Tu rencontres toutes sortes de gens dans la vie. Tu en rencontres qui se donnent des airs de propriétaires et traversent toute l’existence comme s’ils avaient toujours quelque chose à te vendre. Tu en rencontres qui suivent des thérapies de groupes, des cours de recyclage, des programmes de réinsertion. D’autres qui paraissent constamment à deux doigts de perdre les pédales ou de se faire opérer d’une tumeur, mais ça baigne pour eux : si tu creuses un peu, tu t’aperçois qu’ils ont signé pour le plein emploi et la vie de famille, qu’ils ont fait leur trou bien sagement.

Il y a ceux, adeptes des sucres lents, qui surveillent leur taux de cholestérol, traquent la vignette « bio », chicanent pour trois calories et ça ne les empêchera pas de crever obèses dans leur crâne. Il y a les petits qui veulent être grands, les gros qui veulent être maigres, les noirs qui se rêvent blancs, les blancs qui se fantasment noirs et tout un tas d’autres connards qui ne sont pas satisfaits de leur sort et consacrent un temps bête à postuler dans une autre catégorie.

Il y a encore les baratineurs, les pontifiants, les donneurs de leçons, champions du statu quo personnel et du parasitage. Ceux-là tu les enverrais volontiers se faire palucher l’élastique au diable, mais comment faire ? Ils sont toujours ton chef, ton oncle, le meilleur ami de ta femme ou alors en uniforme et képi ou derrière un foutu guichet.

Puis, il y a ceux qui se cherchent en permanence, mais ne sont pas si pressés de se trouver. Les insatisfaits, les réprobateurs, bouffis de morosité et de contrition, mais tout de même assez imbus d’eux-mêmes pour le faire payer aux autres. Enfin, il doit bien y en avoir un ou deux également qui te donnent l’impression de tenir la distance. Qui ont l’air à peu près satisfaits, ne demandent rien et ne prétendent faire la leçon à personne. Et, quelque temps plus tard, tu apprends qu’ils se sont fait choper par un arrêt cardiaque ou une rupture d’anévrisme, qu’ils ont expédié une surdose de Valium ou se sont fait sauter le caisson.

Bon. La question à dix balles à présent : toi, tu te situes où ? Moi ? Je demeure dans la mêlée et je sécurise mon périmètre. J’évacue, je crible, je tamise. Ensuite ? Rien. Trouver son chemin. Tracer son chemin. Et quelquefois, se déboutonner un peu et s’aventurer à l’exprimer en couleur.

  • Où : Frasnes-Lez-Gosselies (Belgique)
  • Quand : 2 juillet 2011.
  • Appareil : Canon Eos 60D.

le 7 juillet 2011 | rubrique Ailleurs | 45 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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45 Réactions

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  1. 33 réactions 7-26-2011

    Là tu m’embêtes … je n’ai jamais su me situer, nulle part. Sûr, bien souvent j’ai voulu en faire mon arrogance, l’à-quoi-boniste, velléitaire de carrière, qui regarde passer le troupeau … mais bon, à force d’inconsistance … on aimerait bien aussi sentir qu’on a un poids, bien campé sur deux solides jambes, plutôt que de flotter, au gré du vent, puisqu’après tout on reste un animal terrestre, non?

    Bien, ça n’est pas aujourd’hui que je réglerai ce complexe-là … toi par contre mon salaud, tu dois bien te marrer, à nous regarder nous dépatouiller maladroitement de nos Oedipe, nos regrets, nos culpabilités … à nous obliger à sortir nos tripes, et le reste! Mais tu as cent fois raison, vrai, comme tu l’as remarqué, que ce fil prend un tour plutôt amusant – dommage qu’on ne puisse y boire un coup autre que virtuel … et après tout, tu as le droit d’exiger ça de nous, puisque tu as le premier posé tes couilles sur la table! Pardon pour les couilles!

    Bon, la photo, je t’ai déjà écrit le bien que j’en pense sur virus; je remarque que certains déplorent l’importance du personnage, moi c’est exactement comme ça que je la veux.

    Je passe plus tard sur le suivant – les cendres, mais là ça va être plus compliqué – vais pas pouvoir me cacher derrière des grossièretés…

    • 1238 réactions 7-26-2011

      Oh, tu sais Pascal, les grossièretés révèlent plus qu’elles ne cachent d’habitude. Et là, je suis pleinement satisfait en effet de t’avoir un peu bousculé. Pour les couilles sur la table, il paraît qu’elles font un mets de choix lorsqu’elles proviennent du taureau, entendu que celui-ci ait bien évidemment eut la délicatesse de s’en séparer. Sais pas, y ai jamais goûté. Je vais plancher un peu sur cette idée de « boire un coup autre que virtuel ». En attendant, je m’en envoie un en solo et je retourne sur « les cendres » dont j’achève je ne sais plus quel chapitre et dont je posterai le deuxième probablement demain.

  2. 13 réactions 10-4-2011

    Je la trouve très belle ! Je te souhaite une agréable fin de journée
    JP

  3. 13 réactions 4-5-2013

    Tout au long de la lecture de ton superbe texte j’ai essayé de me positionner mais, ce fût sans succès. En tout cas je l’espère. A mes yeux, pour faire simple, il y a deux groupes de personnes. Les 50% des gens qui font caquer les autres 50%. J’essaie de rester dans le deuxième groupe même si c’est pas évident. Pas facile de ne pas se faire polluer par le premier groupe. Bon week end et à bientôt pour de nouvelles aventures.

  4. 14 réactions 4-2-2014

    Dans l’ombre….attentive

    Observatrice et en perpétuel apprentissage

    Élève d’hier, de demain

    Mais mieux pieds nus qu’avec un cailloux dans la chaussure

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