FAlsace,Mulhouse,RueduSauvage01J’aurais aimé croiser Mozart, non pas perruqué et poudré comme sur ce vilain chromo, mais échevelé et peuplé de mille élans. J’aurais aimé le surprendre discutant avec Casanova et Da Ponte du futur livret de son Don Giovanni. Ou encore, distillant en trémolos et syncopes, le terrible « Quantus tremor est futurus » de son Dies Irae. Ça ne coûte rien de rêvasser un brin. Madame, sur l’image, avec son sourire mince et sa voix fluette ne m’a pas parlé de Mozart. Le chien non plus ne m’en a rien dit. Ils n’ont pas évoqué davantage la vie qu’ils menaient tous deux, jour après jour, tassés, sous un porche de la rue du Sauvage. Elle était ravie en revanche que je lui présente mon paquet de brunes. « Je déteste les blondes », m’a-t-elle dit. Entre Zara et Mc Do, j’ai apprécié la réplique : ça donnait du contexte.

Mozart, Requiem (Karl Böhm).

  • Où : Mulhouse, rue du Sauvage.
  • Quand : 10 septembre 2015.
  • Appareil : Canon Eos 60d + 24mm 2.8.

le 13 octobre 2015 | rubrique Ailleurs | 27 Réactions | Imprimer Imprimer ou Générer un PDF

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27 Réactions

Photoblog Awards
  1. 33 réactions 10-13-2015

    Je déteste les blondes … Ah Ah! Sacrée chute…

    Cadrage au cordeau, chapeau.

    Sinon: ça fait bien plaisir de te lire à nouveau.

    • 1238 réactions 10-13-2015

      Et ça fait plaisir de te revoir ici, Pascal. Le temps m’a manqué pour écrire… puis parfois ça surgit sans crier gare. Sur cette image par exemple, dont la publication sur facebook n’a pas remué les masses, mais qui correspond bien à la quête sémiologique qui anime ma pratique de l’image.

  2. 17 réactions 10-13-2015

    Bonjour Marco,
    Encore une photo ou c’est le cœur qui parle et non le sensationnel;j’aimerais pouvoir faire ce type de photo mais je n’y arrive pas j’ai l’impression de rentrer dans l’intimité des gens et ce me gêne .
    Toi tu y arrives et il n’y a aucun manque de respect d’autrui c’est ce qui fais la force de tes clichés, une vrai photo de rue quoi de la misère du désespoir mais qui respecte le sujet on ressent même une sorte de complicité ( le courant passe)Une grande photo avec comme à ton habitude le texte qui va avec , bravo.

    • 1238 réactions 10-13-2015

      Mais ne crois pas que ça ne me gène pas également, Patrick. Certains jours, j’en suis incapable. Puis, la volonté de documenter le quotidien revient, plus forte que mes scrupules. Je crois aussi que cette époque est beaucoup trop portée sur le sensationnel. Elle fait du « buzz » avec du rien. Elle élude donc systématiquement le recul et la réflexion. Elle n’a pas besoin d’un Capra ou d’un Doisneau : ils ne s’y retrouveraient peut-être pas. Le premier s’en irait encore traquer l’exceptionnel au bout du monde quand nos contemporains en inventent dans leurs WC et leurs jardins.

  3. 45 réactions 10-13-2015

    J’ai adoré ton texte ! J’ignorais à quel point je t’avais communiqué mon amour pour la belle musique. Le demi sourire de la personne sur la photo est interpelant ! Bravo !

    • 1238 réactions 10-13-2015

      Ce sourire frêle est aussi ce qui m’a attiré. Il dit infiniment de choses auxquelles les passants de cette rue commerçante sont probablement imperméables. Peu importe. Il subsiste en dépit de l’indifférence des passants.

  4. 28 réactions 10-13-2015

    Super, Marco !

    • 1238 réactions 10-13-2015

      Merci Dominique. Si l’on m’encourage, je sens que je vais en commettre une autre.

  5. 51 réactions 10-13-2015

    Ils sont beaux, dignes, immensément touchants grâce à ton oeil sensible. Ton texte donne à voir la rencontre hors-cadre et complète superbement. Humain(s) comme j’aime. Bravo !

