail est donc « humain ». Moi, ce qui m’épate toujours c’est qu’un travail créatif puisse revêtir les atours de « l’inhumain ». Faut avoir vachement buter sur le mot « créatif » pour en arriver là, non ?

      • 3 réactions 11-5-2015

        /// je songeais à l’humanité en général, ni bonne, ni mauvaise…

        pour ce qui est de ton humanité (au sens positif du terme), j’ai lu quelques-unes de tes lignes et je sais ce que j’y ai trouvé que je cherchais… ///

        • 1238 réactions 11-5-2015

          « Ni bonne, ni mauvaise » : nous sommes d’accord. Comme toi, je la mange « nature » l’humanité, sans conservant, ni additifs indigestes.

  13. 49 réactions 11-3-2015

    Bonne semaine, Marco.
    Amicalement.
    Yvon.

    • 1238 réactions 11-4-2015

      Bonne semaine à toi aussi, Yvon.

  14. 22 réactions 11-4-2015

    Et dans notre univers actuel, elle est bien réduite et se rabougrit cette place au soleil et s’il faut attendre la vieillesse pour en profiter un peu… C’est donc une photographie car c’est un point de vue qui donne à penser et non la simple représentation d’un personnage pour lui-même.

    • 1238 réactions 11-4-2015

      Mais s’il y a bien une chose que je n’attends pas, c’est la vieillesse. Ceci posé, je crois qu’il y a – aussi mince soit-il – un point de vue dans toute représentation de l’humain. Techniquement, le N&B est déjà un point de vue. Bon, je comprends évidemment ce que tu veux dire, mais je ne crois pas – quel que soit d’ailleurs les intentions du photographe – qu’il existe une manière d’éluder la subjectivité, le parti pris, bref le point de vue, dans la représentation photographique.

      • 22 réactions 11-4-2015

        Quand j’évoque le point de vue, c’est pour le distinguer de l’opinion ou du parti pris, bref du slogan, de la monosémie qui ne laisse aucune place au questionnement, à l’ambivalence, donc à la réflexion. Si tu as lu mes récents billets ou tout ce qui sous-tend ma démarche, tu sais de quoi je veux parler.
        En ce qui concerne l’attente de la vieillesse, c’est de l’ironie de ma part bien sûr. En effet, je ne me réfère pas à cette photographie spécialement, mais à l’état d’esprit de nos pays dit « modernes » pour lequel la retraite est le Graal qu’il faut atteindre : « vivement la retraite ! », entends-je souvent. Pathétique…

        • 1238 réactions 11-4-2015

          Oui, oui, c’est bien parce que j’ai lu tes derniers billets que je te répondais en ce sens. Non que je ne sois pas d’accord avec les arguments et exemples qui les sous-tendent, mais je m’interroge sur la réalité intrinsèque de cette monosémie. Pour un esprit un peu éclairé, je crois fermement que le slogan est éminemment polysémique. S’il ne l’était pas du reste, qu’aurions-nous à en dire ? Je sais bien évidemment les intentions monosémiques, dirigistes, de ce type de communication, mais je ne veux pas confondre l’intention et l’expression. Parce que, n’aurait-on qu’un mannequin au regards et aux genoux lissés à représenter, tout fait sens en photographie. Tout fait sens dès lors qu’il y a choix d’un langage, y compris lorsqu’il y a volonté de l’appauvrir, voire de le neutraliser. Sinon, j’avais bien compris l’ironie de ta réflexion sur la vieillesse et je te répondais dans la même catégorie. Tout dans « nos pays dits modernes » tente de nous convaincre qu’il faut perdre beaucoup pour gagner un tout petit peu. Croire en la retraite aujourd’hui, comme on misait sur les joies délurées et compensatrices du Paradis chrétien au moyen-âge ? Pathétique en effet. Et tellement symptomatique de l’humain.

          • 22 réactions 11-4-2015

            La bonne photographie, de mon point de vue, c’est celle qui questionne, pas celle qui montre ou veut prouver quoi que ce soit. Pour cela, une belle organisation plastique ne suffit pas, elle doit être au service de ce questionnement. En fonction de son éducation, de ses convictions, de son parcours et même de son humeur du moment, chacun y réagit différemment. Cette scène que tu proposes rentre pour moi dans cette catégorie. Enfin là, on s’éloigne du sujet initial de ce billet…

            • 1238 réactions 11-4-2015

              Nous sommes d’accord. Mais mon propos consistait davantage à interroger ce que serait une bonne interprétation plutôt qu’une bonne photographie. Dès qu’il y a abandon du questionnement que tu évoques, je pense fermement que le récepteur est aussi responsable que l’émetteur. Nous éloignons-nous du sujet ? Peu importe. S’il y a communication, partage, il y a forcément autant de sujets que ne veut en dégager chacun des communicants.

