Nous voulons tout/Nous prenons tout – We want everything/We take everything – Vogliamo tutto/Prendiamo tutto.

Régis Matthey me proposait un entretien sur les pages de son blog cette semaine. D’abord, je l’avoue, je tergiverse un brin dans ma bande : l’univers photo de Régis, c’est du haut-de-gamme, du lauréat de concours, me dis-je. Puis ça affiche du 25 ou 30 ans de moyenne et je vais encore passer pour le dinosaure du cirque, m’affolé-je, le vieux crouton moisi dans la vieille soupe punk. Le temps que je rumine mes états d’âmes, Régis m’a cependant déjà expédié le questionnaire. Et moi – c’est plus fort que tout – flatté et vachement content tout de même de me la péter ailleurs que dans l’entretien littéraire, j’ouvre les vannes et me mets illico à répondre.

Alors, je l’énonce d’emblée : comme photographe, je ne me permets toujours pas de prétendre à quoi que ce soit au-delà de l’amateurisme. Mais, au bout d’un moment, me voilà en train d’aligner pas mal de choses que je n’ai pas toujours eu l’opportunité de développer sur ce blog. Et, faignant qui tient tout de même à ses opinions, je me dis que je vais publiciser un peu le lien de Régis avant de me fatiguer à chercher la paraphrase sur mes propres pages.

Tu me diras : c’est sans doute d’abord une manière de me brosser l’ego dans le sens du mesquin ! D’accord ! C’est aussi, te rétorqué-je, une occasion de te présenter, si tu ne le connais pas encore, le blog et le travail de Régis Matthey. C’est enfin et surtout l’opportunité d’amorcer une réflexion qui me tient à cœur ces temps-ci et qui prétend creuser la viabilité et/ou les perspectives de la photo de rue au sein de nos sociétés si performantes et stimulantes.

De mon côté donc, j’ai profité de cet entretien pour larguer mon point de vue. J’annonce aussi mes intentions avec cette mise en situation de Dimitri et Gianni – mes neveux et néanmoins modèles favoris – qui, agitant de la revendication, se sentent déplorablement obligés de se cacher le visage, de se gommer l’identité. A terme, je compte bien explorer la plaisante contradiction qu’il y a aujourd’hui à camoufler son intimité dans le monde réel tout en exhibant ses états d’âme ou ses problèmes de cul dans le virtuel.

A présent, si l’argument te motive un peu, c’est à toi de parler.

[A toutes fins utiles, un autre de mes amis photographes a d’ores-et-déjà fait ses devoirs pour le prochain entretien que postera Régis. Je me permets de lui annoncer en aparté que j’ai hâte de lire ça.]

  • Où : Frasnes-Lez-Gosselies.
  • Quand : 26 février 2012.
  • Appareil : Canon Eos 60D.

le 2 mars 2012 | rubrique Ailleurs | 42 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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42 Réactions

Photoblog Awards
  1. 33 réactions 3-2-2012

    Je viens juste de terminer la lecture de l’ entretien, une belle réflexion sur la photographie de rue et quelques petites perles photographiques que je ne connaissais pas, j’ ai particulièrement aimé l’ aventure d’ André racontée comme cela elle pousse à la réflexion.
    Bon week-end à toi. Amicalement

    • 1238 réactions 3-3-2012

      Merci beaucoup, Robert. De mauvaises langues me confient en privé que j’ai été vachement bavard sur ce coup-là. Bon. Habitué à appréhender l’interview dans l’autre sens du micro (ou de l’écran, comme pour celle-ci), j’avoue m’être laissé aller, convaincu que Régis sucrerait les passages redondants. Il ne l’a pas fait. Tant pis. Ou tant mieux.

  2. 34 réactions 3-3-2012

    beau cliché et jolies revendications ça laisse une sacré ouverture au débat :)

    • 1238 réactions 3-3-2012

      Revendiquons tout ! Ouvrons tous les débats !

  3. 32 réactions 3-3-2012

    L’ego ne se lasse jamais d’être flatté même avec des précautions de première communiante ou de vieux sage blasé 😉
    Je trouve terrible que pour manifester , il faille se cacher. C’est bien le signe que nous sommes dans un état de plus en plu policier au service ds grandes sociétés. On protège leurs droits ( hadopi et consoeurs) au détriment de ceux du citoyen.
    Il est a craindre que la grande liberté que donnait le web devienne la plus grande prison consentie, l’aboutissement accepté du rêve de Bentham , un immense panopticon dont l’objectif est de permettre à google, facebook (par exemple), logé dans ses serveurs, d’observer tous les web-prisonniers, liés en permanence par leurs ordis individuels, leurs webphones aux serveurs centraux, sans que ceux-ci puissent savoir s’ils sont observés. Ce dispositif devait ainsi créer un « sentiment d’omniscience invisible » chez les enfermés du web.
    C’est pour cela que ces jeunes ont compris que le masque reste la seule arme défensive de contestation mais le terrible principe de plaisir les met en contradiction avec leurs idéaux un peu comme en 68 on se droguait en revendiquant la liberté 😉

    • 1238 réactions 3-3-2012

      Ou un peu comme ces terroristes des années ’70/’80 qui jetaient des bombes au nom de la liberté ? A part ça, je n’ai pas compris : suis-je « la première communiante » ou « le vieux sage blasé » ? Il n’y a rien au rayon « premier sage d’âge moyen communiant » ?

