96 - La môme et le carrousel (remake)
Posté par Marco le 15 mai 2012 dans Paris | 26 Réactions
Lâcher prise aujourd’hui. Et se laisser aller, flotter, glisser résolument. Voir des gens et s’apercevoir que l’on a peut-être quelque chose à leur dire. Bonjour Mrs McLain ! Belle journée aujourd’hui ! Et, en l’exprimant, croire ou feindre profondément de croire que cette journée sera belle. S’inventer des mots minuscules, des envies minuscules. Se remémorer des couleurs, des saveurs et avoir envie de les éprouver à nouveau. Se souvenir aussi qu’il existe des joies non-problématiques et minuscules. Et courir, galoper, s’extasier, sauter d’un bout à l’autre...
Lire la suite →95 - House credibility.
Posté par Marco le 9 avril 2012 dans Ailleurs | 56 Réactions
Je repense parfois à ces après-midis longs comme un dimanche que je passais à m’ennuyer à la fenêtre. Mes frères, ma sœur, emplissaient l’appartement de leurs cris d’apache. Du haut de mes dix ans, je m’estimais trop grand, trop vieux, pour me mêler à leurs jeux. J’étais ailleurs, le front et les dix doigts collés à la fenêtre. Il n’y avait pas beaucoup de passage dans la rue. Rien à épier, sinon d’autres fenêtres. Mais je redoutais terriblement ce moment fatal où quelqu’un dirait : « Et si tu sortais un peu pour profiter du soleil ? » Je n’en avais...
Lire la suite →94 - Avril avant l’orage.
Posté par Marco le 31 mars 2012 dans Paris | 54 Réactions
J’ai la nostalgie aujourd’hui de ces journées d’avant l’orage. Tous les jours, j’emballais mon ennui de vivre, mon inconsistance, et traçais de longs trajets approximatifs de Charonne à la Place de Clichy, de la Roquette aux Olympiades. Ce qui me motivait dans les parages ne tenait plus qu’à un fil, mais je n’étais pas supposé l’éprouver. J’avais d’autres amertumes à affronter, d’autres douleurs à questionner. Mes certitudes se logeaient dans l’esbroufe et mes incertitudes dans le refoulement. C’était une vie comme toutes les autres en somme. Une vie comme...
Lire la suite →93 - Dans le silence des cimetières.
Posté par Marco le 20 mars 2012 dans Bruxelles | 24 Réactions
Dans le silence des cimetières, je songe aux enfants qui meurent. Des enfants que l’on tue sans raison, me dis-je, mais s’il existe tout de même une raison elle est abominable et démente. Je songe aux enfants juifs de Toulouse et au monde noir et froid où l’on tue des enfants parce qu’ils n’ont pas le label local. La mort des enfants de Toulouse est un cri qui perce les croassements partisans de tous les corbeaux politiques. Un cri comme un coup de poing, qui te va droit au ventre et te lacère le cœur et te remue l’œsophage. Un long cri qui déchire le silence des...
Lire la suite →92 - Nous voulons tout/Nous prenons tout.
Posté par Marco le 2 mars 2012 dans Ailleurs | 40 Réactions
Nous voulons tout/Nous prenons tout – We want everything/We take everything – Vogliamo tutto/Prendiamo tutto. Régis Matthey me proposait un entretien sur les pages de son blog cette semaine. D’abord, je l’avoue, je tergiverse un brin dans ma bande : l’univers photo de Régis, c’est du haut-de-gamme, du lauréat de concours, me dis-je. Puis ça affiche du 25 ou 30 ans de moyenne et je vais encore passer pour le dinosaure du cirque, m’affolé-je, le vieux crouton moisi dans la vieille soupe punk. Le temps que je rumine mes états d’âmes, Régis m’a cependant déjà...
Lire la suite →91 - La mère.
Posté par Marco le 16 février 2012 dans Paris | 37 Réactions
Il y a eu un temps – si tu creuses loin, profond – où l’on ignorait ce que c’était que d’être malheureux, où chaque larme versée apportait illico sa consolation. Et l’on se satisfaisait de cette consolation, on faisait parfois semblant, mais c’était bon à prendre quand même : on savait qu’on n’était jamais seuls, que rien ne saurait arriver que nous serions contraints d’affronter sans aide. Et puis, l’âge filant, il a fallu que nous revendiquions comme une chose secrète et précieuse nos envies de solitude. Cela paraissait la chose à faire absolument à...
Lire la suite →90 - Vago nel vento, vado pero.
Posté par Marco le 30 janvier 2012 dans Bruxelles | 21 Réactions
1. Je n’ai pas du tout l’esprit religieux. Je reprends souvent à mon compte la sentence de Gainsbourg : « L’homme a créé dieu. L’inverse ? Tu rigoles ! » Mais quand bien même sentirais-je – moderne émule de Rousseau – l’existence de dieu que je n’aurais pas davantage l’esprit religieux. Avec le temps, j’ai appris cependant à respecter l’opinion de mes contradicteurs. Et je demeure cohérent avec moi-même en me posant régulièrement la question : et s’il y avait quelque chose ? Ça ne mange pas de pain d’interroger quelquefois le phénomène. Ça...
Lire la suite →89 - Beguels.
Posté par Marco le 20 janvier 2012 dans Paris | 59 Réactions
La rue des Rosiers ? J’y passais trop souvent pour un honnête photographe de rue. J’étais derrière la vitrine, en mode non consommateur, au moment de prendre ce cliché. Puis, curieux, j’ai poussé la porte. La sonnerie d’ouverture a retenti longuement. Beau sourire avenant de la boulangère. Je m’entends commander trois beguels. En petite monnaie, je renvoie du sourire. Je m’exite et je consomme. J’ai pris énormément de clichés dans la rue des Rosiers. J’y repassais quasi tous les jours, traquant dûment la scène de rue en savourant de la boulangerie...
Lire la suite →88 - Rien ne doit m’être étranger qui appartient à l’humain.
Posté par Marco le 10 janvier 2012 dans Paris | 58 Réactions
Je ne suis pas trop du genre à lister mes bonnes résolutions, à les aligner comme des fantasmes sur le fameux bloc-notes mental qu’on ne sort qu’à l’occasion de la nouvelle année et qu’on prend bien garde de ne jamais consulter par la suite. Je m’engage à faire ceci, à ne plus faire cela… Non mais, tu plaisantes ? De mon côté, j’ai envie plutôt de jeter un regard en arrière : ce sera pour saluer les modèles souvent involontaires de mes escapades photographiques. Je ne sais plus quel photographe de rue déclarait qu’il ne connaissait pas ses modèles, puisqu’il...
Lire la suite →87 - Cecemel chaud.
Posté par Marco le 15 décembre 2011 dans Ailleurs | 63 Réactions
Je me suis laissé entraîner à un Marché de Noël cette année. Tu me croiras ou non : c’était la première fois. Les préparatifs de Noël, ce n’est pas ma tasse de gnôle. Il y a décidément dans l’air de ce rituel quelque chose qui ne m’appartient pas. Tu penseras peut-être que je n’ai pas l’esprit festif. Question ouverte ! Bref ! J’avais embarqué mon réflex à tout hasard. J’ai repéré ces deux dames dans leur petit enclos de lumière et de fumée. Il ne se présentait personne à leur baraque, mais ça n’avait pas l’air de les troubler. Je ne crois pas...
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