              • 22 réactions 11-4-2015

                Il n’y a pas, à mon sens, de bonnes ou de mauvaises interprétations. C’est même leur multiplicité qui permet une certaine clairvoyance (au sens lucidité j’entends). Elles existent et sont donc justifiées de facto.

                • 1238 réactions 11-4-2015

                  Oui, le terme « bonne » était maladroit. Je désignais plutôt la paresse interprétative, l’absorption passive, la tentation de ne pas interpréter.

                  • 22 réactions 11-4-2015

                    D’où l’intérêt de produire de bonnes photographies pour contrecarrer cette paresse interprétative que tu soulignes. La boucle est bouclée n’est-ce pas…

                    • 1238 réactions 11-5-2015

                      Gageons pourtant que nous y reviendrons.

  15. 3 réactions 11-4-2015

    Il y a dans l’expression de ce visage le poids d’une vie, dans le geste le désir de trouver l’apaisement, de s’extraire du monde et de savourer l’instant dans sa simplicité, car qui sait si dans ses rêves il n’y a pas plus de lumière que dans ceux qui goûtent le soleil au bord des piscines des palaces? Superbes, l’image et le texte!

    • 1238 réactions 11-5-2015

      Je suis convaincu que ses rêves sont peuplés de soleil. Je l’ai aperçue chaque fois que je me suis pointé Place de la réunion et toujours elle y faisait la sieste. Je projette peut-être – je suis insomniaque pour ma part – mais je crois que l’on ne peut pas rechercher le sommeil à ce point-là si celui-ci n’est pas habité de lumière.

  16. 36 réactions 11-6-2015

    Et encore une image  » indicielle  » reflétant le réel ! Mais pas celui – pour moi – de conventions générant des stéréotypes qui permettent à ceux qui s’encodent de mesurer – probablement – leurs repères, non, du réel sans convention portant les intentions de l’auteur qui laisse à chacun sa part de langage émergé. Et de t’exprimer qu’il y a pour moi dans la captation de ton image un supplément ou un reste, un impensé à travers quoi tout reste à penser. Quant à ton texte,il fait tomber plus encore l’image tombée du réel, il fait tomber l’image du ciel du réel ! Dis, Marco ? Voir et croire ne sont décidément pas des conventions envisageables dans la surface de la  » Représentation « .

    • 1238 réactions 11-7-2015

      « Représenter » n’est pas nécessairement « penser ». Dans ce domaine, les conventions s’expriment aussi du non-pensé au non-pensable. « Croire » est sans doute un cran au-dessus. Ce devrait être une question de foi, c’est surtout une question de stéréotypes, de clichés, qui sont à tout prendre une forme éminemment conventionnelle de la foi. Vouée au cadrage et à l’instant, je crois que l’image est d’abord le lieu d’un non-dit. A mon sens, le texte explore – mais sans le dévoiler forcément ni l’expliciter – ce non-dit. Le texte est le hors-cadre de l’image. Certains diront que ce hors-cadre n’a pas besoin d’être explorer : c’est leur point de vue. Je le respecte sans le partager. Le hors-cadre est selon moi essentiel à l’exploitation de l’image. Ainsi, pour moi, le sujet qui regarde est plus important que le sujet regardé. Parce que c’est précisément dans ce regard qu’émergent le « dire », le « penser », le « croire » et toutes les conventions qui sous-tendent ces différentes facultés.

      • 36 réactions 11-7-2015

        Le temps de la prise d’image correspond, à mon sens, au temps de la réception, c’est un état de la réalité, une preuve, ou l’indice n’est pas intentionnel de ne tracer qu’une vérité ou le langage n’a aucunement le temps de s’immiscer entre le réel et le spectateur. Et puis, il y a le temps de la promesse de l’image ou tout reste à penser, où le langage du photographe s’infiltre par le biais de diverses opérations – ou non – : numérisation, cadrage, traitement – , clonage, etc, afin d’investir le temps du résultat : l’intention. Celle que le photographe aimerait voir dans le regard du spectateur pas nécessairement observateur. Et de conclure, avec le temps du texte confortant l’intention de l’auteur sensée retenir l’attention du lecteur : l’autre récit de l’image ou voir ne suffit pas à croire.

        • 22 réactions 11-7-2015

          La prise de vue une preuve ? De quoi ? Le photographe était là à un moment donné et il a choisi de cadrer une scène de telle façon. Le cadrage est un choix par élimination du reste. C’est donc à la fois une intention et la marque d’une réflexion préalable plus ou moins consciente sur un sujet donné auquel le photographe (s’)est préalablement sensibilisé, sinon il serait passé sans s’arrêter.
          Ensuite, il peut y avoir a posteriori une seconde intention de travestir la prise de vue par divers procédés techniques pour vouloir prouver quelque chose. Là c’est l’intégrité du photographe qui est en cause, mais c’est un autre sujet.