      • 7 réactions 3-3-2012

        entre le zéro et l’infini, il y a toujours une place où s’installer 😉

        • 1238 réactions 3-3-2012

          Sais pas. « Le zéro et l’infini », c’est typiquement le genre de bouquin à l’égard duquel j’aurais plein de choses à dire et aucun espace pour l’intercaler.

  4. 32 réactions 3-3-2012

    je suis allé voir ton interview mais je dois avouer que je n’ai pas tout lu car l’introspection même celle des autres me fatigue. Toujours expliquer le pourquoi et le comment alors qu’il suffit parfois de regarder pour les photos et de lire pour les textes.

    • 1238 réactions 3-3-2012

      Oui, je comprends ton point de vue. Délicat en revanche d’éluder toujours l’introspection quand on sévit dans l’écriture de romans. Ceci posé, expliquer s’impose quelquefois. Ce qui me débecte et que je refuse de faire par contre c’est quémander de l’approbation et me justifier.

      • 7 réactions 3-3-2012

        L’introspection explicative est née avec Freud . Auparavant le créateur jouait avec ses fantasmes ( relire Sade, Lautréamont, Perrault et consorts )et ceux de ses contemporains sans chercher des explications à sa création. D’ailleurs je trouve que ces explications psystématiques 😉 affaiblissent et la création et l’interprétation.

        • 1238 réactions 3-3-2012

          Relire aussi Rousseau, Celini et St Augustin alors. ça m’amuserais de déloger l’influence de Freud et du fantasme chez St Augustin. Ceci dit, je ne suis pas loin de penser comme toi. Dans l’écriture de mes fictions par exemple, pas question de me laisser aller à la moindre introspection (je parle bien d’introspection personnelle, il m’arrive en revanche de lâcher un chouïa la bride à mes personnages). J’aurais même tendance à identifier ça à une grosse faiblesse de style… comme à injecter de longs soli de guitare dans une chanson des Sex Pistols.

  5. 50 réactions 3-3-2012

    That is fantastic street photography! I like your b&w treatment and how wonderful you managed to capture the expressions in their eyes. Powerful work!

    • 1238 réactions 3-3-2012

      Really, Martina, it is a direction : these models are my nephews. But it is true that I let them wait for a very long time before capturing the attitude which suited me… what explains the blasé pout of the oldest and the impatient look of the smallest.

  6. 13 réactions 3-4-2012

    Occupy Italy? Say it aint so?! Interesting street scene none the less.

    • 1238 réactions 3-7-2012

      Non, non, on n’occupe rien sur ce coup-là. On essaie juste de se réapproprier la rue, de la restituer sans tabous, ni préjugés, aux photographes de rue. On ne devrait pas avoir besoin d’occuper la rue. Évidemment, toi qui vis au Usa, tu n’as probablement aucune idée de combien il est devenu difficile de pratiquer la photo de rue en Europe sans subir illico le siège des passants et des autorités.

  7. 23 réactions 3-4-2012

    Un cliché authentique de rue qui a son caractère,excellent Marco

    • 1238 réactions 3-7-2012

      Merci Roland. C’est une mise en scène en vérité, non une vraie scène de rue. Le truc, c’est que j’ai laissé poiroter mes modèles un temps fou avant de capturer une attitude dont le naturel me convenait. Au bout d’un moment, s’ils manifestent et sont furieux, c’est surtout contre moi.

  8. 33 réactions 3-5-2012

    Les yeux parlent, les bouches restent cousues, le message n’en est pas moins direct, bien vu ! Et merci bcp de tes mots.

    • 1238 réactions 3-7-2012

      Le message, en somme, c’est l’impatience. Ce sont les yeux.

  9. 49 réactions 3-5-2012

    Pas très engageants ces deux gaillards.
    Excellent ton N/B.
    Bonne semaine.
    Yvon.

    • 1238 réactions 3-7-2012

      Il a fallu que je pousse pas mal le traitement pour leur donner cet air peu engageant.