    • 1238 réactions 10-13-2015

      Humain à la première personne du singulier. Tu le fais aussi, Aurore. Tu sais, comme moi, qu’il n’y a plus que ça qui donne du sens. Non ?

      • 51 réactions 10-13-2015

        Absolument – avec nos fragilités et nos faiblesses, humaines elles aussi. Le reste n’est que bavardage, bataille d’ego, cacophonie insupportable.

  6. 36 réactions 10-13-2015

    Que te dire de plus que je ne t’ai déjà dit à propos de cette image ? Donc, je te le répète encore une fois avec emphase – pour reprendre une de tes expressions – : ta photo joue discrètement du SENS ! Quant au texte ? Je ne vais pas tout te répéter, hein ?

    • 1238 réactions 10-13-2015

      Peut-être pas si discrètement que ça, Fab. En tous les cas, je fais tout pour. Je crois fermement qu’il n’y a pas de témoignage valable, ni même de création convenable, hors de la quête du sens. Tu le sais : c’est mon côté monomaniaque.

  7. 18 réactions 10-13-2015

    Superbe bravo Marco! Et j’adore le cadrage.

    • 1238 réactions 10-13-2015

      Ici, le cadrage s’imposait naturellement, Ale. Il est contexte : c’est toujours ce qui le justifie le mieux, à mon sens.

  8. 6 réactions 10-13-2015

    Un peu « marraine » merci. Le sourire de Madame sonne comme un accord.

    • 1238 réactions 10-13-2015

      100% marraine, Corinne… et j’ai d’ailleurs hésité à t’en créditer dans le texte, ne sachant si tu aurais apprécié que je te mette en avant. Que ce soit dit ici au moins : ce texte est né de la réponse que j’ai faite au commentaire que tu m’as laissé sur facebook.

    • 36 réactions 10-13-2015

      Bonjour Corinne !

      J’aime beaucoup cette notion de  » Marraine  » – d’un texte.

      • 6 réactions 10-13-2015

        je suis « marraine » d’un texte pour la deuxième fois, c’est une amie gisèle Gueller qui m’avait attribué cette première fois, c’est à elle que revient cette notion de « marraine d’un texte ».

        Gisèle tout comme Marco, j’ai rencontré vos premiers mots dans la participation d’un album photo intitulé « L’attente » C’est grâce à cet album créé par Kahina photos que nous échangeons et que nous sommes devenus amis

  9. 3 réactions 10-13-2015

    Vive les brunes !!!!!!!!! mi ré mi ré mi si ré do la !

    • 1238 réactions 10-14-2015

      Oui. Non mais c’est ma faute. C’est bien moi qui ai introduit la confusion – et de manière on ne peut plus volontaire – entre la chevelure de ces dames et le contenu de mon paquet de fumigènes. Je me fiche absolument du politiquement correct. Alors le linguistiquement correct… Vive qui veut vivre et mort aux vaches !

  10. 25 réactions 10-16-2015

    Ca fait vraiment plaisir de te retrouver assidu ici, encore un noir et blanc tout en douceur, et … j’ai lu le texte !
    J’adore !

    • 1238 réactions 10-17-2015

      Mais ça fait plaisir de t’y retrouver également, Thierry. Je ne suis pas toujours dans le « tout en douceur ». Certains sujets l’imposent.

  11. 3 réactions 10-18-2015

    Une belle humanité dans le verbe et dans l’œil !!! J’aime beaucoup !

    • 1238 réactions 10-20-2015

      Merci Olivier. L’humanité, je crois, ça ne se marchande pas au détail : le regard et le verbe ont pour moi la même substance.

  12. 13 réactions 10-20-2015

    J’aime beaucoup. Je n’aurais pas le courage de la faire
    JP

    • 1238 réactions 10-20-2015

      Je ne sais si c’est une question de courage. Je ne l’ai pas toujours en vérité, je me contente souvent de faire « comme si ». Cela se joue plutôt sur les registres de l’urgence et de la nécessité. Le vrai courage vient après, lorsqu’il s’agit de justifier sa position (à ses propres yeux, j’entends) et se convaincre qu’il ne s’agit bien de documenter le réel et non d’agiter les faux-semblants du misérabilisme.

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