          • 1238 réactions 11-7-2015

            Je prendrai le temps de réfléchir pour répondre plus tard à vos interventions. Mais d’emblée je veux rebondir aussi sur ce terme de « preuve ». Pour ma part, j’utilise plus volontiers celui de « document », dont le champs sémantique n’élude pas a priori une éventuelle falsification. Je crois que c’est dans ce sens que tu as utilisé le mot « preuve », Fab. Peut-être pèche-t-il par un excès de connotation ? En même temps, Loj, il y a bien preuve que – comme tu l’énonces – « le photographe était là à un moment donné etc. » Preuve donc d’une présence, d’une implication spatio-temporelle dans l’énoncé.

            • 1238 réactions 11-8-2015

              J’aime assez, Fab, cette idée de séparer le temps de l’intention de celui du déclenchement. On pourrait ergoter sur le mot et mettre de l’intention – en la situant par exemple dans l’inconscient – dans chaque terme du processus photographique. Pour ma part cependant, je ne suis pas de ces photographes qui mettent en scène leurs images, qui la cherchent et songent au cadrage avant même de déclencher. Je me fie exclusivement à l’instinct à ce moment-là et me fiche absolument des considérations esthétiques. L’image brute est d’abord la captation d’un flux dans lequel je m’inscris moi-même. S’il faut tout de même évoquer de l’intention, elle réside tout entière dans cette volonté de participer au flux et de me précipiter toujours au plus près de ce qui mériterait d’y être prélevé. Après seulement vient le moment du choix : choix d’exploiter ou non l’image brute, choix de lui imposer un traitement révélateur d’une intention parfaitement assumée à ce stade.

              • 36 réactions 11-10-2015

                Oui Marco, un traitement révélateur et donc significatif. Et tu n’es pas sans savoir que j’apprécie particulièrement qu’on assume sa démarche.

          • 36 réactions 11-9-2015

            L’image dans le temps de la captation demeure pour moi une preuve. Et pour répondre à votre question,  » de quoi ?  » : de la réalité photographique. Une seconde avant ou une seconde après la prise de vue dudit moment, c’eût été la réception d’une autre réalité, d’un autre moment. Voilà, le sens que je donnais au mot preuve, cependant, tout en tenant compte de la preuve, comme une proposition de la réalité, car l’image produite par la technique – aussi performante soit-elle et en admettant que son utilisateur en fasse une utilisation optimale – ne peut se substituer strictement à la réalité perçue par l’œil humain du photographe. Et du reste, existe-t-il une réalité individuelle de la perception ou la perception modifie-t-elle ce que nous percevons ? Mais, c’est une autre question – philosophique –.

            Les intentions sont partout en nous et autour de nous, bien évidemment, conscientes – ou pas – , peu importe. J’évoquais dans ma précédente réaction l’intention sémiotique dans la mesure du sens que je souhaite donner à l’image une fois reproduite techniquement. Au moment de la prise de vue, le temps de la cogitation pour guider assurément ma vision dans une rapidité d’exécution qu’exige le geste du déclenchement dans l’instantanéité d’un signe, j’affirme que je n’en possède pas et suis donc, à ce moment bien précis, dépourvue de tout projet d’intention – et n’allez pas croire que je vous fasse un procès d’intention -. J’investis des lieux spontanément, je ne me poste jamais dans un endroit en attendant du signe et laisse les signes venir à moi  » innocemment « . Dès lors, le temps du cadrage, je le réserve à du  » statique  » . Éliminer d’emblée en temps réel ce dont je ne souhaite pas dans mon champ de vision ne me convient pas. Par ailleurs, je ne me situe aucunement dans une démarche purement photographique. Et de vous préciser que je ne suis pas photographe. Je ne suis qu’une  » Raconteuse d’images  » qui utilise l’indice sémiotique dans l’image déjà reproduite par moi ou d’autres – avec leur autorisation -. Je considère l’indice comme l’œil d’une image que je tente de narrer. L’intention suivie d’un choix se déclarera pendant la visualisation de l’image et avant même que j’amorce mon travail de recadrage ou post-traitement. Ma visée de l’image n’étant pas en soit la modification, mais la compréhension et donc la réflexion de toutes opérations que je perçois comme les mieux adaptées à ce que je désire réciter, sans contingent, à travers l’indice de l’image

            Une image travaillée reste vraie dans le signe, sous condition que le procédé de son adaptation s’intègre dans la réalité sémiotique relative à la contexture photographique. En revanche, l’image  » racontée  » perd inévitablement son authenticité. La création d’une autre image peut être une intention forte chez un auteur et le spectateur et/ou lecteur, selon que du texte soit relié à l’image – ou non – aura le choix entre plusieurs histoires : celle de l’image, du narrateur ou le mixte des deux, mais il nous livrera invariablement la sienne, sa donnée : l’interprétation. Donné que nous sommes tous des raconteurs d’histoires ! Non ?