  10. 25 réactions 3-6-2012

    Je viens de finir de bon matin la lecture de ton entretien, j’ai l’impression de mieux te connaître, bien intéressant en tout cas!
    Et pour la photo ben je suis fan comme d’hab !

    • 1238 réactions 3-7-2012

      Heureux que tu aies apprécié cet entretien. Je crois que je me suis pas mal répandu sur ce coup-là.

  11. 15 réactions 3-6-2012

    Je viens de lire… non de déguster… ton « entretien » on sent la passion à travers ce texte, pas seulement la passion de la photo, mais aussi celle de l’être humain, de ses gestes, de ses attitudes et réactions, la passion de l’instant ! La photo de rue est tout un Art, et si je devais résumer en un mot je dirais : il faut « oser »… et c’est ce qui nous manque souvent face au regard de l’autre … Alors bravo de t’être ainsi dévoilé, et félicitations pour toutes ces belles images de ces merveilleux « instants » de rue !

    • 1238 réactions 3-7-2012

      Hum ! J’ai beau me répandre dans des entretiens, je demeure tout de même trop pudique pour réagir convenablement à ton commentaire, Jacqueline. Alors, juste : merci !

  12. 20 réactions 3-7-2012

    Comment dit-on Anonymous en italien ? Je crains que ce ne soit en anglais d’aéroport là aussi 😉 Sinon, j’ai bien aimé l’entrevue (comme on devrait dire en français, non ?), je l’ai déjà dit ailleurs. Tiens, est-ce que je serais en train de faire une crise de purisme vis-à-vis de la langue ? Un comble pour moi qui mélange à longueur de journée le français au portugais et à l’anglais !
    La photo, sa mise en scène, est « legal » comme on dit en portugais du Brésil. Je ne sais pas comment on peut dire ça en français d’aujourd’hui :)) « Legal » pour des hommes masqués, ça pourrait paraître friser le paradoxe. Mais je crois qu’il va falloir que j’arrête de commenter, je sombre dans le baroquisme…
    Comme le fait remarquer Martina, tout ou presque est dans le regard des neveux.
    (J’ai bien aimé aussi l’échange avec lasiate.)

    • 1238 réactions 3-9-2012

      Oui, oui, c’est « Anonymous », mais avec l’accent tonique, ce qui donne à peu près « ANNOO-nymous ». Alors, j’ai bien repéré que tu me faisais signe sur Twitter et m’y faisais part déjà de ton puritanisme linguistique, mais je dois te confesser qu’il existe un lien automatique (et absolument mystérieux pour l’honnête béotien que je suis en informatique) entre ce blog et mon compte Twitter et que je ne me suis jamais assez soucié d’aller moi-même sur ledit compte pour savoir même comment t’y répondre. Bon. A part ça, la langue n’est faite que d’emprunts : si l’on faisait l’économie de tout le germanique ancien, du grec antique, de l’italien renaissant et de l’anglais moderne qui alimentent le français, il ne resterait pas grand chose. Pour ma part, je ne suis guère puritain : je dis « entretien » parce que ça me chante mieux qu' »interview », mais je te largue du « kif », du « meuf », du « keuf », du « teuf » quand ça me convient et si ça ne rend pas trop pathétique ma quarantaine.

  13. 38 réactions 3-8-2012

    Ca impressionne mais suis sûre et veux croire que les regards noirs cachent un grand coeur et qu’à l’arrière des revendications écrites sur papier d’écolier il est noté « On vous le rendra ».

    • 1238 réactions 3-9-2012

      En vérité, c’est le contexte surtout qui te donne, je crois, l’illusion des regards noirs. Le plus grand de mes neveux, un brin cabotin, doit être en train de se demander néanmoins quand je le lâcherai enfin avec mes conneries. Le plus petit est à deux doigts de laisser partir l’éclat de rire libérateur qui mettra fin à la séance. C’est ce dernier qui s’est amusé à écrire ce que je lui dictais sur ses feuilles d’écoliers. Je ne parierais pas trop sur le « on vous le rendra » en revanche.

  14. 1 réactions 3-11-2012

    Unfortunately I don’t really understand French, so I can’t get what you write, but I understand the picture and what the posters say. And I really like it. Very nice photograph.

    • 1238 réactions 3-14-2012

      Many thanks and welcome here, Otto.

  15. 29 réactions 3-12-2012

    J’aime beaucoup ta photo et je trouve que tu as raison d’explorer le thème ! C’est vrai que nos libertés individuelles s’enfuient les unes après les autres et que l’on doit de plus en plus se cacher pour réclamer nos droits et nos envies !

    • 1238 réactions 3-14-2012

      Merci Robert. Je prendrai mon temps pour explorer ce thème. De toute évidence, la dynamique ne risque pas de s’inverser.

