Je ne suis pas photographe. Si tu es arrivé là, c’est peut-être que mon site d’auteur t’a montré le chemin de ce blog : je suis auteur de romans et de nouvelles en effet. Non que je m’en vante. Lorsque l’on me demande ce que je fais dans la vie, il m’arrive souvent de répondre : chômeur, équilibriste ou clown. Mais si l’on me demande en revanche si je suis photographe, je répondrai invariablement : « Non ! Je suis auteur ! »

Ce n’est évidemment pas que je déprécie le métier de photographe : j’ai pour celui-ci au contraire un respect contrasté d’une bonne dose de convoitise. Mais ce n’est pas mon métier. Je n’en connais guère les usages et j’en ignore la sémantique.

La sémantique de mes images est une sémantique d’écriture. En clair ? J’emporte mon appareil comme j’emporte mon bloc-notes et mon crayon : en mode « pickpocket du réel ». Il s’agit de traquer le réel, d’identifier d’abord la situation d’écriture. Oui, c’est exactement ça : il s’agit d’écrire quelque chose sur la grande page blanche du routinier, de l’ordinaire, de rendre sa singularité au quotidien. Aussi, c’est naturellement vers la « photo de rue » que je me tourne le plus volontiers.

La photo de rue ? Je ne te bassinerai pas d’emblée avec ma définition du terme. Tape-le sur notre ami Google et tu auras vingt définitions. Tape-le plus volontiers dans sa forme anglo-saxonne – Street Photography – et tu en obtiendras mille. Mais il y a des mots, des expressions qui rechignent à se laisser emballer trop aisément dans une définition. Celle-ci devra se déloger plutôt au compte-gouttes : image après image, tranquillement, mine de rien. Je tâcherai donc de cerner gentiment la bête en introduisant mes images. Je souhaite que tu m’aides à l’apprivoiser aussi de ton côté, si tu as le temps, l’envie, la courtoisie de me laisser un commentaire.

Je n’ai pas la prétention de faire œuvre de photographe en dévoilant ces images. Pour me faire la main dans le numérique, j’ai utilisé d’abord un petit compact Ixus qui avait le gros avantage de se dissimuler dans la paume de ma main, mais ne rivalisait en rien bien sûr avec mon précédent équipement argentique ou avec le réflex numérique que j’ai acquis entre-temps. Je n’ai pas voulu écarter les images conçues avec cet équipement : elles m’ont initié à la photo de rue. Les amateurs éclairés relèveront évidemment leurs limites techniques.

Les mêmes amateurs noteront d’ailleurs que je me soucie peu de respecter les canons formels de la photographie. Je m’intéresse davantage aux structures sémiotiques et narratives qu’à la règle des tiers et si je m’embarrasse tout de même un peu de technique photographique, c’est à la condition exclusive qu’elle serve le sens et l’émotion.

Franchement ? Ce sera encore une posture d’auteur, mais je crois que l’on peut éventuellement passer à côté du sens s’il n’est pas soutenu par la technique. En revanche, je sais avec toute la certitude possible que l’on repère illico la technique qui n’a aucun sens. Ce principe s’applique tout particulièrement, je pense, à la photo de rue. Puis, tiens ! Selon moi, il constitue même le premier jalon de sa définition.

Pour ceux qui se poseraient la question, ce lien leur indiquera le  matériel utilisé.

Voir aussi le plan du blog.

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