            • 22 réactions 11-9-2015

              L’idée de la preuve est corrélée à celle d’objectivité de la photographie comme document fiable, comme une représentation d’un réel. Je n’y crois pas personnellement. La seule certitude que donne la photographie, c’est que telle chose (ou scène, événement…) a été vue par un observateur à tel endroit et à tel moment. C’est littéralement un point de vue.
              Quant à l’intention de donner du sens, de raconter une histoire, j’entends votre propos mais j’y suis pour ma part étranger. C’est pour cela que je ne m’autorise aucun recadrage ou quelqu’autre transformation que ce soit, parce que toute reconstruction a posteriori ne sera jamais fidèle au ressenti primal, en vivo (donc à l’absence d’intention de preuve si l’on veut bien). Si une photo n’est pas bonne à la lecture de la planche de contacts, c’est simple, je ne la tire pas. De mon point de vue, la prise de vue ne traduit que la réaction du photographe confronté au réel à un pré-conditionnement (ou à une réflexion préalable) sur un sujet qu’il se propose de comprendre, ou que sa curiosité attire.
              Le procédé d’enregistrement d’images peut avoir plusieurs objets. Le plus commun, c’est de matérialiser ce qui deviendra des souvenirs, une façon de maîtriser ses angoisses existentielles quand on y pense… Un autre très répandu aussi, c’est montrer, désigner, documenter (là aussi, c’est une façon de se rassurer derrière un prétexte pseudo-scientifique face à ces espaces infinis qui nous effraient…). Le vôtre, si j’ai bien compris est sous-tendu par une intention narrative, raconter des histoires.
              Pour ma part, c’est plus basique : par les instantanés que je saisis, je cherche à comprendre le monde dans lequel je vis, y compris dans ses insignifiances qui peuvent se révéler signifiantes quand on sait les regarder. Le monde est un chaos, mais parfois, le temps d’une fraction de seconde, tout s’organise et fait sens.

              • 36 réactions 11-10-2015

                … et je respecte le point de vue du puriste que vous me semblez être. Mais qu’entendez-vous par les insignifiances de notre monde que vous qualifiez de chaotique ? Ses faiblesses, ses petitesses ? Où ses banalités ? Et s’il s’agit bien de banalités, pour moi qui me situe toujours dans une démarche sémiotique quelle que soit la forme que revête mon travail, j’estime qu’aucun signe n’est insignifiant. Et d’ailleurs, sur quel fondement se base-t-on pour déclarer qu’une personne, un objet, une situation ou autre est insignifiant ? Le fondement de notre propre conditionnement ? Ce qui est insignifiant pour l’un ne le saura forcément pour l’autre. Je considère l’insignifiant comme un signifiant très révélateur du monde où nous évoluons – enfin, ou nous sommes sensés évoluer). Il nous signifie que nous nous acharnons à construire du sens – à tout prix et à tous les prix dans la grande braderie du monde -, car le sens est cohérent à l’esprit et nous pouvons donc opérer sur lui, le façonner et se persuader dans nos croyances. Le sens nous stabilise, nous sécurise, mais nous occultons souvent le fait que le sens s’affuble de temps à autre de postures illusoires à même de véhiculer de la tromperie.
                Je n’ai aucune notion de  » savoir voir « , je pense tout bonnement que certains ne peuvent ou ne veulent voir ce dont ils ne veulent pas.

                • 22 réactions 11-10-2015

                  Je pense aux banalités, ce qui est considéré comme tel par notre société trop sérieuse obnubilée par la seule utilité ou la rentabilité, ce qui n’attire pas l’attention des gens en général, mais banalités qui sont extrêmement révélatrices de mon point de vue. Mais pour voir, il faut vouloir, être curieux et attentif. Ainsi, la photographie qui ne m’intéresse pas en tant que telle se limite pour moi à partager un point de vue.
                  Mais, nous sommes bien loin du propos initial servi par l’image proposée en exergue de ce billet..

                  • 1238 réactions 11-12-2015

                    Aucun souci, LOJ : il n’y a vraiment pas de sujets imposés sur mon blog. Il y a bien des sujets hors limites : les claque-merdes, les queutards, les racistes, je me réserve le droit (et le plaisir) de les dégommer personnellement en public. Mais la discussion que vous avez entamée Fab et toi me ravit au contraire. Et si je ne me suis plus immiscé dans le débat, c’est bien pour vous laisser toute la latitude de poursuivre.

  17. 49 réactions 11-11-2015

    Bonne fin de semaine, Marco.
    Amicalement.
    Yvon.

    • 1238 réactions 11-12-2015

      A toi aussi, Yvon.

  18. 1 réactions 12-26-2015

    Grand bravo Marco !

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