  16. 23 réactions 3-12-2012

    Aller, je dois me confesser !
    Au debut, je n’accrochais pas ton ecriture, trop brute, trop directe, sans concessions. Puis au fur et a mesure je m’y suis habitue, j’y ai trouve de la subtililite, de la tendresse, derriere le blouson en cuir du motard, fausse brute (?) qui ne mache pas ses mots tout en nuances et delicatesse.
    Peut-etre qu’il en sera de meme pour ton traitement qui me pique les yeux pour l’instant ^^.

    • 1238 réactions 3-14-2012

      Merci de ton passage Hamingja. J’assume pleinement à l’égard de l’écriture. Rayon photo, je cherche encore, je ne suis pas tout à fait certain d’avoir défini un style. Mais ce n’est pas très grave. Je crois sincèrement qu’il faut des années pour explorer une cohérence qui se défende.

  17. 17 réactions 3-13-2012

    Un rédactionnel de qualité, un regard acéré sur notre société ainsi que l’offre de débat et d’échanges de qualité,
    Les passages sur votre blog sont toujours enrichissant,
    Les jeunes générations se cherche et non pas de vision clair, bien souvent, de leurs propres identité…
    De plus le monde réel est bien souvent aussi pour eux moins intéressant et décevant que le virtuel, qui lui, leur offre un espace de liberté…
    Bref… un sujet fort et d’actualité,
    @+ sur les ondes,
    Au plaisir de vous lire

    • 1238 réactions 3-14-2012

      Très touché par ces compliments, Wolfen. Au bout d’un moment, je m’interroge tout de même : avons-nous réellement une vision plus claire de notre propre identité ?

  18. 27 réactions 3-17-2012

    En voyant la photo je me suis immédiatement demandé si la revendication était réelle ou si la photo était posée… la photo est belle tout de même

    • 1238 réactions 3-19-2012

      En vérité, je traduis et actualise ici un slogan qui appartenait aux autonomes italiens de la fin des années ’70. Alors, peut-être – qui sait ? – ai-je eu l’occasion de participer à ce genre de manifestation à l’époque. Mais tout qui se fait une image à peu près réaliste de ce qu’étaient les affrontements entre les autonomes et les autorités au temps des Brigades rouges comprendra aisément que ce n’était pas l’ambiance pour se trimballer avec un réflex en bandoulière. Ce qui ne nous apprend rien en somme à l’égard de l’éventuelle actualité de la revendication.

  19. 4 réactions 5-21-2012

    Alors, j’ai lu en entier cette escapade chez Régis, que je connais plus sous le pseudo Rgs sur VP. Je l’ai fait pour me faire plaisir hein, pas juste pour te dire que je l’ai fait et que ça te fasses plaisir à toi (ou pas d’ailleurs) et pour un peu mieux te connaître photographiquement.
    La première chose qui m’est venue alors à l’esprit c’est: « mais pourquoi ne repasses tu pas tout de go à l’argentique? », tu en as l’expérience, tes photos collent parfaitement à cette idée et je trouve personnellement qu’elles prendraient une dimension encore plus affirmée (et en plus ça me ferait vachement plaisir de voir le résultat!)
    Bon, après, quand tu parles d’égo brossé je n’ai qu’une chose à dire, fait toi plaisir, je connais des photographes amateurs qui ont un égo bien plus disproportionné au vu de leur travaille photographique.
    Le débat que tu ouvres avec cette photo est fort intéressant, figure toi que je n’avais jamais vu ça sous cet angle, une vie virtuelle plus extravertie, je vais y repenser.
    Enfin, vient la photo, elle parle d’elle même et c’est plutôt intéressant de te voir metteur en scène, je trouve qu’une mise en scène bien ficelée en apprend toujours un peu plus sur l’intimité d’un photographe. J’aurais ici juste moins poussé l’accentuation, question de gout.

    • 1238 réactions 5-22-2012

      Avec le recul, je suis d’accord avec toi à l’égard du traitement. Cela m’a paru une bonne idée sur le moment. Le déplorable manque de caractère de l’arrière-fond m’a probablement égaré. Revenir à l’argentique ? Tu me balances ça alors que je commence enfin à m’accommoder au numérique ? Le souci avec l’argentique, c’est qu’il faut absolument développer soi-même, sinon ça n’a pas de sens. J’ai bien le matériel, mais je manque à la fois de temps et d’espace pour me remonter un labo convenable. J’ai bien essayé de numériser les négatifs, mais avec des résultats très très mitigés (tu peux en voir l’un ou l’autre exemple sur ce blog en suivant le tag « argentique »). Ceci dit, je ne renonce pas à l’argentique. Avec Christophe « Immagina », on s’est promis une sortie Lubitel (6×6) sur Paname à l’occasion et je viens de commander des piles pour mon AE1.

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